LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

La revue de presse internationale de Thomas Cluzel

5 min

Par Thomas CLUZEL

La victoire de l'Algérie contre le terrorisme. Ce matin encore, toute la presse algérienne se félicite, non seulement de la fin de la prise d'otage, samedi dernier, sur le site gazier d'In Aménas, mais aussi du succès de l'opération menée par les forces spéciales algériennes. Mission accomplie titre notamment le quotidien L'EXPRESSION. Dépassons, dit-il, le macabre comptage de morts, de très loin inférieur au plans des assaillants, l'opération est un succès. Mieux, c'est une véritable guerre que vient de remporter notre armée écrit l'éditorialiste.

La réponse des autorités algériennes, rapide et adaptée s’avère à la mesure du test, du défi et des enjeux renchérit son confrère de LA TRIBUNE. Alors bien sûr, des bonnes âmes trop inquisitrices pour être honnêtes, n’ont pas arrêté pendant quatre jours de sommer l’Algérie et son armée de mener leur action de neutralisation avec des gants blancs et des forces spéciales en livrée. Comme si la guerre était un dîner de gala. Sauf que ce qui s’est passé sur le site d’In-Amenas est un épisode guerrier. Et l’erreur aurait été, au contraire, de se montrer sensible aux faux arguments des «droits-de-l’hommistes» professionnels, ou d’entrer dans le jeu des négociations qui crédibilisent les terroristes et déconsidèrent les Etats qui fléchissent.

Les autorités algériennes ont pris les décisions qu'il fallait et les ont assumées jusqu'au bout peut-on lire encore dans les colonnes de L'EXPRESSION. Il fallait agir. Cela a été fait et même bien fait, quoi qu'en pensent ou puissent en dire certains commentateurs étrangers mal intentionnés précise toujours le journal, des commentateurs, dit-il, qui n'ont cessé de semer désinformation et manipulation jusqu'à insinuer que l'opération terroriste se serait réalisée avec la «complicité» des autorités gouvernementales. Dans les années de braise, déjà, alors que l'Algérie luttait seule contre les égorgeurs de femmes et d'enfants, n'avait-t-on pas accusé l'armée d'être derrière les terroristes du GIA ? On savait que quoi qu'elle fasse, l'Algérie et singulièrement son armée ne recevraient pas de fleurs. A présent, les dirigeants du monde entier font porter l'entière responsabilité du carnage aux terroristes, laissant enfin de côté les critiques exprimées dans un premier temps par certains sur les méthodes algériennes. Comme s'il subsistait l'ombre d'un doute que c'étaient bien les terroristes qui avaient pris d'assaut le site gazier.

Tout au long de la prise d’otages, une abjecte opération de désinformation a été menée, tendant à inverser les positions et les rôles, renchérit son confrère de LA TRIBUNE. Et de fait, ce matin, ce sont surtout les réactions outrées des pays ayant des ressortissants à In Aménas qui retiennent l'attention des journaux algériens, et en particulier la manière peu diplomatique avec laquelle certaines capitales ont tancé Alger. Alors on comprend aisément l'inquiétude de ces capitales, pour la sécurité de leurs ressortissants admet l'éditorialiste. Nous même, dit-il, nous étions également inquiets pour nos compatriotes pris dans le piège des terroristes islamistes. Mais l'Algérie n'est pas une République bananière à laquelle on peut intimer des ordres ou demander des comptes sur son action pour se protéger et protéger ses ressortissants nationaux.

Et le journal de rappeler que la question du terrorisme islamiste se pose depuis déjà deux décennies en Algérie, quand des chefs terroristes on pu bénéficier du laxisme de ces mêmes capitales occidentales, qui aujourd'hui font mine de s'offusquer de l'action de notre pays contre les preneurs d'otages. Le terrorisme, cela fait des années que des pays comme l'Algérie ont vainement tenté d'en faire comprendre la dangerosité à une «communauté internationale» qui s'en tenait à sa seule lecture. Durant des années, les Algériens prêchèrent dans le désert, car les décideurs du monde n'étaient ni prêts, ni préparés à prendre au sérieux ces appels à la solidarité internationale. Il fallut la tragédie américaine du 11 septembre pour que la dite «communauté internationale» évalue à sa juste dimension la nocivité de groupes criminels. Après ça, plus personne ne pouvait minimiser les nuisances du terrorisme qui s'est répandu aux quatre coins de la planète. Mais cela aurait-il pu se faire si, quelque part, il n'y avait pas eu indulgence, sinon volonté, de faire monter l'enchère terroriste pour des besoins ou des objectifs que seuls ceux qui durant de longues années ont hébergé des terroristes connaissent interroge l'éditorialiste ? Si lutter aujourd'hui par tous les moyens disponibles contre le terrorisme est un devoir universel dit-il, il n'en demeure pas moins que la responsabilité de l'Occident dans son financement, son armement, dans la formation de ses tout premiers éléments subversifs est fortement engagée. Faut-il encore une fois relever qu'Al Qaîda et ses «filiales» de par le monde, c'est d'abord une création de ces puissances occidentales qui poussent aujourd'hui des cris d'orfraie et qui voulaient maintenir un abcès de fixation qui entretienne des «guerres de basse intensité» propice à leurs intérêts et à leur stratégie de contrôle des richesses du monde.

Et le journal LIBERTE de conclure ce matin. À In Amenas, l’Algérie vient de faire l’éclatante démonstration de son courage face au terrorisme. Comme si le prix du sang payé par les Algériens durant vingt ans ne suffisait pas, les groupes terroristes ont compris que face à l’Armée algérienne, on ne peut ni pratiquer le chantage ni la terreur. Au-delà des cris d’effroi de certaines vierges effarouchées l’Algérie a fait le “job”. Sans reculer, sans transiger. Il aura fallu des tonnes de sang-froid et une expertise unique dans la lutte antiterroriste pour arriver à bout d’une situation de crise de cette envergure en si peu de temps. Et pour ceux qui évoquent le prix du sang, aucun peuple n’est mieux placé que le nôtre pour savoir que ce prix est coûteux, sacrificiel, incontournable.

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......