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La grippe aviaire aux portes de l'Europe

5 min

Menace tangible sur l'Europe ce matin. L'Europe a peur, risque de pandémie, la grippe aux portes de l'Europe. Vous l'aurez compris toute la presse revient très largement ce vendredi sur le risque d'épizootie de grippe aviaire après la confirmation hier, par la Commission européenne, de la présence du redoutable virus en Turquie. Hitchcock, expert en oiseaux s'il en est, n'aurait pas imaginé mieux, écrit ce matin l'éditorialiste du journal suisse LE TEMPS. La question n'est plus de savoir s'il y aura une épidémie de grippe aviaire mais quand. Le décor est posé, la trame écrite et les craintes ambiantes dopées. Les Belges se ruent sur un antigrippal titre ce vendredi la LIBRE BELGIQUE. Le Tamiflu, c'est son nom est devenu pratiquement introuvable. En Belgique comme en Suisse d'ailleurs, nous explique le journal LE SOIR, les habitants se sont littéralement rués dans les pharmacies, à tel point que les stocks prévus pour l'hiver étaient épuisés dès la fin du mois de septembre. Et pourtant, rappel le journal THE TIMES les vaccins sont inutiles contre ce virus. Il n'y a aucun vaccin disponible contre la grippe aviaire. Les vaccins existants sont peu susceptibles d'être efficace sauf à prévenir une mutation du virus. Seulement voilà, la mobilisation politique au titre du désormais sacro-saint principe de précaution, est aujourd'hui maximale. Entre volonté de ne pas paniquer le peuple, et désir de lui faire savoir que la République veille à sa sécurité, il n'y a pas l'épaisseur d'une plume de volatile grippé, écrit ce matin l'éditorialiste du journal LIBERATION. Maintenant que l'envahisseur s'est posé en Europe, la fièvre de toutes les capitales européennes a grimpé de plusieurs degrés au thermomètre des déclarations, réunions et mobilisations en tout genre. Alors c'est vrai rappel son confrère portugais du DIARIO DE NOTICIAS le scénario le plus pessimiste de l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé, a tout de même de quoi inquiéter. 100 millions de décès dans le monde en cas de pandémie. Et la conviction aujourd'hui de l'Union Européenne poursuit l'article et bien c'est que ce virus puisse se muter en une génération d'un type transmissible entre les hommes. Reste que ce scénario précise le journal The Times, prendra s'il devait se vérifier, des années plutôt que des mois. Pour l'heure le virus n'a pas subi cette mutation et peut-être d'ailleurs cette mutation n'aura-t-elle jamais lieu. Alors entre psychose et désinvolture et bien la plupart des journaux ce matin consacrent dans leurs colonnes des questions réponses avec des experts en tout genre afin de rappeler des principes de base. C'est le cas en particulier dans le journal britannique THE INDEPENDENT où la professeur Maria Zambon nous explique : le fait que des oiseaux infectés aient été retrouvé en Turquie et probablement en Roumanie ne signifie pas pour autant que nous soyons proche d'une pandémie humaine, sinon, ce que nous savions déjà, qu'il se propage entre les animaux. De même chez nos confrères suisses du Temps, le porte parole à l'office fédéral de la santé publique précise : la volaille au contraire de l'Asie ne s'achète pas vivante dans nos contrées. Or sur les 60 cas de décès recensés à ce jour dit-il, toutes ces personnes avaient un contact très étroit avec les animaux porteurs du virus qui se transmet par la sécrétion des volailles. Et de préciser, quand bien même le virus viendrait à être présent dans un poulet il disparaîtrait rapidement à la cuisson. Alors je l'évoquais tout à l'heure en dépit des propos plutôt rassurants des responsables de santé et bien l'heure est à la mobilisation dans toute l'Union Européenne. La Commission rappel le journal espagnol VANGUARDIA avait décidé dès lundi un embargo sur l'importation des oiseaux vivants et des plumes en provenance de Turquie. Hier, Bruxelles a pris une décision identique pour la Roumanie. Interdiction donc d'importer de la viande de poulet et autres oiseaux. Et puis la plupart des gouvernements ont par ailleurs engagé une véritable course contre la montre pour constituer ou augmenter les stocks de traitements anti-viraux. Sauf, sauf que les pays européens et bien sont inégaux face à la prévention. C'est journal belge Le Soir qui soulève ce matin cette injustice. Quand la Grèce se décide à signer une commande pour 500 000 doses de Tamiflu, la Grande Bretagne de son côté a d'ores et déjà acquis plus de 14 millions de ces doses, de quoi traiter le quart de sa population. Car bien évidemment poursuit l'article la prévention a un coût. C'est ainsi qu'en Italie un plan de lutte contre la grippe aviaire a été adopté en septembre dernier, avec à la clef 50 millions d'euros destinés notamment à une campagne de vaccination. En Albanie en revanche, s'il existe bien quelques produits anti grippe dans les pharmacies, pas question de se procurer du Tamiflu. Il n'y en a pas. Et d'ailleurs les autorités n'ont pas annoncé de mesures particulières. Alors ces inégalités à l'intérieur même des frontières de l'Europe et bien pose une vraie question. Elle est reprise ce matin par le journal le Temps. Pour stopper l'épidémie le problème ne peut plus être apprécié sous un angle national. Selon une récente simulation écrit le journaliste trois millions de doses de Tamiflu seulement suffiraient à stopper précocement l'épidémie en Asie, là précisément où la pandémie risque de naître. Encore faut-il que cette action à mener soit internationale, rapide et concertée. Et de conclure, il est temps de prendre des mesures à l'échelle à laquelle pourrait se développer l'épidémie, autrement dit, mondiale.

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