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L'aide humanitaire entre urgentistes et partisans du long terme/ Histoire d'une transition réussie en Macédoine/ La Corée du sud innove pour lutter contre la prostitution!

5 min

Bonjour Raphael bonjour à tous « Puisque ce sont les vacances... j'ai envie de vous raconter une belle histoire... celle d'un groupe de jeunes de Washington qui semble avoir trouver le moyen de lutter contre les bordels cambodgiens »... c'est ainsi que commence l'article d'un reporter de l'International Herald Tribune ce matin... je suis tombé sur cette histoire par hasard alors que je trainait à Pailin dans l'ouest du Cambodge... j'ai passé ma tête dans une école au moment d'un cours d'anglais... et ce que j'ai vu ce sont des jeunes gens pieds nus... tapotant sur des ordinateurs... « Beaucoup de mes élèves ont des adresses e mail » explique leur professeur... « ils peuvent ainsi correspondre avec d'autres étudiants en anglais »... et particulièrement avec leurs bienfaiteurs! C'est que leur école a été financée à des milliers de kilomètres de là... via un projet scolaire d'une école de Washington lancé en 2003... Un bel exemple de solidarité... écrit le journaliste américain... mais pas seulement... c'est surtout un bon moyen de lutter contre la pauvreté et surtout contre l'exploitation des jeunes filles qui augmente de façon très inquiétante au Cambodge... et l'article nous emmène ainsi dans la maison de Kun Sokkea une jeune élève de l'école en question... elle habite un monde que peu de jeunes américains peuvent envisager... son père est mort du sida... et sa mère est en phase terminale... elle n'a jamais mis les pieds chez le dentiste et n'a qu'une seule chemise pour se vêtir et aller à l'école ... ses parents d'ailleurs ne sont jamais allé à l'école... tout comme la majorité des habitants de son village... et c'est ça qui les rend tous et toutes si vulnérables à l'exploitation... car qu'on se le dise... aucun investissement financier ne secoue autant la pauvreté que ceux qui vise à éduquer les femmes... sauf bien sûr que construire des écoles ne donne pas forcément des résultats immédiats... du type de résultats dont les donateurs occidentaux sont trop souvent demandeurs... Ces donateurs préfèrent des solutions plus radicales...explique l'Herald Tribune... il y a trois ans par exemple une campagne pour racheter les jeunes filles mineures esclaves des bordels cambodgiens avait ainsi été lancée... l'argent versée aux bordels... les filles étaient ensuite raccompagnées dans leur famille... effet immédiat, certes ! explique l'article... mais, à long terme, l'initiative est beaucoup moins probante... puisque 3 ans après une jeune fille sur deux est retombée aux mains de ses anciens ravisseurs... et les prix pour la capture et pour la libération de ces filles ont augmenté proportionnellement... alors bien sûr l'école n'empêchera pas forcément l'enlèvement de jeunes filles et leur vente aux bordels... continue le journaliste... il faudrait pour cela une meilleure application des lois... doublée d'une diminution de la corruption dans ce pays et aussi de vraies prises de positions diplomatiques de la part de la communauté internationale... mais sur le long terme on peut imaginer que des filles éduquées seront moins la proie des trafiquants et qu'elles seront mieux à même de trouver un emploi pour subvenir aux besoins de leurs familles... Dans le même temps conclut l'article... de telles opérations de partenariat entre des écoles américaines et cambodgiennes sont la meilleure manière de lutter contre l'ignorance des américains... car ça les poussent à apprendre les langues et surtout à mieux appréhender un monde qu'ils ne connaissent qu'à travers le prisme de la télévision américaine sauf qu'il y a du boulot ...semble dire le journal suisse le Temps qui se fait l'écho du petit jeu d'un autre journaliste américain Jeff Stein... qui a pris l'habitude de poser des questions bien précises aux responsables de la politique étrangère et des services secrets de son pays... par exemple " l'Iran est il sunnite ou chiite... et al quaida? et le hezbollah?... des questions qui suscitent toujours un très grand embarras... " a-t-on idée de poser pareilles question ... à 5 heure de l'après midi en plus!"... " c'est difficile pour un américain comme moi de comprendre pourquoi ces gens se massacrent les uns les autres dit un républicain... pour moi ils se ressemblent tous..." "al quaida? dit un parlementaire texan... euh ba ils sont chiites non? non répond le journaliste profondément sunnites.... et il rajoute... personne non plus n'a pu m'expliquer pourquoi Oussama Ben Laden entretient une telle haine vis à vis de la famille royale saoudienne pourtant l'un des principaux alliés des Etats Unis... Souvenez vous également du quizz du président Bush il y a quelques années ... il était incapable de donner le nom du premier ministre indien ou du président du Pakistan... comme 99% des américains ! avait alors justifié son porte parole... Conclusion écrit Jeff Stein... 4 ans après l'intervention en Irak les responsables américains ne savent à peut près rien de leur ennemis! une situation comparable au maccarthysme des années 50 explique le New Republic... sous prétexte de complicités communistes... tous les connaisseurs de l'Asie furent alors écartés des postes à responsabilité ce qui laissa l'Amérique démunie face à ses ennemis vietnamiens... de même aujourd'hui les experts du proche orient continuent d'être ignorés par l'administration bush conclut l'article... car à la connaissance on a préféré l'idéologie! Relance: autre belle histoire dans votre revue de presse celle d'une transition réussie en Macédoine C'est le Courrier des Balkans qui s'en fait l'écho C'est l'histoire d'une mine de fer à Tajmiste... qui a pollué la nature pendant 21 ans. Mais après avoir été un monument de l'investissement raté en Macédoine de l'ouest, cette mine est finalement devenue l'entreprise la plus rentable de la région. Aujourd'hui, c'est une holding.... et Ce que produit la « mine » ? .... De la nourriture bio ! Il y a exactement 16 ans, en novembre 1990, une ordonnance de l'équipe de gestion de Mines et sidérurgie - Skopje officialisait la fermeture de cette mine de fer de Tajmiste... C'était le début de la transition du socialisme au capitalisme en Macédoine. Transition qui a provoqué, et provoque encore, un grand nombre de faillites. Par manque de compétence, beaucoup d'usines ont ainsi fermé. Des parcs mécaniques entiers se sont transformés en ferraille. Les travailleurs ont été licenciés. mais à Tajmiste les ouvriers ont refusé la faillite "Nous avons décidé de commencer tout de suite à transformer l'entreprise... raconte l'un d'entre eux... Je ne me souviens plus si nous l'avons fait par courage ou par peur de l'avenir... Nous avons regardé la ferraille ... la galerie d'écoulement de 300 mètres de long et le tas formé par les rejets de la mine et nous nous sommes demandé : que faire de tout cela ? » et la réponse est venue aussi incongrue soit elle... une champignonnière dans la galerie d'eau de la mine de fer et aux alentours de l'ancienne galerie d'écoulement un bassin de pisciculture. "Si la mine était toujours active, ce bassin de pisciculture serait toujours un lac de recueil des eaux usées de la mine de fer explique l'ancien employé... mais grâce à la reconversion, la rivière et le village de Tajmiste sont protégés de la pollution. Maintenant, nous avons même notre recette ... sourit l'un des fondateurs... la truite aux champignons ! et de conclure : beaucoup de mineurs et d'ingénieurs ont ainsi pu retrouver du travail. Quand la mine a fermé, 450 travailleurs y étaient employés mais après quinze ans de transition, la holding Tajmiste compte 600 travailleurs et a d'autres idées de développement. Les citoyens de Tajmiste ne pensent plus à quitter le village.... une belle histoire de transition réussie! Et je termine avec une autre histoire cette fois qui vient du Korea Times en Corée du sud... et qui est peut être une solution pour lutter contre les maux de la prostitution dont je vous parlais au début de cette revue de presse le gouvernement sud coréen a décidé d'innover cette année... en offrant des cadeaux ou une prime pour les salariés qui s'engagent à boycotter les maisons de tolérance en cette période de fête et surtout pour la soirée de fin d'année comme c'est devenue la tradition... Des places de cinéma gratuites... une somme de 1000 dollars à l'entreprise qui aura réussi à faire participer ses employés à cette campagne... car chez nous explique le journal la culture d'entreprise encourage le personnel à se saouler (lors de ce genre de soirées) et rend acceptable pour le personnel masculin le fait de payer pour faire l'amour, c'est même une sorte de rituel de passage obligatoire pour pouvoir créer des liens au sein de l'entreprise" Bonne journée

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