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La crise en Grèce inquiète la presse européenne

5 min

La presse grecque ce matin reflète l'indécision de la société grecque face à son avenir. Il y a, selon la couleur politique des journaux, de la colère ou de l'espoir.

A la Une de la presse grecque, kiosque, le 29 juin 2015
A la Une de la presse grecque, kiosque, le 29 juin 2015 Crédits : Isabelle Chaillou - Radio France

Le quotidien proche des conservateurs, I Katherini espère que la Grèce va rester dans l'Europe. Le journal, après avoir rappelé à quel point le peuple grec avait souffert ces dernières années, reproche à Alexis Tsypras d'avoir passé quatre mois catastrophiques durant les négociations avec les institutions en défendant l'illusion qu'un accord était proche alors que le pays s'enfonçait dans la récession. Et I Katherini de demander au pays d'être responsable et donc de voter pour rester dans l'euro lors du référendum de la fin de la semaine.Analyse proche et virulente contre le gouvernement dans les colonnes du journal de centre gauche Eleftheros Typos. Pour le quotidien, la décision du premier ministre d'organiser un référendum alors que les négociations n'étaient pas terminées est un crime prémédité. Alexis Tsypras a promis un paradis imaginaire à un peuple qui a beaucoup souffert clame Eleftheros Typos.Et le journal de conclure qu'en fait la véritable question du référendum sera l'euro ou la drachme.Discours radicalement différent dans les colonnes d'I Avgi, proche de Syriza. Le journal appelle à voter non à ce référendum, relayant la position du gouvernement affirmant que le peuple grec ne sera pas contraint, pas intimidé et enverra un message fort de fierté, d'espoir et de dignité à l'Europe.

Bandeau Grèce
Bandeau Grèce Crédits : Annett Seidler - Fotolia

En Europe centrale, la colère monte contre la Grèce.La presse autrichienne comme le Kurier publie à la une cette photo que l'on retrouve dans d'autres pays, montrant un manifestant grec brûlant un billet de 5 euros.L'incompréhension se retrouve dans les colonnes du Standard. Le journal de centre gauche retrace ces dernières journées où l'on est passé proche d'un accord, où les obstacles semblaient s'aplanir entre l'euro groupe et Athènes, à cette annonce de référendum qui d'après le Standard a rendu la rupture inévitable.Toujours en Autriche, Die Presse, journal de centre droite, estime que les deux parties sont coupables de cet échec, car elles ont fait preuve d'idéologie, d'entêtement et d'irresponsabilité.La Grèce visait trop haut, l'Allemagne était trop dure et la base politique de l'euro trop faible estime Die Presse. Les vanités personnelles, l'arrogance, l'obstination et le manque de courage politique ont fait le reste avec désormais des dégâts considérables.Un peu plus à l'est de Vienne, en Slovaquie, premier pays de l'ancien bloc soviétique à avoir rejoint l'Euro, l'ambiance est la même. Pour la Pravda, quotidien de centre gauche, Athènes est devenu le paria de l'Europe et plus le dénouement approche, plus on est certain que cela ne sera pas une farce mais un fiasco pour l'ensemble de la zone euro.

L'Allemagne a joué un rôle capital dans cette tragédie grecque. La presse d'Outre-Rhin fait évidemment sa une sur ce dossier avec une constante la défiance vis-à-vis de la Grèce.Un sentiment résumé par le titre de la Frankfurter Allgemeine Zeitung : Comment Berlin a perdu patience avec Alexis Tsypras.Pour le quotidien conservateur, c'est l'annonce du référendum et l'appel à voter contre le plan qui n'était pas encore définitif qui a été l'élément déclencheur de cette défiance. Même le SPD, déclare la FAZ, qui gardait des contacts étroits avec le gouvernement grec a été abasourdit par les zig-zag d'Athènes.Même sentiment pour la Süddeutsche Zeitung qui affirme que cette fois, Berlin est vraiment en colère, y compris le vice-chancelier social-démocrate, Sigmar Gabriel, qui serait consterné par Alexis Tsypras.Le journal parle même d'un samedi noir à Bruxelles, alors que l'Allemagne et la France avaient promis 35 milliards d'euros d'investissements à la Grèce.Et le quotidien de gauche de Munich de conclure même l'impensable doit désormais être envisagé.En Espagne, pays également fragile économiquement, la situation grecque est suivie avec inquiétude.El Pais fait la comparaison avec l'Argentine qui avait fait faillite en 2002. Dans un éditorial, le journal espagnol de référence parle d'un prélude à un effondrement à l'argentine pour la Grèce...Sauf si Tsypras perd son référendum. Et El Pais d'affirmer que les victimes de cette crise seront le peuple grec, l'économie grecque et l'euro. On sait comment commence ces crises, estime El Pais, mais on ne sait jamais comment elles finissent et le journal de revenir sur la faillite argentine, mais de conclure en disant qu'à la différence de l'Argentine, les Grecs ont encore la possibilité de voter contre leur gouvernement lors du référendum du 5 juillet.Terminons cette revue de presse européenne par un pays qui n'est pas dans la zone euro, le Royaume Uni. Le Guardian rappelle dans un éditorial le calvaire subit par la Grèce depuis 6 ans avec le chômage et la chute du niveau de vie. Le quotidien londonien décrit une nation crucifiée sur la croix d'une monnaie unique qu'elle n'aurait jamais dû être autorisée à rejoindre.Mais le Guardian décrit également Alexis Tsypras comme inexpérimenté et la question de son référendum vidée désormais de tout son sens.Pour le journal anglais, il sera désormais difficile d'éviter de nouvelles élections en Grèce...

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