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La Russie et son rapport au monde, guerre froide ou peur de l'avenir?

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Aujourd’hui je voudrais vous parler d'un tableau. On y voit [Dmitri Medvedev, l'actuel premier ministre russe et anciennement président... On le voit se faire peigner les cheveux par Vladimir Poutine, lequel est lui redevenu président après avoir été premier ministre](Aujourd’hui je voudrais vous parler d'un tableau. On y voit Dmitri Medvedev, l'actuel premier ministre russe et anciennement président... On le voit se faire peigner les cheveux par Vladimir Poutine, lequel est lui redevenu président après avoir été premier ministre. Un petit tour de passe-passe qui avait profondément agacé les russes. Là où les choses se compliquent c'est que, sur ce tableau, Dmitri Medvedev porte un soutien gorge plutôt bien fourni, tandis que Vladimir Poutine, lui, pose dans une nuisette des plus seyantes qui met en valeur sa musculature... Bref si l'insulte au bon gout est évidente, le crime politique impardonnable lui, l'est un peu moins ... Mais on ne se refait pas, et ce tableau exposé au musée du Pouvoir, une galerie privée de Saint Petersburg, a donc été saisi par la police. Des policiers, armés de kalachnikovs ont effectué une descente et fait fermer le musée. Quant à l'auteur du tableau, Konstantin Altounine, il a fui la Russie, et il vient d'arriver à Paris... L'anecdote en soi, je vous le concède, est insignifiante, mais toute la presse en parle en Russie, au moment ou Vladimir Poutine entend montrer au monde qu'avec lui, fini la rigolade, il est temps de prendre la Russie au sérieux. La crise syrienne lui en donne toute latitude. Allié de Damas, la Russie a réussi à paralyser l'action de la communauté internationale depuis deux ans, elle a surtout réussi à la ridiculiser, en l'obligeant à montrer son impuissance. On l'a vu encore hier soir, rappelle le Moscow Times, avec cette réunion du conseil de sécurité -à la demande de Moscou-, réunion qui a encore aggravé les divisions occidentales quant à une éventuelle intervention. Ria Novosti fait le tour des experts, ils mettent en sourdine les roulements de tambours venus d'outre atlantique. Selon eux, il n'y aura pas d'attaque en Syrie avant le G20, à Saint-Pétersbourg jeudi prochain, ce G 20 où se croiseront donc Barak Obama et Vladimir Poutine. Pour Ria Novosti, « Il ne s'agit que d'avertissement, de guerre des nerfs, de jeu de muscle »... Vous voyez, les muscles, on y revient encore... La Russie, elle sait aussi les montrer, ses muscles, elle vient d'envoyer en Méditerranée deux navires de guerre. Elle profite aussi du MAKS 2013, le grand salon aéronautique qui se tient actuellement en Russie pour parler de ses avancées en matière de missile hypersoniques, vous savez ces missiles qui, lorsqu'ils seront capables d'effectuer un vol longue durée, vont lui permettre devenir leader en matière d'armes inédites et redoutables, comme le rappelle RIA Novosti. Alors, pourquoi une telle surenchère? Pourquoi Poutine se conduit-il de façon aussi folle, c'est en ces termes que s'interroge crument l'hebdomadaire américain Businessweek. S'opposer aux américains, évidemment, cela a toujours été la stratégie des leaders russes reprend le journal. Vladimir Poutine ne fait pas exception. Businessweek énumère ainsi ses coups de force depuis son retour au Kremlin il y a un an. Son soutien à Bashar el Assad, sa façon de saper les efforts internationaux pour contrer les ambitions nucléaires iraniennes, l'affaire Snowden, j'en passe... Bref... tout cela rappelle la guerre froide, évidemment. Mais une chose à changé, note Business Week. « C'est qu'entre temps la Russie est devenue le plus grand exportateur d'énergie du monde ». Premier producteur de pétrole, deuxième producteur de gaz... juste derrière ... les Etats Unis. Cette manne a permis le boum économique de la Russie, mais elle la place aussi dans une position de dépendance économique effrayante. Et ça a de quoi l'inquiéter au moment où les états unis "redeviennent" une grande puissance énergétique, et au moment où l'Iran pourrait devenir un rival terrifiant. Car s'il se réconciliait avec la communauté internationale, l'Iran redeviendrait fréquentable, et cela signerait le grand retour de son pétrole sur les marchés internationaux... Cette inquiétude, elle est aussi exprimée par Novaia Gazeta. Selon ce quotidien russe, la Russie ne serait en fait qu'un "quasi" état, le plus grand débris de la comète URSS. Que Poutine cherche à devenir le président éternel du pays importe peu, le fait est qu'il risque d'être le dernier si le gouvernement ne dessine pas à la Russie sa place dans le monde moderne. Le journal pointe du doigt le cout extravagant des jeux olympiques de Sotchi, qui risquent d'être je cite ce que fut l'olympiade de 1980 pour l'union soviétique, le dernier festin d'un empire... 22 ans après l'effondrement de l'URSS reprend Novaia Gazeta, « la Russie n'est pas un empire, ni un état nation, elle n'est ni une monarchie ni une république. Elle se prend pour un pole de la politique mondiale, mais n'entretient de relations qu'avec des états voyous pour ne former autour d'elle qu'un club de vassaux, tandis qu'en privé, son élite n'est tournée que vers l'occident pourtant proclamé ennemi de la Russie à l'intérieur du pays ». Sévère, très sévère, le journal fustige encore « un pays qui tombe en morceau, sans économie nationale et ou les habitants selon qu'ils soient de Moscou, Kaliningrad, ou du Caucase n'ont rien en commun qu'un même passeport. Il ne faut pas renforcer la nation conclut Novaia Gazeta, il faut la créer. »). Un petit tour de passe-passe qui avait profondément agacé les russes.

Là où les choses se compliquent c'est que, sur ce tableau, Dmitri Medvedev porte un soutien gorge plutôt bien fourni, tandis que Vladimir Poutine, lui, pose dans une nuisette des plus seyantes qui met en valeur sa musculature...

Bref si l'insulte au bon gout est évidente, le crime politique impardonnable lui, l'est un peu moins ... Mais on ne se refait pas, et ce tableau exposé au musée du Pouvoir, une galerie privée de Saint Petersburg, a donc été saisi par la police. Des policiers, armés de kalachnikovs ont effectué une descente et fait fermer le musée. Quant à l'auteur du tableau, Konstantin Altounine, il a fui la Russie, et il vient d'arriver à Paris...

L'anecdote en soi, je vous le concède, est insignifiante, mais toute la presse en parle en Russie, au moment ou Vladimir Poutine entend montrer au monde qu'avec lui, fini la rigolade, il est temps de prendre la Russie au sérieux.

La crise syrienne lui en donne toute latitude. Allié de Damas, la Russie a réussi à paralyser l'action de la communauté internationale depuis deux ans, elle a surtout réussi à la ridiculiser, en l'obligeant à montrer son impuissance. On l'a vu encore hier soir, rappelle le Moscow Times, avec cette réunion du conseil de sécurité -à la demande de Moscou-, réunion qui a encore aggravé les divisions occidentales quant à une éventuelle intervention.

Ria Novosti fait le tour des experts, ils mettent en sourdine les roulements de tambours venus d'outre atlantique. Selon eux, il n'y aura pas d'attaque en Syrie avant le G20, à Saint-Pétersbourg jeudi prochain, ce G 20 où se croiseront donc Barak Obama et Vladimir Poutine. Pour Ria Novosti, « Il ne s'agit que d'avertissement, de guerre des nerfs, de jeu de muscle »... Vous voyez, les muscles, on y revient encore...

La Russie, elle sait aussi les montrer, ses muscles, elle vient d'envoyer en Méditerranée deux navires de guerre. Elle profite aussi du MAKS 2013, le grand salon aéronautique qui se tient actuellement en Russie pour parler de ses avancées en matière de missile hypersoniques, vous savez ces missiles qui, lorsqu'ils seront capables d'effectuer un vol longue durée, vont lui permettre devenir leader en matière d'armes inédites et redoutables, comme le rappelle RIA Novosti.

Alors, pourquoi une telle surenchère? Pourquoi Poutine se conduit-il de façon aussi folle, c'est en ces termes que s'interroge crument l'hebdomadaire américain Businessweek.

S'opposer aux américains, évidemment, cela a toujours été la stratégie des leaders russes reprend le journal. Vladimir Poutine ne fait pas exception. Businessweek énumère ainsi ses coups de force depuis son retour au Kremlin il y a un an. Son soutien à Bashar el Assad, sa façon de saper les efforts internationaux pour contrer les ambitions nucléaires iraniennes, l'affaire Snowden, j'en passe... Bref... tout cela rappelle la guerre froide, évidemment. Mais une chose à changé, note Business Week. « C'est qu'entre temps la Russie est devenue le plus grand exportateur d'énergie du monde ». Premier producteur de pétrole, deuxième producteur de gaz... juste derrière ... les Etats Unis. Cette manne a permis le boum économique de la Russie, mais elle la place aussi dans une position de dépendance économique effrayante. Et ça a de quoi l'inquiéter au moment où les états unis "redeviennent" une grande puissance énergétique, et au moment où l'Iran pourrait devenir un rival terrifiant. Car s'il se réconciliait avec la communauté internationale, l'Iran redeviendrait fréquentable, et cela signerait le grand retour de son pétrole sur les marchés internationaux...

Cette inquiétude, elle est aussi exprimée par Novaia Gazeta. Selon ce quotidien russe, la Russie ne serait en fait qu'un "quasi" état, le plus grand débris de la comète URSS. Que Poutine cherche à devenir le président éternel du pays importe peu, le fait est qu'il risque d'être le dernier si le gouvernement ne dessine pas à la Russie sa place dans le monde moderne . Le journal pointe du doigt le cout extravagant des jeux olympiques de Sotchi, qui risquent d'être je cite ce que fut l'olympiade de 1980 pour l'union soviétique, le dernier festin d'un empire ...

22 ans après l'effondrement de l'URSS reprend Novaia Gazeta, « la Russie n'est pas un empire, ni un état nation, elle n'est ni une monarchie ni une république. Elle se prend pour un pole de la politique mondiale, mais n'entretient de relations qu'avec des états voyous pour ne former autour d'elle qu'un club de vassaux, tandis qu'en privé, son élite n'est tournée que vers l'occident pourtant proclamé ennemi de la Russie à l'intérieur du pays ». Sévère, très sévère, le journal fustige encore « un pays qui tombe en morceau, sans économie nationale et ou les habitants selon qu'ils soient de Moscou, Kaliningrad, ou du Caucase n'ont rien en commun qu'un même passeport. Il ne faut pas renforcer la nation conclut Novaia Gazeta, il faut la créer. »

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