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La faim dans le monde recule, mais pas assez vite

4 min

Par Marine de La Moissonnière

Dans le rapport annuel sur la faim dans le monde, dévoilé mardi 16 septembre 2014 par la FAO, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, il y a des bonnes et des mauvaises nouvelles. Ce matin, la presse a du mal à savoir ce qui est le plus important, le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide.

Commençons par les bonnes nouvelles. "100 millions de personnes sauvées de la faim en 10 ans ", titre la Tribune de Genève. Ces vies épargnées grâce aux actions de la FAO, c'est aussi ce que retient la Nouvelle Tribune, quotidien béninois, qui donne d'autres chiffres encourageants. "De 18,7% il y a une dizaine d’années le taux de personnes en état de sous-alimentation est passé à 11,3% de la population mondiale ", peut-on lire. Une progression encore plus flagrante dans les pays en voie de développement : cette proportion est passée de 23,4 à 13,5%.

Aujourd'hui, c'est donc 200 millions de personnes qui ne souffrent plus d'extrême malnutrition en comparaison à il y a 20 ans, se réjouit pour sa part Le Guardian. La FAO va donc atteindre les "Objectifs du millénaire", fixés par les Nations unies en 2000, qui prévoient de diminuer de moitié d'ici à l'an prochain la proportion de personnes sous-alimentées dans les pays en développement.

Qu'est-ce qui a permis ce recul de la faim dans le monde ?

Plusieurs facteurs se conjuguent. Les investissements dans le secteur agricole financés par la FAO en sont un, explique le Guardian .

Il y a aussi l'implication de certains pays qui mènent des politiques efficaces. Lutter contre la faim, c'est avant tout une décision politique. Pas besoin d'avoir beaucoup d'argent, comme l'explique José Graziano da Silva, directeur général de la FAO, cité par le quotidien britannique. "Des pays pauvres comme le Malawi ont fait beaucoup avec le peu d'argent dont ils disposaient […] grâce à l'engagement politique de leur gouvernement qui ont fait de la lutte contre la faim et la malnutrition une priorité. "

Autre exemple à suivre : celui du Brésil et de l'Indonésie qui ont su intervenir au niveau macroéconomique, social et agricole en même temps tout en multipliant les efforts pour maintenir les prix de la nourriture stables, peut-on également lire dans ce rapport de la FAO.

Voilà pour les points positifs de ce rapport. Reste les mauvaises nouvelles. "Plus de 800 millions de personnes souffrent toujours de la faim ". Titre du New York Times, alors même - poursuit le quotidien - que le monde produit deux fois plus de nourriture que ce dont il a besoin. Les progrès réalisés sont bien lents, juge la journaliste, et surtout ils s'accompagnent de fortes disparités régionales que détaille le Guardian . Ainsi si en Asie de l'est et du sud-est, en Amérique latine et dans les Caraïbes, le nombre de personnes sous-alimentées a baissé de moitié, c'est loin d'être le cas dans l'ouest et le sud de l'Asie et dans bien des pays d'Afrique.

"L'Afrique sub-saharienne est toujours à la traîne ", s'inquiète le site d'information Afrik.com. Le nombre de cas y a même augmenté de 38 millions sur les 20 dernières années. Un Sub-saharien sur quatre ne mange pas à sa faim, précise le Guardian.

"Il faut dire , explique Afrik.com , que l’agriculture est encore un secteur mal exploité dans la plupart des pays africains. Elle est encore à l’état primaire. Des politiques pour une agriculture plus expansive sont parfois évoquées par les pouvoirs en place mais leur réalisation concrète peine à voir le jour. Comme d’habitude ", conclut le site.

Il y a aussi tous ces pays qui plongent à cause de guerres, de catastrophes naturelles ou de problèmes économiques. Des années de progrès, d'efforts, réduits à néant "en quelques semaines à peine ", se désole dans les colonnes du Guardian , Ertharin Cousin, du Programme alimentaire mondial.

La Centrafrique l'Irak où près d'une personne sur 4 a faim le Soudan du sud englué dans une guerre civile et menacé de famine la Syrie où le Programme alimentaire mondial dépense 34 millions de dollars par jour pour nourrir les réfugiés.

Et puis aussi la Sierra Leone, la Guinée et le Libéria. L'épidémie de fièvre Ebola est aussi devenue une crise alimentaire majeure.

L'objectif fixé par le Sommet sur l'alimentation mondiale de 1996 - qui prévoyait de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde, d'ici l'an prochain - ne sera pas atteint, souligne le Guardian .

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