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La diplomatie des pandas

5 min

"La diplomatie des pandas". La formule est jolie, elle renvoie surtout à une réalité de la politique extérieure chinoise. Depuis plusieurs décennies, la Chine se sert des pandas pour symboliser ses liens avec des pays alliés. Depuis 1957, elle en a offert à neuf pays, dont les Etats-Unis, le Japon, l'ex-URSS ou la Corée du Nord. Nouvel exemple hier : deux pandas géants, offerts par Pékin, sont arrivés à Taïwan. Le panda est souvent photogénique, ces deux-là sont particulièrement craquants. Résultat, ils sont en photos dans beaucoup de journaux en ce 24 décembre. Ils s'appellent Tuan-Tuan et Yuan-Yuan. "Les pandas de la bonne volonté" : c'est la légende choisie pour cette photo par El Pais, en Espagne. "C'est un voyage extrêmement symbolique qu'ont fait ces deux animaux, estime de son côté le Guardian de Londres, un voyage qui souligne la progressive décongélation des relations entre Pékin et Taïpeï" Parler de réchauffement serait un peu fort. D'ailleurs, "leur deux nom accolés signifient "unification" en chinois", précise le Financial Times, et la "diplomatie du panda enchante les médias taiwanais qui, depuis plusieurs jours, décrivent en détail la vie de Tuan Tuan et Yuan Yuan avant leur arrivée à Taïpei". "Taïwan a fait sécession en 1949, à l'issue d'une guerre civile, rappelle El Pais, mais Pékin continue de considérer l'île comme une partie de son territoire." La meilleure preuve, c'est un article du Daily China, quotidien chinois en langue anglaise : "Ce sont des animaux adorables, lit on dans cette publication chinoise. Mais le symbole, surtout, est très important. Leur arrivée sera considérée pendant longtemps comme un mouvement historique pour traverser les barrières et réunir les peuples. Tout le monde sera d'accord pour dire qu'améliorer les contacts entre les deux rives du détroit de Taïwan est dans l'intéret de la population. Les investissements venus des compatriotes taiwanais ces dernières années ont contriué à la croissance du pays." Compatriotes taiwanais : le choix des mots n'est pas innocent, évidemment. Offrir des pandas à un voisin ne signifie en rien reconnaitre son indépendance, et cet article du Daily China se termine par une accusation à l'encontre de ceux qui ne voulaient pas de ce cadeau : "Ils ont horreur de voir les relations entre les deux rives du détroit se réchauffer, estime le quotidien de Pékin, parce qu'il leur sera impossible ensuite d'arracher l'île à sa patrie." Accusation à peine voilée à l'encontre de l'ancien président taiwanais, hostile à Pékin, qui avait refusé en cadeau en 2006. Son successeur, élu en mai dernier, souhaite stabilier les relations avec la Chine. Une semaine après le rétablissement de vols commerciaux directs et quotidiens, ainsi que de nouvelles liaisons maritimes et postales entre les deux Chine, l'apaisement se confirme donc, conclue le Financial Times. Il n'y a pas que les pandas qui font l'actualité aujourd'hui. Les animaux, de façon générale, ont envahi la presse. C'est une manière sans doute d'atendrir le lecteur à la veille de Noël. Ainsi, la Libre Belgique publie une photo d'un éléphant déguisé en père noël qui offre des cadeaux à des enfants, dans une école thailandaises. En Italie, la Stampa consacre un nouvel article à Knut, l'ours polaire le plus célèbre du monde, qui avait fait la Une de Vanity Fair quand il était tout petit, qui pèse aujourd'hui 200 kilos et embarasse le zoo de Berlin. Et les animaux ont aussi un lien avec la crise. C'est à lire dans le Guardian : un article signé du correspondant à New-York pour le quotidien britannique. "Des sacs pleins d'argent dans son traineau, Henry Paulson joue au Père Noël américain, c'est de saison. Avec son vaste plan de relance, le secrétaire au trésor américain a d'abord tiré d'affaire les banques de Wall Street, puis c'était au tour de la compagnie d'assurance AIG d'être sauvée en urgence. Les constructeurs automobiles de Détroit étaient les suivants dans la file d'attente. Cette semaine, les sociétés d'immobilier commercial américaines ont réclamé leur part du gâteau. Alors, s'interroge le Guardian, qui d'autre pourrait bénéficier de telles largesses? Le quotidien britannique a contacté les représentants de toute une série de professions, pour leur demander s'ils attendent leur part des 700 milliards de dollards du plan Paulson, ou tout autre programme d'aide. Allez-y, c'est de l'argent gratuit, s'amuse le journaliste, qui dresse une liste des professions qui estiment avoir besoin d'aide. Marchands de meubles, sociétés de location de voitures, pompes funèbres, producteurs de vin, taxidermistes... Les professions passées en revues sont pour le moins originales, mais leur point commun est de s'estimer première victime de la crise. Pour relancer l'économie, il faut me venir en aide à moi : voilà en substance le message des uns et des autres, et notamment, celui des gardiens de zoo ! Revoilà les animaux. "L'histoire a montré à plusieurs reprises que les gouvernements construisent des zoo pendant les phases de récession, peut-on lire, et l'Association américaine des zoos et aquarium aimerait bien voir renaître cette tradition. "Beaucoup de zoos sont nés pendant la Grande Crise de 29 et ont reçu des aides fédérales sous l'administration Roosevelt, explique un porte parole de l'association. Construire des zoos a créé des emplois mais aussi une ressource éducative durable", poursuit-il. L'association a donc écrit à Barack Obama pour lui demander de consacrer une partie de son plan de relance aux zoos et aquariums américains. Pourquoi se priver?

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