LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

La victoire de François Hollande

5 min

Putain 30 ans !

Vous vous en souvenez sans doute, c'était l'expression fétiche de la marionnette du premier corrézien de coeur élu président de la République. Et bien depuis ce matin l'expression pourrait être peu ou prou la même dans la bouche de cet autre corrézien d'adoption lui aussi, et élu à son tour à la magistrature suprême.

30 ans ou plus exactement 31 ans d'ailleurs précise ce matin LE SOIR de Bruxelles. Putain 31 ans c'est en effet le temps qui se sera écoulé depuis la dernière fois donc où la gauche avait ravi à la droite la présidence de la République. Et comme en 1981, c'est à un président candidat à sa propre succession que François Hollande hier a donc arraché l'Elysée. Et comme il y a 31 ans, cette victoire de 2012 s'apparente elle aussi davantage à un rejet du sortant qu'au choix enthousiaste d'un homme neuf et chargé des espoirs positifs du peuple.

Photo de François Hollande
Photo de François Hollande Crédits : Radio France

Car reconnaissons le, François Hollande semblait a priori très loin du charisme qu'exige en France l'élection présidentielle, cette onction républicaine.

Trop rond, trop provincial, l'homme raillé de tous n'avait ni le charisme de l'ex patron du FMI, ni le lien charnel aux Français de son ex-compagne.

Il y a encore quelques semaines à peine on le surnommait «Le grand méchant mou», «La fraise des bois» ou bien encore «Monsieur Flamby». Mais ce qui compte désormais tranche le DAILY BEAST, c'est qu'il est devenu depuis hier «Monsieur le président».

A présent précise LE TEMPS de Genève , on voit en lui un «judoka», un «antihéros».

On loue sa solidité. François Hollande est devenu en somme «la nouvelle force tranquille» écrit toujours le quotidien helvétique. C'était d'ailleurs là son atout premier, avoir su se montrer finalement aussi pondéré que le trublion Sarkozy demeurait lui frénétique.

Le FINANCIAL TIMES ne dit pas autre chose. Si Hollande l'a emporté, ce n'est pas parce qu’il a su inspirer l’enthousiasme et le respect parmi les Français mais plutôt parce que Nicolas Sarkozy n’a pas su les conserver écrit le quotidien britannique avant d'ajouter : depuis quand un candidat à la présidentielle se lance-t-il dans la bataille en proclamant qu’il est tout ce qu’il y a de plus "normal" ?

Normal-Hollande succède à l'hyper Sarkozy c'est d'ailleurs le titre qu'a choisi pour sa part le site du journal allemand DIE WELT ce matin.Reste qu'à défaut de faire rêver les Français et bien François Hollande est donc parvenu à leur faire accepter l’idée qu’il pourrait en «président normal» incarner le «changement» dont ils avaient besoin. Le WASHINGTON POST voit même ce matin dans le nouveau président un «président accidentel». Manière de considérer sans doute que ce n’est ni le grand soir, ni le grand saut mais juste un changement. Changement d’homme, changement de style et changement de majorité.Le changement, le mot se retrouve d'ailleurs à la une ce matin de toute la presse : Paris change et l'Europe change titre notamment LA STAMPA de Turin. Une page se tourne renchérit son confrère de LA REPUBLICA . Un nouveau départ, peut-on lire également en une du GUARDIAN. Le quotidien britannique pour qui le candidat socialiste a pris le pouvoir en inversant la tendance d'une embardée droitière et xénophobe dans la politique européenne.

Mais attention, même si pour nombre de quotidiens à l'instar d'EL PAIS ce matin, la gauche européenne regnait en France, même si l'élection du candidat socialiste ouvre une nouvelle étape politique en France comme en Europe écrit le journal de centre gauche espagnol et bien d'autres se montrent beaucoup plus sceptiques. C'est le cas notamment de l'hebdomadaire DER SPIEGEL pour qui François Hollande ne peut que décevoir. Il faut dire que pour le vainqueur de la présidentielle, le temps est compté. Pas de répit pour François Hollande prévient notamment le journal autrichien KURIER, avant de préciser : il est surveillé de près par les marchés financiers hypernerveux et méfiants.Comment prendre le pouvoir et incarner les promesses de campagne dans une situation économique difficile en tenant compte des contraintes financières et européennes, et ce alors que la priorité est désormais d’emporter les élections législatives de la mi-juin.

Où réformer? Quand réformer? Comment réformer ?

Sur toutes ces questions François Hollande a manqué jusqu'à présent de pédagogie analyse LE TEMPS de Genève. Or le jour est arrivé où il faut payer l’addition de 37 années de déficits consécutifs, de rêves non financés et d’absurdités économiques.

François Hollande et sa future coalition parlementaire toujours réfractaire à ces conclusions seront-ils capables d’affronter cette échéance interroge encore le quotidien ?

Les prochaines semaines et les prochains mois le diront. Mais d'ores et déjà poursuit le journal, le contexte international et la crise financière qui rôdent toujours rendent un «état de grâce» très improbable. Et de conclure du changement d’homme, de style et de majorité, on glissera à court ou moyen terme vers un autre changement : celui d’une adaptation aux réalités et à la nécessité.Mais que va-t-il faire ?

Ayant reculé l’âge de la pension, pas question pour lui de prendre une retraite dorée aux côtés de ses prédécesseurs. Ni de se retrouver entre deux pépés égrenant le souvenir de leurs mauvais coups, les pieds dans des charentaises. Pour entendre Chirac lui répéter qu’il aurait mieux fait de voter comme lui, François Hollande dès le premier tour ? Non merci. Plutôt purger bébé ! Giulia. Voilà de quoi l’occuper pendant que Carla reprendra la route la guitare en bandoulière.

Mais langer bébé est-ce un vrai travail pour Nicolas Sarkozy ? Tel qu’on le connaît il lui faut deux, trois, dix boulots. Son slogan travailler plus pour gagner plus est destiné à ces électeurs.

Mais lui ce qu’il aime c’est travailler plus pour travailler plus... Alors un conseil écrit l’éditorialiste du SOIR : pourquoi ne viendrait-il pas en Belgique ? Après tout chez nous il se sentira comme un poisson dans l’eau, en compagnie de beaucoup de ses meilleurs amis fuyant les impôts républicains.

Sans compter que maintenant que notre loi admet la double nationalité, Sarkozy peut même devenir Belge et rêver à une carrière politique.

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......