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Intervenir... ou pas

5 min

Par Renaud Candelier

Faut-il intervenir en Libye et si oui comment ?

Voila la question que se posent les éditorialistes de la presse internationale ce matin."Les Occidentaux étudient toutes les options, y compris militaires" titre L'Orient Le jour à Beyrouth. Précisions dans le Guardian à Londres : "la Grande Bretagne envisage un mélange d'interdiction de l'espace aérien et de livraisons d'armes au rebelles", " des responsables gouvernementaux n'ont pas exclu l'idée d'envoyer des troupes au sol en dernier ressort pour protéger les civils" ajoute l'Independant.Au moment où l'armée américaine positionne des navires et des avions à proximité des cotes libyennes un éditorialiste du Financial Times s'interroge sur cette doctrine de la "responsabilité de protéger" doctrine en vogue au point d'avoir son acronyme en anglais "R2P". Où comment le monde n'aurait plus le droit de tolérer des atrocités commises en masse au simple prétexte qu'elle se déroulent dans un cadre national. Et le quotidien de la finance de citer l'un des parrains de cette doctrine, l'ancien ministre australien des affaires étrangères Gareth Evans considère que le bain de sang qui se prépare en Libye justifie une action rapide. Mais si l'on use trop souvent du "plus jamais ça" au sujet des génocides et des massacres de civils la question se pose aussi pour les interventions armées de l'occident. Ce qui donne sous le crayon du dessinateur Ingram Pinn toujours dans les pages saumon du quotidien britannique, 5 casques bleus de l'ONU, hésitant à l'aventurer vers des colonnes de fumée libyenne quand il trouvent sur leur chemin des tombes sur lesquelles on peut lire : Srebrenica... Irak... Rwanda. Il y a beaucoup de chances pour les Libyens arrivent eux-mêmes à venir à bout du dictateur conclut l'éditorialiste alors une intervention militaire maintenant serait une erreur."Cameron devra choisir son camp" analyse une éditorialiste du journal britannique leTelegraph. La Grande-Bretagne, principalement mais pas seulement a adulé Kadhafi, l'a laisser s'armer et installer des barbelés tout en fermant les yeux sur les excétutions d'opposants. Cameron doit maintenant montrer comment il va se défaire de cette dette et faciliter l'entrée de la Libye dans l'ère post-autocratique. "Révolutions arabes : Les limites de l'intervention" titre l'éditorialiste du Guardian car peu d'entre nous ont été des observateurs désinteressés dans les pays arabes. La CIA qui a traité avec les éléments les plus sombres du régime Moubarak pour l'interrogation sous la torture de jihadiste pris au Pakistan, la Chine et la Russie qui n'ont pas fait mieux ou encore l'ambassade américaine à Bagdad qui a minimisé la violence contre les opposants en Irak lors du jour de la colère qui a fait 29 morts. De ces faits on peut retenir 3 leçons: que les peuples qui font la révolution refusent toute intervention extérieure que ces révolutions ne font que commencer comme le montre la démisison du premier ministre tunisien et troisièmement que le processus de renaissance politique ne déroulera de toute manière indépendamment de l'influence extérieure. Les politiques occidentales n'ont aujourd'hui d'autre choix que d'accepter une nouvelle réalité. Elles ne sont plus en mesure de les dicter et quand ces régimes meurent meurent avec eux ces clients louches mais bien utiles avec lesquels nous avons traité. Alors qui peut agir ? Et bien nous les pays du Magrheb lance l'éditorialiste du Quotidien d'Oran. Les Libyens le disent et le re-disent, ils ne veulent pas d'une intervention occidentale dont ils devinent clairement les intentions peu humanitaires. Et la suspension par l'Italie de son pacte de non-agression avec la Libye conforte les inquiétudes des observateurs qui voient dans la programmation des réactions occidentales une mise en condition de l'opinion internationale pour une aventure militaire destinées à "sécuriser" les puits de pétroles sous le prétexte de protection du peuple. Ce scénario est rendu possible par l'extraodinaire silence des pays voisins. Or plaide l'éditorialiste une coordination des voisins arabes pourrait garantir l'issue la moins douloureuse tout en rendant impossible une intervention occidentale.Ce matin la presse algérienne n'est pas tendre avec la diplomatie française. Alain Juppé hérite d'une ruine analyse le journal la Liberté un chantier à refaire sans en avoir le temps nécessaire mais surtout il hérite de son propre CV. Celui de chef de la diplomatie française en 1993 et 1994 "non sseulement il n'a rien fait alors que le pays faisait face à l'hydre terroriste, mais il a fait en sorte que l'Algérie soit totalement affaiblie et isolée. Alain Juppé a été l'un des fervents défenseurs de l'embargo sur les armes. Aujourd'hui la diplomatie française se contente de suivre les positions américaines ajoute Le Soir d'Algérie, selon qui la bataille de Tripoli signe deux départs celui de Kadahafi et celui des Européens. Après avoir cherché désespéremment l'islamisme dans les insurrections du caire, l'union européenne admet enfin que même les Arabes peuvent être porteurs de valeurs... européennes. Une certitude, en Afrique du nord les intérêts de la France seront largement revus à la baisse. Il est donc inutile conclut l'éditorialiste algérien inutile et contreproductif pour notre pays d'accorder gratuitement des cadeaux à la France sans contreparties. Le carnage annoncé de Tripoli aura comme conséquence le déclin jusqu' à l'insignifiance des intérêts de la France.

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