LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

La guerre de l'euro aura-t-elle lieu ?

5 min

Bonjour, La guerre de l'euro aura-t-elle lieu ? Rien n'est moins sûr ce matin à la lecture de la presse internationale. Avec ce nouvel acte dans le drame de la crise grèque, un nouvel acte où les dirigeants de l'Europe et du FMI tentent, encore une fois, d'envoyer un message fort aux marchés pour endiguer la flambée des taux d'intérêt du pays. Des taux qui sont montés à presque 8% en fin de semaine dernière. Alors ça y est, la Grêce a demandé l'activation du plan d'aide FMI/Union Européenne titre LE SOIR. Le plan d'aide à la Grèce prend forme titre pour sa part le site de la BBC. La Grèce est confiante dans le plan de sauvetage peut-on lire à la une du WALL STREET JOURNAL. Un plan de 45 milliards d'euros, 30 versés par les membres de l'eurogroup, le tout, avant le 19 mai, date à laquelle la Grèce doit rembourser une partie de sa dette. Tout va bien le plan est sur les rails, déclarations optimistes à l'appui... Dominique Strauss-Kahn, le patron du FMI, affirme qu'il est impressionné par la détermination des autorités greques à prendre les mesures nécessaires pour remettre l'économie sur le droit chemin. Le ministre grec de l'économie affirme lui qu'il n'est pas question que son pays sorte de la zone euro. Des déclarations que l'on retrouve comme des mantras dans à peu près tous les articles consacrés au sujet. Tout va bien, donc, puisqu'on vous le répète. Des messages d'optimisme qui s'apparentent pourtant de plus en plus à de la méthode coué. La première voix dissonnante, c'est celle de l'Allemagne. Le ministre des finances, Wolfgang SCHAÜBLE, n'a pas tout à fait distillé le même message dans la presse d'Outre-Rhin ce week-end. Dans le FRANKFURTER ALLGEMEINE ZEITUNG, il assure que la Grèce recevra son prêt SI et SEULEMENT SI elle s'engage dans des mesures d'austérité supplémentaires, jusqu'en 2012. Le même Wolfgang SCHAÜBLE qui enfonce le clou dans le quotidien populaire BILD : "Aucune décision n'a été prise" et l'Allemange a le droit de bloquer la mise en oeuvre du programme d'aide financière si elle estime que les garanties apportées par la Grèce ne sont pas suffisantes. Il faut dire que l'opinion publique allemande est extrêmement réticente, et ce depuis le début de la crise grèque. La preuve en est cette lettre ouverte, publiée par le même BILD il y a qques jours, lettre qui demande aux lecteurs s'ils sont prêts à travailler plus et plus longtemps, pour permettre aux grecs de partir à la retraite à 50 ans. Mieux encore, un dirigeant de la CSU, le parti chrétien démocrate allié à la CDU d'Angela MERKEL, demande lui dans les colonnes du SPIEGEL la sortie, pure et simple de la Grèce de la zone euro. Mais il n'y a pas que l'Allemagne qui fait entendre ce matin une voix dissonnante. La France également, laisse planer quelques réserves par la voix de la ministre de l'économie, Christine LAGARDE : "Lorsqu'une partie du territoire de l'euro est attaquée, nous sommes tous tenus d'être solidaires, mais cela ne veut pas dire qu'il faille être complaisants" a-t-elle déclaré hier au JOURNAL du DIMANCHE, déclaration reprise ce matin dans la TRIBUNE DE GENEVE, et la VANGUARDIA. La VANGUARDIA qui a sorti sa calculatrice, et qui rappelle au passage que ce plan d'aide va coûter plus de 6 milliards d'euros à l'économie française, la deuxième contributrice derrière l'Allemagne. Non, il faut dire décidément que malgré cette nouvelle opération de communication à destination des marchés, du côté des éditorialistes, l'heure est plutôt au pessimisme ce matin. La première crise de l'euro, titre EL PAIS. La zone euro en pleine tourmente. Une analyse que l'on retrouve dans plusieurs titres : "La crise financière grèque a mis à nu la fragilité de l'Union Economique et Monétaire, lancée en 1999" La difficulté d'avoir une union monétaire, et aucune union fiscale, écrit pour sa part le journaliste économique Gavin HEWITT sur son blog de la BBC. Un post qu'il titre "Jour fatal pour la zone euro". Et la presse britannique regarde avec extrême circonspection cette crise grèque. The INDEPENDENT affirme que le risque désormais est que l'eurozone soit condamnée à des années de déflation rampante, et surtout que ce type de crise touche par la suite d'autres pays, avec en ligne de mire le Portugal et l'Espagne. Les plus sceptiques des éditorialistes d'Outre Manche reviennent ce matin sur la création de l'euro. C'est le cas de Charles BREMNER, correspondant à Paris pour le TIMES, qui rappelle que dans les années 90, lorsque l'idée de l'euro a germé, les dirigeans européens, Helmut KHOL et François MITTERRAND en tête, assuraient que les pays du sud n'adopteraient pas la monnaie unique avant bien longtemps... C'était sans compter que la création de l'euro était un acte politique, et pas un acte économique analyse THE INDEPENDENT. Est-il tout à fait anodin que la Grèce ait intégré l'euro en 2004, cette année même où la France et l'Allemagne ont assoupli les règles des critères de stabilité, les fameux critères de MAASTRICHT. Pendant qques années, dans plusieurs pays, aux finances pourtant loin de cette orthodoxie économique qui est inscrit dans le patrimoine génétique de l'Allemagne... pendant qques années, donc, les taux d'intérêt ont chuté aux niveaux allemands, faisant croire à un nirvana monétaire teuton explique le journaliste de THE INDEPENDENT. Et puis la crise est arrivée... Alors aujourd'hui, les euro-optimistes assurent que ce premier sauvetage d'un état va être salutaire et amener à une véritable gouvernance économique européenne. Mais là encore, Charles BREMNER y voit une "pensée magique" : pour preuve, avance-t-il, regardez qui réclame le plus fort cette gouvernance... et bien c'est justement Nicolas SARKOZY, le président de la France, le premier pays à avoir laissé filer ses déficits et à faire bien peu de cas de la rigueur budgétaire. Bonne Journée

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......