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L'Europe centrale inquiète d'un Grexit

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Baisse spectaculaire des dépenses publiques, des salaires, du nombre de fonctionnaires, hausse de la TVA. Non, on ne parle pas de la Grèce, mais de la terrible cure d'austérité qu'à connue la Lettonie après la crise de 2009 afin d'entrer dans la zone euro en 2014.

Alors, aujourd'hui, la Lettonie comme les autres pays de la zone euro issus du bloc communiste, est particulièrement attentive à un accord avec la Grèce.

Une inquiétude que l'on retrouve dans les journaux de Riga ce matin.

Le quotidien letton Diena retient que malgré les déclarations encourageantes hier à Bruxelles, aucun accord n'a été officiellement trouvé en dépit de l'urgence. Le quotidien de référence de Riga, cite son compatriote, l'ancien premier ministre auteur du plan d'austérité letton et actuel commissaire européen à l'euro, Valdis Dombrovskis, pour souligner qu'aucune solution n'est sortie des réunions d'hier.

Et l'autre quotidien Latvijas Avize de rappeler de son côté, que la Lettonie, elle-même n'est pas encore sortie de la crise puisqu'elle doit encore réformer son système de retraites...

Dans la Lituanie voisine, le Lietuvos Rytas reproduit les déclarations hier soir à la sortie du sommet de Bruxelles de la présidente de la république, Dalia Grybauskaïte. Une position très ferme. Mon pays et d'autres, affirme la dame de fer balte, ont survécus ces dernières années à des situations économiques très difficiles, des changements très douloureux, un accord est donc nécessaire, pour nous tous, pour la Grèce, pour les citoyens grecs, pour la zone euro et pour l'Europe. Mais nous en sommes encore loin conclut Dalia Grybauskaïte. Même analyse dans le journal Kauno Diena qui rappelle qu'après 2008, la Lituanie était dans une situation très difficile et qu'il a fallu prendre des mesures d'austérités immédiates et rigoureuses pour surmonter cette crise. Alors certes, comme l'admet le Lietuvos Zinias, la position lituanienne est très dure vis-à-vis de la Grèce, mais c'est parce que le pays craint plus que tout, à cause de son histoire troublée, de devoir subir l'instabilité économique en plus de l'instabilité géopolitique à cause de la Russie.

Cependant, les Baltes ne veulent pas perdre espoir. Comme le déclare Sven Sester, le ministre estonien des finances dans les colonnes de Postimees, le quotidien de référence estonien, le processus de discussion avec la Grèce qui était au point mort, est désormais relancé et nous sommes prêts à continuer à discuter avec Athènes.

Inquiétude également en Slovénie, le premier pays anciennement communiste à être entré dans la zone euro, c'était en 2007.

Le quotidien Delo nous rappelle que la Slovénie est proportionnellement le pays le plus exposé à la dette grecque à hauteur de 3,2% de son PIB. D'où l'angoisse du pays face à un éventuel défaut de paiement de la Grèce.

La Slovénie avait échappée en 2013 à un plan de sauvetage de la Troïka, in extrémis, mais au prix de mesures d'austérité très douloureuses.

Alors, forcément face au manque d'accord officiel, après le sommet de Bruxelles, dans les colonnes de Delo, le premier ministre slovène, de centre-gauche, Miroslav Cerar n'est pas rassuré plus que cela. Il estime que les propositions grecques sont un pas dans le bon sens mais qu'il faut que la Grèce adopte rapidement des réformes afin de respecter ses engagements.

Mais, c'est en Slovaquie que la presse et le monde politique est le plus virulent et le plus ferme vis-à-vis du gouvernement d'Alexis Tsypras.

Comme l'explique le quotidien SME, malgré une baisse historique du chômage en Slovaquie au plus bas depuis 6 ans, avec quand même 11% de chômeurs, le pays n'est pas encore sorti de la crise. Le gouvernement de gauche vient de présenter un nouveau plan anti dette et de lutte contre les déficits des régimes de retraite. Alors comme l'explique dans les colonnes de SME, le ministre slovaque des finances, Peter Kazimir, pas question de baisser la garde, la pression du temps est notre meilleure alliée vis-à-vis d'Athènes.

Le quotidien slovaque la Pravda craint énormément que la crise grecque n'entraine l'économie slovaque vers le fonds; En particulier en ce qui concerne les prix de l'énergie. La Slovaquie dépend de la Russie pour ses approvisionnements en gaz et pétrole. Un Grexit d'après le quotidien entrainerait une chute de l'euro et une augmentation de la facture énergétique du pays payée en dollar. Et la Pravda de rappeler qu'en Slovaquie, le prix de l'essence est déjà plus élevé que chez ses voisins tchèques et hongrois.

Mais c'est dans le quotidien Novy Cas que l'on lit le plus la peur d'un défaut grec. Le journal retranscrit les craintes du premier ministre slovaque social-démocrate, Robert Fico à Bruxelles. Le pays est opposé à toute manœuvre pour une éventuelle annulation de la dette grecque. Il faut maintenir la Grèce sous pression déclare Robert Fico et la Slovaquie sera ferme sur ce point. Pas question d'une nouvelle aide à Athènes dans ces conditions.

Pour le premier ministre, la Grèce doit se sauver et remettre de l'ordre dans sa maison en arrêtant de vivre au delà de ses moyens.

Les cinq pays de la zone euro, issus du bloc communiste, apparaissent donc comme les plus inflexibles dans les négociations. Avec un niveau de vie plus bas que la Grèce, ils estimaient que l'entrée dans l'UE et la zone euro les sortiraient des cauchemars du XXe siècle. Pas question pour eux de retomber dans de nouvelles angoisses économiques au XXIe siècle.

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