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La fin de la guerre du Liban de 2006.

5 min

Bonjour thomas bonjour à tous, il y des jours où la lecture de la presse a tout d'une scène de théâtre... écrit ce matin Robert Fisk, le fameux éditorialiste de l'Independent en Grande Bretagne... et c'est le cas aujourd'hui où les journaux du monde entier présentent le dernier chapitre de la folie d'Israël et de l'hubris du hezbollah... nous avons devant les yeux des couches d'Histoire ... avec ses morts ses humiliations ses absurdités... ses larmes et ses hystéries collectives... tout cela articulé autour du même sujet... qui semble inéluctable: la guerre! et comme pour lui donner raison... la presse européenne ce matin se fait l'écho des images contrastées venues du proche orient fête au Liban deuil en Israël... titre la Tribune de Genève joie et peine accueillent l'échange de prisonniers... lance la BBC Cadavres contre prisonniers... titre el Periodico en Espagne macabre échange de cercueils... préfère la Stampa en Italie un échange mal partagé titre Libération le triomphe d'un côté et l'humiliation de l'autre... résume le Temps mais surtout le dernier acte d'une guerre inutile qui avait fait 1300 morts au Liban et 139 côté israélien... considère le Guardian... c'était il y a deux ans souvenez vous le hezbollah s'en était pris à une patrouille israélienne , enlevant deux soldats Eldad regev et Ehud Golwasser... le hezbollah exige alors l'échange de ces prisonniers... Olmert s'y refuse... la guerre commence... une guerre qui a pris fin hier avec le retour à la case départ... l'échange des fameux prisonniers... un échange qui apparait plus que jamais comme la marque de la défaite stratégique et morale d'Israël dans cette guerre de 34 jours... parce qu'en acceptant finalement l'échange... Israël vient du même coup de reconnaitre que cette guerre n'avait rien à voir avec les prisonniers mais bien plus avec une volonté de désarmer le hezbollah... tout ça pour ça donc conltu e Guardian et pourtant il a fallu deux ans de négociation pour y parvenir... continue le Times ...car l'affaire négociée par la services secrets allemands était très délicate raconte le Spiegel en Allemagne l'échange prévu depuis des semaines a eu le feu vert d'Israël mardi... mais jusqu'à la dernière minute rien n'était sûr... le premier ministre israélien soupçonné de corruption était poussé dans son pays d'un côté par l'opinion publique à rapatrier coute que coute les deux soldats... d' l'autre par ses amis politiques à refuser cet accord parce que de nombreux israéliens voient en cet échange une manière de légitimer la milice chiite jusqu'ici au ban des puissances internationales... et il est vrai que tout cela remet sur le devant la scène la maladresse d'Israël lors de la courte guerre de l'été 2006.... une guerre qui a porté le hezbollah au triomphe... et son chef Nasralla au statut de héro... comme le seul arabe qui ait su défier et vaincre la détestée Israël alors comment expliquer qu'Olmert ait finalement accepté l'échange ?... et bien explique le quotidien allemand... tout tenait à un doute... celui de voir peut être les deux soldats israéliens revenir vivants au pays mais comme une astuce de l'histoire... ce sont deux cadavres qui sont revenus alors qu'Israël relâchait elle un meurtrier brutal bien vivant... ainsi qu'une part de sa dignité D'où le contraste des images.... continue el Periodico qui raconte... La douleur les larmes en Israël... celles des familles... « cela fait deux ans que j'attendais mon fils... quelque part nous savions tous qu'il était mort mais l'espérance nous disait qu'il était vivant ... alors aujourd'hui je ne plus que pleurer »... et pleurer d'autant plus rajoute le journal que ces familles ont vu passer vers la liberté un criminel libanais depuis longtemps honni dans le pays... la douleur la rage la frustration étaient palpables en Israël hier... dit le reportage... pourtant dans les rues rien ne semblait changer... c'est la manière israélienne de gérer les crises ... explique un commerçant... quand il y a un attentat... une heure plus tard tout redevient comme si de rien n'était... quelque part rajoute t il, c'est triste mais en même temps ça nous enlève d'un poids... parce que ça faisait deux ans qu'on vivait dans l'incertitude... aujourd'hui la guerre de 2006 est terminée ... mais nous attendons la prochaine contre le hezbollah... et il faut se dépêcher de l'attaquer parce que ces terroristes sont chaque jours plus forts grâce à l'aide de l'Iran qui les a réarmés depuis 2006. Changement de décor de l'autre côté de la frontière c'est la liesse populaire qui accueille le retour des prisonniers...écrit el Pais... tout a été prévu... les deux hommes ont été tout de suite habillés en soldat chiites pour bien montrer que c'est une nouvelle victoire de l'armée du hezbollah et pourtant hier c'est comme un seul homme que toute la classe politique libanaise s'est déplacée pour accueillir les héros du jour... rajoute le Temps en Suisse... ces « combattants ces martyrs ces symboles de la liberté » a lancé le nouveau président... tout le monde n'était sans doute pas si enthousiaste en vérité... mais personne ne voulait voir le hezbollah profiter seul de la victoire... alors la classe politique libanaise a joué l'union nationale pour l'occasion... une union qui ne cache pas la position renforcée du hezbollah sur l'échiquier politique libanais et c'est ce qui désespère le Times comme toute la presse israélienne... « humiliant immoral »... dit le Jerusalem post « une victoire du hezbollah à un prix exorbitant pour Israël »... préfère Haaretz... le problème c'est que cette échange légitime un groupe terroriste à l'intérieur et à l'extérieur du Liban... il légitime finalement la pratique de l'échange de prisonniers quels qu'ils soient... il assoit la victoire du pragmatisme sur la morale... et ça c'est un échec grave dans la guerre contre le terrorisme mais Israël vient de prendre une leçon... lui répond le Daily Star au Liban... c'est qu'elle ne peut pas traiter ses voisins avec le mépris dont elle a usé jusque là... bien sûr on comprend l'humiliation la frustration de l'autre côté de la frontière mais une fois l'émotion passée ... la catharsis collective sur cette guerre qui a tuée tant de civils de femmes et d'enfants est la meilleure chose qui puisse arriver... car la diplomatie israélienne doit changer et la catharsis semble avoir déjà commencé dans la presse israélienne... les analyses sur cette guerre de 2006 reviennent dans toutes les colonnes... avec une opinion constante ... cet échange sonne le glas d'Ehoud Olmert C'est d'ailleurs ce que suggère l'Independent en Grande Bretagne avec ce dessin... un camion rejoint les deux cercueils israélien... les portes s'ouvrent et voilà Ehud Olmert « sarcophagisé » dans un troisième cercueil et le livreur de lancer " eh vous avez oublié un cadavre!" mais l'Independent qui ne veut pas tomber dans le défaitisme rajoute... Ce qu'il faut retenir c'est que l'échange d'hier met fin à un chapitre lamentable de l'histoire israélienne, il déstabilise encore un peu plus son premier ministre mais il pourrait aussi marquer le début de quelque chose de nouveau et de meilleur: la fin du mythe de l'invincibilité d'Israël... la fin du tout militaire dans ce pays et le début enfin de la diplomatie. et le Temps développe ... Le Liban apparaît dès lors comme le point névralgique de mouvements tectoniques majeurs au Moyen-Orient... A Paris, au Sommet sur la Méditerranée, Bachar el-Assad a montré une volonté de coopérer sur pied d'égalité avec Beyrouth. Le président syrien est aussi prêt à négocier avec Israël, qui à son tour n'exclut pas de négocier avec le Hamas. Les Etats-Unis, qui avaient préféré la confrontation au dialogue avec le Hezbollah, le Hamas, la Syrie et l'Iran, font le constat de leur échec au point d'envoyer, ce samedi, un haut responsable aux pourparlers de Genève avec l'Iran. Quant à Israël, fragilisé par un pouvoir faible, il a accepté de subir une humiliation en trahissant un principe fondateur selon lequel on ne libère pas un terroriste. L'Etat hébreu a probablement ainsi saisi qu'une dynamique nouvelle était en marche.

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