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La guerre civile menace la révolution

5 min

par cécile de Kervasdoué

il faut tuer tous nos frère c'est papa qui le demande....

ah bon? et pourquoi on ne tue pas notre père?

Impossible ! nos cousins nous massacreraient alors sous les ordres de nos oncles...

Putain de famille

C’est avec ce dessin de presse que le quotidien el PAIS à Madrid illustre l'actualité d'aujourd'hui sous ce titre

Qu’est ce qu'une guerre civile

car la guerre civile dit son nom aujourd'hui écrit l'Observateur Paalga au Burkina Faso

le doute n'est plus permis... n’en déplaise à ceux qui continuent de manier les euphémismes à commencer par la communauté internationale laquelle semble frappée de cécité en continuant à croire que l'escalade est réversible mais tous les indicateurs montrent qu'il y a bien une guerre civile et que l'on court même vers un nouveau génocide africain

de quel pays parle le quotidien burkinabé... de la Libye qui tient encore ce matin la plupart des unes de la presse internationale?

Non de la Côte d'Ivoire...

Parce que le camps du président sortant Laurent Gbagbo comme celui d'Alassane Ouattara ont eu tout le temps, depuis les gesticulations diplomatique de 2007, de se surarmé... on négocie oui, mais avec la kalach dans le dos écrit l'Observateur Paalga

et pourtant aujourd’hui c'est la réunion de la dernière chance considère afrik.com

l'union africaine doit trancher titre Soir info en côte d'ivoire... dans le différent électoral qui oppose Gbagbo et Ouattara déclarés respectivement présidents de la république depuis l'élection du 28 novembre dernier... depuis chacun revendique sa victoire et tente de s'approprier les richesses du pays comme le cacao... alors que la population est prise en otage de violences qui sont en passe de se muer en guerre civile... alors l'UA va t elle choisir un des présidents ? Organiser de nouvelles élections ? ou bien partager le pouvoir et le pays? c'est la quadrature du cercle qui se joue aujourd'hui en Côte d’Ivoire…

et pendant ce temps là la situation s'est particulièrement détériorée continue Afrik.com... les combats dans les quartiers d'Abobo d'Abidjan s'intensifient... près de 450 000 personnes sont déjà en fuite raconte le haut commissariat aux réfugiés de l'ONU avec tous les problèmes sanitaires que cela suppose... la situation est alarmante dit le journal

et il faut lire la presse ivoirienne pour s'assurer de cette situation effectivement alarmante

le Patriote qui dénonce les tueries barbares orchestrées par les mercenaires de Gbagbo ... et s'en prend à tous les journalistes frontistes et à leurs laquais remplis de haine et de cynisme ...et le journal n’hésitent pas : ils se sont déshumanisés !

C’est le scénario du pire écrit aussi le Temps en Côte d'Ivoire

la politique de la terre brûlée orchestrée par celui qui est convaincu qu'il a perdu la partie à savoir Alassane Ouattara... alors il laisse s'installer un état de non droit dans le pays ... laissant la terreur s'installer à Abobo où il a convoyé des tueurs rebelles... il a tenté de faire intervenir l'étranger mais la détermination des ivoiriens de l'armée nationale et du président de la république font heureusement échouer ce plan diabolique

et dans le même temps le quotidien Nord Sud précise... les violences contre les étrangers vivant en Côte d'Ivoire se multiplie avec l'impasse politique... ils sont de plus en plus victimes d'actes ignobles... la chasse est lancée dans le médias sur le terrains politiques et sur le terrain... la mort peut survenir à n'importe quel coin de rue à n'importe quel moment

Nous serions donc à l'orée d'un génocide en Côte d'Ivoire reprend la revue Contrepoint…qui se penche sur ce mot de souveraineté … un mot qui ne cesse de revenir dans les deux camps

et pendant ce temps là ... commente Afrik.com la logique de l'absurde prévaut dans la communauté internationale... la France et les Etats Unis continuent leur petite partie d'échec bien au chaud depuis leurs bureaux…

Décidément la diplomatie française continue d'être piégée par la confusion entre les intérêts personnels de son président Nicolas Sarkozy les réseaux et la logique d'état

D’où la tentative permanente d'étouffer les crises africaines... dit le site

C’est toute l'ambigüité de l'Europe avec ses voisins du sud ... écrit la Vanguardia... l'Europe se tait parce qu'elle ne sait pas évaluer ce qui se passe au Maghreb et en Afrique... est ce un nouvel ordre mondial ou bien le réalisme va t il remplacer la vague actuelle d'idéalisme ?

Sans aucun doute répond le Temps en Suisse... parce que 1848 à 2011 les révolutions débouchent toujours sur un compromis...et un compromis d'élite

alors à quoi bon la révolution? Commente le Matin au Maroc... qui comme toute la presse marocaine salue le discours historique du roi Mohammed 6 hier soir... qui à la télévision a su promettre les réformes démocratiques que les manifestants du 20 février lui demandaient...

Quel fin politique... quel stratège ... quel grand roi ... répètent ce matin le chœur de la presse marocaine...le matin, quel ou encore aujourd'hui le Maroc

En quelques phrases décisives le roi vient de rejoindre le mouvement du 20 février (du nom de cette journée de manifestation de marocains qui le mois dernier ont défilé pour demander des réformes démocratiques)… et au fait Maroc continue

tout y est le multiculturalisme, le renforcement de l'exécutif, la séparation des pouvoirs, le renforcement des institutions, l'indépendance de la justice, le choix du premier ministre et son gouvernement conforme à la volonté du peuple, la défense des libertés etc... Plus que cela, dit encore cet édito marocain... le roi ne s'est pas contenté de promesses... Non, une commission est désignée, présidée par un éminent constitutionaliste, afin de rédiger une nouvelle constitution d'ici à la fin du mois de juin 2011

Voilà le Maroc qui donne des leçons de démocratie écrit encore le Afriques

L’image du Maroc du futur est dessinée aujourd'hui par un Monarque qui la main sur le cœur a depuis des années compris son peuple... Bâtisseur du Maroc moderne il lance un rythme inédit de démocratie !

Vous l'entendez malgré les bémols du Guardian britannique qui rappelle que les droits de l'homme au Maroc sont couramment violés notamment par les services antiterroristes du régimes... et ce, même si Mohammed VI est un ami des Etats Unis et de l'Union européenne... la presse marocaine elle est unanime... "oui à la révolution oui aux changement mais avec le roi et non pas contre lui"...écrit le directeur de l'hebdomadaire Tel Quel

C'est bien la preuve que tous les despotes ne sont pas semblables... expliquait le Financial Times la semaine dernière... contrairement à ce qu'affirme certains néoconservateurs, tous les autocrates ne sont pas mauvais et ne doivent pas être renversés... des différences morales existent d'un dictateur à un autre

le bon dictateur étant capable de vision, de légitimité perçue, de mettre en place un contrat social et de rendre la société plus complexe institutionnellement et donc prête à davantage de liberté... telle est la définition dit le FT du "bon dictateur"... comme le sultan d'Oman... reste que ce qui fait la réussite du dictateur bienveillant (à savoir qu'il renonce à la tyrannie) l'entraine du même coup vers la chute... et la seule chose qui lui permette d'échapper à la tragédie c'est de voir son peuple aller de l'avant sans lui et sans que le chaos apparaisse... car on le sait bien vaincre la tyrannie c'est bien plus qu'organiser des élections... alors de son vivant on ne lui reconnaitra d'ailleurs probablement aucun mérite ... mais l'histoire retiendra que c'est ce bon dictateur qui a su éviter la guerre civile à son pays...

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