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Hongrie : Viktor Orban connait ses premières difficultés

4 min

Et si 2015 était une année difficile pour Viktor Orban ?

Après des années de triomphe politique, le premier ministre hongrois connait actuellement de sérieuses difficultés.

Le site Hungary Today estime même que l'année à venir sera la plus dangereuse pour le premier ministre depuis son arrivée au pouvoir en 2010. Avec un cocktail explosif de difficultés sociales, de situation économique problématique le tout sur fond de scandale de corruption.

Et dans ce domaine, ce sont les Etats-Unis qui ont attaqués frontalement.

Washington vient d'interdire de son territoire six hauts responsables hongrois accusés de corruption. Barack Obama a accusé le régime Orban de réprimer la société civile et l'ancien candidat républicain à la Maison Blanche, John McCain a qualifié devant le Sénat le chef du gouvernement hongrois de dictateur néo-fasciste.

Pour Noël Viktor Orban a réagit sur la chaîne publique hongroise M1, une interview analysé sur le site hongrois Portfolio.hu. Viktor Orban accuse les Etats-Unis d'ingérence en Europe Centrale et affirmant que son pays devait rester en dehors du climat de guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie au sujet de l'Ukraine, pays frontalier de la Hongrie.

Et comme l'explique le journal turc Hurriyet Daily News, le régime de Viktor Orban se lance dans la fuite en avant vis-à-vis des Etats-Unis. Budapest ayant finalement décidé de ne pas signer de contrat avec les Etats-Unis pour la construction d'une centrale nucléaire préférant le faire avec la Russie. Moscou qui évidement se précipite dans la brèche. La presse russe, tout du moins celle sous contrôle du Kremlin, cherchant toujours à mettre en avant les différences de point de vue dans le camp occidentale.

Le site de l'agence de presse Ria Novosti estime que la Hongrie est punie pour son amitié avec la Russie. Le quotidien économique russe Kommersant met également en avant les attaques de Viktor Orban contre la politique européenne des Etats-Unis, rappelle les réticences de Budapest aux sanctions contre la Russie alors que la Hongrie est membre de l'Union européenne et de l'OTAN...

En Europe de l'ouest, la presse estime elle que Viktor Orban s'est mis lui même en difficulté.

Coup de froid politique pour Viktor Orban titre le site de la RTBF qui estime que face aux problèmes, le premier ministre hongrois a eu le réflexe de se replier sur sa base la plus conservatrice avec une loi obligeant la fermeture des magasins le dimanche, en imposant des tests de consommation de drogue aux adolescents ou aux journalistes. Mais cela ne plait pas à toute la société hongroise, puisque même dans l'électorat du Fidesz, le parti de Viktor Orban, nombreux sont ceux qui voient la Hongrie comme un pays occidental et libéral.

Et le journal libanais anglophone Daily Star de rappeler l'erreur politique majeur de Viktor Orban d'avoir voulu imposer une taxe du l'internet de 50 centimes d'euro par gigabits avant de faire marche arrière suite à des manifestations qualifié par le journal de plus importantes depuis la chute du communisme. Le Daily Star affirmant que quand vous avez réussi à faire descendre dans les rues de Budapest, plus de

100 000 personnes sur un sujet comme internet, c'est que vous avez perturbé votre électorat.

Une taxe et une politique qualifiées d'absurde par le journal.

Un dossier qui a même choqué jusqu'en Inde où le site Zee News estime que le tout puissant Orban a terminé l'année par une claque en plein visage...

Mais comme l'explique l'hebdomadaire belge le Vif, si Viktor Orban a été obligé de faire marche arrière toute et d'annuler cette loi qu'il avait dans un premier temps suspendu, le premier ministre hongrois n'en a peut-être pas terminé avec internet. Le Vif nous précise qu'au printemps prochain, aura lieu en Hongrie un referendum en ligne pour permettre à la population d'exprimer son avis sur la neutralité du net, les tarifs internet, la réglementation et d'autres questions lié à l'internet.

Alors la vraie question est de savoir si le régime de Viktor Orban est menacé par l'impopularité lui qui vient de triompher dans les urnes lors des trois derniers scrutins en 2014 : législatives, européennes et municipales.

Le site hongrois Politics.hu analyse les derniers sondages publiés en cette fin d'année. Et si la coalition au pouvoir a chutée dans les enquêtes d'opinions perdant près de 10 points passant de 38% à 29% d'opinion favorable, Viktor Orban semble quand même encore en position confortable. Tout d'abord, parce que derrière son parti, c'est l'extrême droite de Jobbik qui est la plus populaire avec 14% et que ce mouvement xénophobe sert encore de repoussoir à une grande partie de l'électorat de Viktor Orban. Et comme le Parti socialiste, principale force d'opposition, qui était au pouvoir avant Viktor Orban ne décolle toujours pas avec 11% d'opinion favorable, et bien le pouvoir actuel est encore solide.

D'ailleurs si un scrutin législatif avait lieu aujourd'hui, le Fidesz d'Orban mobiliserait encore 40% de l'électorat. 40% qui reste la côte de popularité personnelle de Viktor Orban.

Cependant, Politics.hu note deux choses problématiques pour le premier ministre. Premièrement, le charme semble quand même rompu entre Orban et une partie importante des Hongrois, en particulier les jeunes et les urbains et deuxièmement, le nombre d'indécis dans ces sondages est très important 34%.

Des indécis qui peuvent basculer dans l'opposition si les difficultés économiques se poursuivent en 2015.

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