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La part de merveilleux...

5 min

par Cécile de Kervasdoué

On ne devrait jamais ignorer l'attrait du merveilleux dans nos représentations du monde, parce que c'est le ressort même de la politique : faire rêver à un monde meilleur

Ainsi, écrit le Volskrant aux Pays Bas, depuis quelques semaines le mot « croissance » est devenu un mot magique! Il n'y a qu'à lire les chroniques Paul Krugman dans les colonnes du New York Times pour s'en convaincre. Il fustige les dirigeants européens qui croient que l'on ne peut engendrer la croissance que dans la douleur. Voilà qu'à Bruxelles justement, tout le monde parle de « pacte de croissance » voir de « grands travaux » comme des formules magiques à la crise, mais reste un problème conclut le journal néerlandais, c'est que ces politiques européens ne semblent pas convaincus du pouvoir magique de ces mots alors le tour ne fonctionne pas !

D'où l'impression laissée au monde par ce sommet de Bruxelles explique le site de My Europe : un écran de fumée. Ds eurobonds présentés comme une solution miracle mais qui restent un montage financier classique incapable de convaincre les investisseurs privés, des déclarations de soutien à la Grèce alors qu’en sous main la sortie grecque de l'euro se précise bref, sur la table finalement il y a peanuts ! Dit l'article ou plutôt si, il reste les petits intérêts et les grands égoïsmes de chacun.

Prenez les grecs par exemple, dont certains sont richissimes, raconte l'International Herald Tribune, et bien ils retirent tous leurs capitaux, tous leurs avoir du pays sans soucier des conséquences et ne pensant qu'à leur intérêt personnel. Il y a peu de temps encore, nul n'aurait trouvé cela vraiment étonnant ni répréhensible, mais la roue tourne avec elle, les mentalités

D’ailleurs c'est exactement ce qui ressort de toute la presse internationale aujourd'hui où le rapport mondial d'Amnesty International fait grand bruit. Non pas parce qu'on y découvre de nouvelles horreurs, mais parce que l'on y voit clairement le cynisme coupable des dirigeants de tous les continents !

la Folha de Sao Paulo par au Brésil raconte par exemple comment le gouvernement brésilien n'a cessé d'ignorer les exactions du régime syrien pour ne défendre qu’un unique objectif: ses profits économiques.

L'Asie dans son ensemble est aussi montrée du doigt pour avoir sciemment muselé les voix critiques qu'inspiraient les révolutions arabes de l’année passée nous dit la BBC. Il n'y a pas que la Corée du nord ou la Chine dans le lot, il y a aussi la Thaïlande Singapour la Corée du sud...

et l'on pourrait parler aussi des Etats Unis qui nient encore et toujours les droits les plus élémentaires des indigènes raconte l'IHT.

Ou bien de l'Europe et de ses liens coupables avec les anciens dictateurs renversés…

Ce qui s'est passé l'année dernière résume la BBC, c'est que le courage des défenseurs de la démocratie du Moyen Orient a montré en grand l'échec de la gouvernance mondiale et la négation dans la plupart des gouvernements du monde de toute notion de justice ou de dignité. La vérité du rapport est celle ci écrit la BBC : les chefs d'état du monde placent toujours les profits devant l'intérêt général

Il y a un pays, souvent ignoré des média, où cette vérité est particulièrement vraie à presque toutes les échelles de la société révèle le rapport d'Amnesty ce pays c'est le Mexique.

Le Mexique où les tortures et tous les actes arbitraires sont le quotidien de l'armée mexicaine raconte l’Economica et d’ailleurs le gouvernement mexicain a refusé de livrer des informations à l'ONG basée à Londres.

Aucun gouvernement fédéral, régional, communal n'est capable aujourd'hui de protéger la population mexicaine de la barbarie des narco trafiquants. Pire, ces gouvernements sont impliqués de prêt ou de loin dans la plupart des exactions raconte Milenio au Mexique qui rajoute et c'est sans parler des interférences des Etats Unis dans cette grande boucherie.

Les chiffres des victimes mexicaines sont hallucinants poursuit Milenion : 50 000 morts depuis le début de l'offensive lancée par le président Calderon contre les narcos en 2006, et pas moins de 70 journalistes torturés massacrés pour avoir voulu en rendre compte.

D’où la marche hier qui a réuni près de 15 000 étudiants dans 15 villes du pays raconte l'Universal toujours au Mexique

Suivant le slogan « nous sommes plus de 132 » inspiré d'un appel d'étudiants qui affirment avoir reçu des menaces de morts parce qu'ils étaient trop curieux et trop critiques du système en place, les étudiants ont marché contre la corruption, contre le crime organisé, contre les mesures d'intimidation, pour la liberté, la tolérance, mais surtout contre la résignation et la peur qui semble s'être emparées du pays.

C’est bien cela qui mine notre monde... la peur, la résignation, la lâcheté écrit el Pais cette fois en Espagne qui salue le courage de ces étudiants mexicains. Ces jeunes se lèvent et s'indignent eux aussi rejoignant un mouvement mondial dans des conditions bien plus difficiles puisque dit le quotidien de Madrid, eux, ils ne risquent pas l'arrestation en se mobilisant eux, ils risquent carrément la mort. Une raison de plus pour s'en inspirer.

Elle est là sans doute la part de merveilleux de notre monde aujourd'hui : le courage de ces jeunes qui se lancent dans la rue ou sur internet pour dire cette vérité écrit le Guardian : l'économique ne doit pas prendre le pas sur l'éthique, le profit ne doit jamais passer devant les liens humains qui sont après tout le véritable fondement de nos démocraties.

Ca vous semble utopique bien sûr, termine Novinar en Bulgarie, déjà vu aussi. Mais, les mouvements de jeunesse d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec ceux des années 60 ou 70, ils sont beaucoup moins idéalistes, les jeunes d'aujourd'hui sont plus pragmatiques, plus flexibles, beaucoup mieux informés aussi ils ne sont pas leurs parents, n’ont pas du tout les même méthodes de mobilisation et ils savent très bien que l'on ne peut pas changer le monde simplement avec de la musique !

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