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La revue de presse internationale de Thomas Cluzel

5 min

Par Thomas CLUZEL

C’est ce qui s’appelle raser les murs. Aujourd’hui, il ne fêtera pas son premier anniversaire. Plusieurs de ses conseillers l’ont d’ailleurs d’ores et déjà confirmé. Tout juste, une conférence de presse, est-elle prévue le 16 mai prochain, mais d’ici là, François Hollande fera le dos rond. Et comme on le comprend, tranche ce matin LE TEMPS de Genève. L’image, écrit le journal, aurait été trop décalée, pour ne pas dire désastreuse. En guise de seule commémoration, un séminaire de travail sera donc organisé ce lundi. Histoire de montrer que le gouvernement s’attelle plus que jamais à la tâche.

Il faut dire que la première année du quinquennat s’achève sur un bilan terrible, poursuit le journal. Près de trois quarts des Français sont mécontents de leur président, le chômage bat des records, le pouvoir d’achat commence à baisser, la France est au bord de la récession et pour l’instant, les résultats des réformes engagées ne se font pas sentir.

Pour le quotidien conservateur britannique THE TELEGRAPH, le bilan d'un an de présidence socialiste est tout simplement désastreux. Et pourtant, nuance LE SOIR de Bruxelles, François Hollande a sans doute raison. On ne dresse pas un bilan après un an de pouvoir seulement. C’est au terme de son quinquennat, dans quatre ans, que l’histoire jugera sur base des critères qu’il a lui-même fixés. Aura-t-il rendu la France plus juste ? Aura-t-il réduit le chômage ? Céder au « hollande-bashing », le jeu de massacre, est donc stérile, poursuit l'éditorialiste et d'ajouter, ceux qui parlent d’écourter son mandat sont ridicules, car même impopulaire, le président garde les moyens de gouverner tant qu’il dispose d’une majorité. Sans compter, que comme le plaidait déjà son prédécesseur, il y a des circonstances atténuantes : la crise est aujourd'hui historique.

Sauf qu'à présent la contestation monte de tout bord et qu'au pessimisme, s'ajoute désormais la rancœur, analyse pour sa part la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG. Alors pourquoi Hollande est-il si impopulaire, interroge le magazine SLATE ? Monsieur Impopulaire, c'est ainsi d'ailleurs que THE FINANCIALTIMES qualifie ce matin en Une le président français.

A ce titre et si toute la presse étrangère ne peut que constater en effet l'impopularité du président français, tous, en revanche, ne sont pas d’accord sur les fondements de cette chute vertigineuse dans les sondages. Ainsi, pour le quotidien conservateur britannique THE TELEGRAPH, le bilan désastreux d'un an de présidence socialiste, ne serait pas le résultat de circonstances défavorables, autrement dit de la crise, mais le produit des choix et de la personnalité même de François Hollande. Car malheureusement, le président français semble surtout doué, dit-il, pour aggraver les choses. Et THE TELEGRAPH d’en conclure, François Hollande a décidément beaucoup de raisons d'être modeste.

Son confrère de centre gauche THE GUARDIAN est lui plus clément. Le président socialiste est loin d’être inactif, dit-il, mais il n’a pas réussit à se vendre et à mettre en avant son bilan. Et c'est ainsi qu'il serait donc passé de Monsieur Normal à Monsieur faible. C’est également, peu ou prou, le reproche adressé par le magazine NEW STATEMAN pour qui François Hollande ennuie un électorat français qui s'est habitué aux frasques de Sarkozy. Cette image patiente et démodée, dit-il, qui fut un temps un argument de vente, ennuie désormais une nation qui s'est habituée au faste et à l'hyperactivité des années Sarkozy.

Pour le journal madrilène EL PAIS, tout cela serait plutôt la faute de l’Europe. L'Europe est au cœur du problème « hollandien » analyse l’éditorialiste. Car le président français mise sur l'Union Européenne pour redorer son bilan, dit-il. Le salut de Hollande serait donc conditionné à l'aide au pays européens les plus en difficulté. Sauf que sans une Europe prospère et plus solidaire, il n'y aura ni croissance, ni réduction du chômage, ni sauvetage politique.

Décidément, voilà donc un maudit anniversaire, reprend LE TEMPS de Genève. Et le journal de citer à son tour tous ceux qui, là encore, ont pourri, dit-il, la première année de François Hollande. Alors cette fois-ci, il n'est plus question de faute à l'Europe ou à Nicolas Sarkozy mais plutôt d'Angela Merkel, l’orage originel, de Jérôme Cahuzac, le menteur effronté, de Gérard Depardieu, le mauvais payeur, mais aussi de Frigide Barjot et son divorce pour tous, de Lakshmi Mittal, le fossoyeur des promesses, de Jean-Luc Mélenchon, le crieur en chef, sans oublier le chômeur inconnu et ses trois millions d’anonymes.

Quoi qu'il en soit, c’est donc maintenant que l’on aurait besoin du président, écrit encore la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG, cité par le courrier international. C'est à lui de montrer la voie aux Français. Or que fait François Hollande, interroge le journal ? Il hoche la tête et attend des jours meilleurs. Et pourtant, on reconnaît les grands politiciens, pour ne pas dire les grands hommes d’Etat, au récit qu’ils brossent de leurs propres agissements et qui leur donne du sens. Charles de Gaulle promettait la “grandeur” aux Français. Helmut Kohl était le “chancelier de l’unité”. JFK s’était mis en scène comme le jeune rénovateur de l’Amérique. D’autres, quoique de moindre envergure, ont su le faire également : Nicolas Sarkozy garantissait une “rupture” avec la République poussiéreuse de Chirac Angela Merkel se bat comme une “ménagère souabe” pour un budget solide au sein de la zone euro. Mais lui, François Hollande, que nous raconte le chef de l'Etat français ? Rien, interroge le journal ? Et d'en conclure, ce serait pourtant déjà quelque chose.

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