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La revue de presse internationale de Thomas Cluzel

5 min

Par Thomas CLUZEL

Mais dis-moi Hugo, qu’est-ce qui ne va pas ? Et puis c’est quoi au juste cette douleur ? Il a commencé à me poser des questions, comme un père à son fils. Je ne savais plus comment échapper à son regard d’aigle. Il a commencé à appeler des médecins et puis il a pris la situation en main. C'était à la fin d’une tournée qui l'avait conduit au Brésil et en Équateur, Hugo Chavez était arrivé à La Havane, appuyé sur une canne pour se faire soigner d’une douleur au genou. C'était le 1er juillet 2011. Et depuis Fidel Castro, considéré par Chavez comme son mentor politique est devenu selon ses propres mots son «médecin en chef».

Un an et demi plus tard précise LE TEMPS en Suisse, la douleur au genou s'est transformée en grave infection pulmonaire. Et désormais poursuit le WASHINGTON TIMES, tout indique que le dictateur est en train de mourir. La fin du jeu approche renchérit ce matin son confrère du WASHINGTON POST, plongeant de fait un pays tout entier dans le doute commente pour sa part le journal de Caracas TAL CUAL. Car à quelques jours seulement de sa prise de fonction officielle pour un quatrième mandat poursuit l'article, la publication du dernier rapport médical sur l'état de santé d'Hugo Chavez n'inspire pas franchement confiance aux vénézuéliens. Pire, l'état de santé de Chavez exacerbe à présent la controverse politique entre le gouvernement d'un côté et l'opposition de l'autre. Pour la première fois depuis près de 15 ans rappelle pour sa part THE TELEGRAPH, il n'existe plus de scénario pré écrit sur l'avenir politique du pays. L'absence probable de Chavez jeudi prochain lors de sa prestation de serment constitue une énigme et potentiellement une bombe à retardement.

C'est d'ailleurs l'objet de ce dessin publié sur le site du courrier international, où l'on voit une pendule avec en lieu et place du chiffre 12 la date du 10 janvier et en guise de remontoir une mèche allumée prête à tout faire exploser.

Alors ce week-end reprend LE TEMPS, le vice président, dauphin désigné de Chavez, mais aussi le Président de l'Assemblée Nationale réélue ont tous deux assuré que Chavez resterait en fonction même s’il ne prêtait pas serment jeudi prochain. Le président continuera à être président au-delà du 10 janvier, que personne n’en doute. La cérémonie d’investiture n’est qu’une formalité et jamais la volonté du peuple exprimée ne sera remise en question. Le problème, c'est qu'en vertu de la Constitution vénézuélienne, le chef de l’Etat élu doit prêter serment au cours d’une cérémonie qui doit se dérouler au Venezuela et ne peut être reportée. Sauf que les barons du régime s’appuient sur le fait que la Constitution dispose également que s’il ne peut prêter serment, alors il doit le faire devant le Tribunal suprême de justice. Et dans ce cas, aucun délai n’est mentionné.

Et c'est d'ailleurs sans doute ce qu'espère le vice président commente pour sa part le journal de Beyrouth L'ORIENT LE JOUR. Car le report probable de l’investiture du président réélu Hugo Chavez, lui donnera du temps pour asseoir sa position de leader du régime dans le cas d'une incapacité du chef de l'Etat. Pour le régime, "il est fondamental que si Maduro est candidat à une élection présidentielle en cas de départ de Chavez, il le soit dans une position avantageuse, avec l'aura du pouvoir.

Quoi qu'il en soit, une chose est sûre, après le 10 janvier, une période de fragilité institutionnelle va s'ouvrir au Venezuela, et c'est précisément ce que dénonce aujourd'hui l’opposition. Car les « chavistes » ne se sont toujours pas prononcés clairement sur ce qui se passerait dans le cas où Chavez ne prêterait pas serment précise EL NACIONAL. Des manœuvres compliquées sont actuellement à l'œuvre renchérit son confrère TAL CUAL, car les « chavistes » doivent à la fois trouver des appuis dans l'armée, mais également au sein des entrepreneurs et des hauts fonctionnaires qui travaillent avec le gouvernement actuel. Preuve d'ailleurs de la fébrilité du régime actuel, les mots très durs prononcés récemment dans la presse par le dauphin désigné de Chavez contre le secrétaire général de la coalition de l'opposition qu'il accuse d'être à l'origine de rumeurs malsaines et de fomenter un coup d'état. Il parle de guerre psychologique médiatique.

La réalité poursuit le WASHINGON TIMES c'est qu'il n'y a pas de chavisme, sans Chavez. Le modèle bolivarien n'a toujours été que le fruit de l'imagination d'un seul homme. En clair, personne ne sait aujourd'hui ce qu'il adviendra de la révolution, ni même si le régime actuel pourra se maintenir sans tordre la Constitution.

Ce matin à Caracas et plus que jamais, le slogan qui avait accompagné le commandante depuis des années, La Patrie le Socialisme ou La mort, semble s'être définitivement transformé en cette supplique désespérément optimiste : nous vivrons et nous vaincrons.

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