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La revue de presse internationale par Claude Guibal

5 min

Il est encore tôt et on peut fermer les yeux pour rêver... Rêver à des terres porteuses de légende... des terres où sous les étoiles des hommes indigos foulent les sables du désert en répétant depuis des millénaires des phrases pleines de sagesse... "Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens..." Ou encore... "Il vaut mieux se lever sans savoir où l'on va que de rester assis sans rien faire..." Dans le nord du Mali, les murmures de la sagesse touarègue se sont effacés sous les détonations des armes. Et ce n'est plus un pays mais presque un continent qui vacille... Petit rappel en arrière : le 22 mars, un coup d'état militaire chassait le président malien Amadou Toumani Touré au pouvoir depuis dix ans, à un mois d'une élection présidentielle à laquelle il n'était, disait-il pas candidat. La suite vertigineuse et inquiétante de ce coup de force, c'est le site d'information sénégalais Abidjan.net qui nous le raconte: Les mutins qui ont démis Amadou Toumani Touré, dit ATT dénonçaient la corruption, et surtout l'incapacité de l'état dans la lutte contre la rébellion touarègue dans le nord du pays...Paradoxe, deux semaines plus tard, le Mali est au bord de la partition : avec Kidal, Gao puis ce week-end Tombouctou, ces fameux rebelles séparatistes du mouvement national de libération de l'AZAWAD sont devenus les maitres du nord du pays. Et ils ne le font pas seuls, aidés qu'ils seraient par une flopée de mouvements islamistes liés à AQMI, Al Qaeda au Maghreb Islamique, notamment Ansar Dine, un mouvement armé qui prône l'application de la sharia ... Avec eux encore ces mercenaires maliens qui s'étaient battus pour Mouammar Kadhafi et qui sont revenus de cette Libye transformée en arsenal géant à ciel ouvert armés, puissamment armés....Mais le Mali, c'est sept frontières avec la Mauritanie, l'Algérie, le Niger. Le Burkina Faso, la Cote d'Ivoire, la Guinée, le Sénégal...Et quand le Mali tremble, c'est toute la sous région qui risque l'embrasement rappelle Abdijan.net... Chacun craint la contagion...Il ya deux semaines, alors que de nombreux maliens applaudissaient la chute du président Amadou Toumani Touré, la condamnation internationale du putsch a fragilisé les officiers rebelles... et a permis aux rebelles du nord de s'engouffrer dans la brèche...Et en Mauritanie, c'est l'inquiétude "une nouvelle république dans cette région! Une république islamique puisqu'al Qaeda mène les débats" écrit l'Authentique, le journal de Nouakchott.... Et son concurrent le Quotidien se moque lui, de la junte militaire qu'il qualifie de "pathétique " pour avoir du, après avoir défié la région avec ce coup d'état, en appeler finalement à l'aide internationale pour contrer les rebelles.Le carton rouge, c'est la CEDEAO la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest qui l'a brandi. Elle a donné jusqu'à aujourd'hui aux putschistes pour restituer le pouvoir au civil, en menaçant de lourdes sanctions... Et c'est l'observateur du Burkina Faso qui en dresse la liste: la suspension du Mali des instances régionales, l'interdiction de voyager pour les membres de la junte et leurs proches, le gel de leurs avoirs, le gel des comptes du pays la fermeture des frontières, ... Cela veut aussi dire aussi le gel des programmes de développement, la fin de l’approvisionnement en pétrole... Et qui va en payer le prix explique Abidjan.net si ce n'est le peuple malien lui même... Et dans la presse sénégalaise, comme dans celle du Burkina Faso, on rappelle par exemple quelles conséquences ont eu ces mesures lorsqu'elles ont été imposées à la Cote d'Ivoire voisine il y a un an...Alors la presse sénégalaise le matraque: la communauté internationale, si prompte à lever le ton va devoir désormais "sortir le bâton cotre les séparatistes" . Les rebelles, écrit-elle, "se retrouvent aujourd'hui plus qu'hier dans une position confortable pour négocier... " L'ultimatum de la CEDEAO semble avoir été entendu par les putschistes qui ont rétabli la constitution hier et promis de rendre au plus vite le pouvoir aux civils...Ce qui leur attire ce matin un éditorial grinçant du quotidien du Burkina Faso, l'Observateur : "les putschistes se dégonflent" titre le journal... Les menaces auront produit l'effet escompté... "Entrés par effraction, ils cherchent une porte de sortie honorable pour se débarrasser de la patate chaude" ... Et le journal, cinglant d'appeler la communauté internationale à aller au bout de sa logique, elle qui a été si forte à dire "qu'elle pouvait par la force restaurer l'état de droit au Mali", doit aujourd'hui assurer le service après-vente et repousser les rebelles du Nord.... Car selon le journal, "c'est parce que la communauté internationale a soutenu le président déchu qu'ils sont tous aujourd'hui dans cette m..." fin de citation...La promesse des mutins de rendre le pouvoir aux civils va-t-elle être suffisante pour dissuader la CEDEAO d'appliquer les sanctions... Ses membres doivent se rencontrer aujourd'hui à Dakar... Et c'est un malien, un lecteur du quotidien de Bamako l'Essor qui les interpelle sur le site du journal: attention, un coup d'état est condamnable... mais il faut désormais réfléchir. "Il est très simpliste de donner tout pour la démocratie y compris de l'imposer par la force en passant par l'asphyxie de la population malienne... Comment opposer démocratie et intégrité territoriale" , interroge ce lecteur, qui avoue ne pas avoir de réponse et demande réflexion et débat national... "Quand on commence par le dialogue on aboutit à une solution " dit un proverbe touareg... les touaregs qui sous les étoiles des hauts plateaux désertiques disent aussi cette phrase sur laquelle je vous laisse méditer "Tourne ton visage vers le soleil, ainsi l'ombre restera derrière toi... "

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