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La puissance chinoise : "impérialisme" et "purge"

4 min

PAR LUDOVIC PIEDTENU

NICOLAS MARTIN : La puissance chinoise dans la presse ce matin... LUDOVIC PIEDTENU : "Depuis son arrivée au pouvoir il y a trois ans, pouvait-on lire récemment dans le Financial Times, le Président chinois Xi Jinping n'a rien fait pour décourager la propagation de surnoms très populaires "Xi Da Da" ou "Big Xi". Non seulement il est plus grand que ses prédécesseurs ou ses pairs, mais ces surnoms augmentent son aura de leader fort qui assume les responsabilités et fait en sorte que les choses soient faites" écrit le correspondant du quotidien britannique à Pékin."Même Barack Obama, poursuit-il, semblait approuver ce point de vue lors d'un discours à des hommes d'affaires en décembre. Le Président américain faisait remarquer que depuis qu'il avait pris la tête du Parti Communiste chinois en novembre 2012, M. Xi a consolidé son pouvoir plus vite et de façon plus complète que personne depuis Deng Xiaoping." Le titre de cet article résume cela en deux mots : "une présidence impériale".NICOLAS MARTIN : Dans le Figaro et les Echos, on parle de purge... LUDOVIC PIEDTENU : "Le ménage continue" s'exclame Gabriel Grésillon, correspondant des Echos à Pékin.Pour son confrère du Figaro, Patrick Saint-Paul, "la campagne anticorruption du Président Xi Jinping ne connaît pas de répit.""Avant-hier, l'exclusion de Ling Jihua du Parti Communiste Chinois a été prononcée". "Cet ex-conseiller de l'ancien Président Hu Jintao est accusé, entre autres, d'abus de pouvoir et de corruption.""C'est la quatrième grande figure politique qui tombe dans les filets du pouvoir central" lit-on dans Les Echos avec "deux caractéristiques communes : un goût pour les frasques et les excès et une appétence pour le pouvoir que tolère très mal le nouvel empereur de Pékin".Un récent éditorial du Quotidien du Peuple affirmait que le Parti Communiste et la corruption étaitent aussi incompatibles que "le feu et l'eau".Retour à l'article du Figaro : "selon les experts des arcanes du Parti, Ling était sans l'ombre d'un doute une cible politique issu d'un clan rival de celui de Xi."Dans l'éditorial du quotidien officiel Global Times, on nuance : "il faut comprendre qu'il y a des limites aux droits accordés aux uns et aux autres. Le cas de M. Ling montre que son ambition politique et ses désirs personnels ont franchi la ligne rouge de la décence humaine et de celle d'un fonctionnaire. D'ailleurs, il méprisait la discipline du parti et les lois de la nation. Il devait tomber."NICOLAS MARTIN : Cet impérialisme chinois s'exerce à l'intérieur comme à l'extérieur... LUDOVIC PIEDTENU : Hier, le Japon a publié son Livre blanc de la défense dans lequel il dénonce l'attitude de Pékin en mer de Chine du Sud.C'est à lire dans Les Echos. "En 18 mois, la Chine a gagné 800 hectares autour d'îlots artificiels qu'elle a construits dans la zone".Alors "Tokyo passe à l'offensive... verbale"."Une première version du Livre blanc était prête au début du mois. Mais jugé trop conciliant, le texte concernant la Chine a été musclé dans une deuxième mouture" explique Edouard Pfimlin, chercheur associé à l'Iris, cité ce matin page 5 du quotidien économique."Le Japon n'est pas le seul à montrer son agacement. Les Philippines viennent ainsi de décider d'accroître leurs dépenses militaires de 25% en 2016. Le budget - 509 millions d'euros - est certes sans commune mesure avec celui de la Chine - 132 milliards d'euros".NICOLAS MARTIN : Poursuite du voyage dans la région, direction Hô-Chi-Minh Ville...

LUDOVIC PIEDTENU : "La vague du capitalisme balaie" la plus grande ville du Vietnam, son poumon économique devant la capitale Hanoï.C'est à la Une de l'International New-York Times.Hô-Chi-Minh Ville, connu encore localement comme Saïgon, prise par les communistes il y a 40 ans, est "une ville qui ne veut pas regarder en arrière, qui aime s'amuser, et peut-être, par dessus tout voracement capitaliste.""Deux-tiers des Vietnamiens sont nés après la chute de Saïgon et la réunification du Vietnam en 1975".Le journaliste américain va à la rencontre de cette jeunesse, très éloignée de "l'éthique communiste, je cite, de conformité", qui parle d'argent, de voitures de sport, de sacs Louis Vuitton et de chaussures Christian Louboutin."NICOLAS MARTIN : Pourtant, peut-on lire ailleurs, le capitalisme est mort... LUDOVIC PIEDTENU : "La fin du capitalisme a commencé" affirme Paul Mason dans cet intéressant article très commenté, très lu, très partagé paru il y a quelques jours dans le quotidien britannique The Guardian."Sans nous en apercevoir, nous entrons dans l'ère post-capitaliste" affirme l'auteur de ce livre "Postcapitalism" à paraître outre-manche dans une semaine. Paul Mason décrit l'effondrement d'un système, l'apparition de nouvelles façon de travailler, l'économie du partage, le poids des technologies de l'information. Loin de ce qui anime Hô-Chi-Minh Ville, la vision de Paul Mason s'applique aux continents européen et américain.Elle n'en reste pas moins très interessante à explorer. Il prévient juste le lecteur. Il y a encore beaucoup de contradictions entre le monde d'aujourd'hui et celui possible demain. C'est un combat et cela demande un peu d'utopie.

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