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Humour et désespoir: de Francis Bacon à la crise politique en Thaïlande.

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Bonjour ali bonjour à tous Désespoir...solitude ... sexe ...violence... tourmente... souffrance ça sonne comme le résumé d'un fait divers ou d'une actualité atroce... et pourtant écrit el Pais en Espagne... c'est tout l'univers de Francis Bacon dont la Tate Gallery à Londres inaugure ce soir une exposition rétrospective pour marquer le centenaire de l'artiste... Un rendez vous sur lequel se penche plusieurs journaux européens ce matin... et bien sûr toute la presse britannique Toute sa vie le monde l'a perçu comme un amuseur vulgaire... titre l'Independent... et pourtant...cet artiste génial et choquant a survécu à ses détracteurs... la preuve avec cette exposition... car Francis Bacon a su toucher du doigt l'insondable... le vide...préfère le Times qui écrit...et cette rétrospective merveilleuse est une leçon de choses... elle nous donne une vision hantée de la vie ... décharnée jusqu'à l'os... une sorte de désolation macabre C'est vrai qu'il a su explorer les confins les plus noirs de l'humanité... rajoute le Guardian... dommage seulement qu'il soit progressivement devenu une parodie de lui même... et le reporter confesse... je ne sais si cette rétrospective suscite chez moi plus d'admiration ou plus de dégout... mais ce vertige est sans doute l'origine même de l'art Admiration sans aucun doute... lance el Pais à Madrid qui précise qu'après Londres l'exposition viendra au Prado... Quelle vie que celle de cet autodidacte... né en Irlande de parents anglais protestants... Francis Bacon a porté une personnalité aussi forte et aussi tourmentée que son oeuvre... mis à la porte par son père qui le découvre un jour s'admirant dans un miroir avec les sous vêtements de sa mère... Francis Bacon raconte encore le journal espagnol a appris la peinture tout seul... en observant les grand maitres... en allant particulièrement chercher sur leur toile... la forme de la matière utilisée... car une peinture pour lui c'est tant la substance que le visuel... au coeur de son oeuvre... les tourments ... les siens propres... ceux de son homosexualité à tendance sadomasochiste ... ceux de son attirance permanente vers l'abîme d'ailleurs la théâtralité de ses toiles est évidente... poursuit l'Independent... l'impression que l'on a devant ses peintures de rouge et de bouches ouvertes béantes... c'est l'impression d'un désordre immense... mais ce désordre n'est pas fixe... il est animé comme un film et derrière ce désordre, l'on peut entrevoir des disparitions des réapparitions ; une sorte de constante fusion et transformation... comme le film de notre imagination... c'est en ce sens que son art est à la fois primaire et large... en ce sens que bacon a su peindre la vie et ce grâce aux choses de la vie... rajoute le Times... les animaux les voitures... tout ce qui entoure notre vie quotidienne ont été de puissantes inspirations... d'ailleurs, contrairement à ce qu'avait toujours expliqué l'artiste... Bacon s'inspirait énormément des journaux... des esquisses ont été retrouvées chez lui et sont présentées à la Tate... on y voit des photos de presse où les corps les formes sont soulignées à la peinture ... l'objectif étant de peindre la bestialité et l'isolement de l'homme moderne car les horreurs du 20ème siècle trouvent certainement un écho dans les toiles de Bacon... poursuit le Guardian... car l'homme était aussi sauvage qu'intelligent... trop intelligent peut être ou alors trop tourmenté... c'est ainsi que ses apparitions alcoolisées à la télévision ... son art dévoyé dans des magazines de médecine de photographie de cricket... sa façon de finir sa vie à Madrid... comme un pastiche de lui même pourri par son art même... tout cela me donne surtout envie de pousser ce fameux cri si présent dans ses toiles... un grand aaaaarrrrrhhhg... car il semble manquer une valeur essentiel à toute cette rétrospective... c'est le sens de l'humour ou de la dérision c'est peut être pour se consoler que le Guardian choisit de faire sa Une sur des corps d'animaux certes...comme en hommage au peintre... mais des corps de d'animaux sous forme de viande sur l'étale d'un marché... avec à leurs côtés... la figure du premier ministre thaïlandais... c'est l'histoire en apparence cocasse qui fait le tour de la presse européenne ce matin le premier ministre dans la soupe... titre le Financial Times Interdit de cuisine dit... la Vanguardia en Espagne Forcé à la démission... titre le Diario de Noticias au Portugal... et tout ça à cause de quoi ?... demande le Guardian... à cause d'une émission de cuisine à la télévision comme quoi cuisine et politique ne font pas bon ménage... rajoute l'Independent avec humour car vous avez sans doute suivi les tourments politiques de la Thaïlande ces deux dernières semaines... explique l'Independent... les manifestations d'opposition devant le siège du gouvernement qui demandent la démission du premier ministre soupçonné de corruption... et le dit premier ministre Samak Sundaravej qui s'accroche à son poste... alors que la Thaïlande s'enfonce dans la crise politique sauf que depuis hier la justice est intervenue ... par une petit porte dérobée... commente le Financial Times qui explique... car ça n'est pas pour corruption ou pour une raison politique mais à cause d'une émission de télé que Sama Sundaravej est invité à quitter ses fonctions... car le premier ministre tout en étant aux affaires a en effet continué d'animer un magazine culinaire à ses heures perdues et pour 400 euros par épisode....or la constitution interdit ce mélange des genres... parce qu'un premier ministre ne peut pas travailler pour des intérêts privés durant sa mission publique... souligne la Vanguardia alors que le Temps en Suisse analyse en fait tout cela n'est qu'une manipulation de l'opposition qui cherche à profité de la crise politique et à démettre le premier ministre par tous les moyens... sauf que ses alliés au parlement ont déjà promis de le réélire... alors ce nouveau rebondissement non seulement ne met pas un terme à la carrière du politicien gastronome mais surtout ne signale en rien la fin de la crise politique thaïlandaise qui perdure depuis trois ans c'est là le cours de la politique thaïlandaise qui passe sans cesse de la comédie à la tragédie.... commente encore le Guardian ... cette farce n'a pas pour but de condamner une des recettes douteuse de Samak comme ce pied de porcs cuit dans le coca cola ... mais surtout la cuisine politique du premier ministre... car ce qui dérange les manifestants c'est que Samak n'est qu'une marionnette aux mains de l'ancien dictateur Shinawatra en exil... d'ailleurs le parti du populiste de Shinawatra n'a fait que changer de nom et est toujours au pouvoir... sauf sauf précise le Guardian que c'est via un vote populaire qu'il est resté au pouvoir... et ce pouvoir des urnes ne peut être balayé ni par des manifestants ni par une décision de justice... et c'est là l'ambigüité de la règle du jeu démocratique Car derrière tout le vernis de la civilisation il y a toujours une réalité frénétique, moins lisse... moins belle... dit le Times... toujours un mystère sauvage dans tous les progrès de l'humanité... voilà la vérité certes illogique de notre monde... une vérité que Franci Bacon avait si bien su saisir et qui fait de l'exposition de la Tate Gallery un rendez vous à ne pas manquer... aussi désespéré soit il Bonne journée

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