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Le Japon se relance dans le nucléaire

5 min

Vue d'Europe l'évènement est proprement incroyable .souligne Daniel Fortin dans les Echos ce matin. Quatre ans seulement après la catastrophe nucléaire de Fukushima et en pleine commémoration des 70 ans d'Hiroshima, le Japon a remis en route, ce matin, une centrale atomique. Depuis deux ans plus aucun réacteur nucléaire ne tournait dans le pays rappelle le quotidien japonais ASAHI SHIMBUN. Une parenthèse qui s'est donc refermée ce matin avec la relance du réacteur numéro 1 de la centrale de Sendai, à 1000 km au sud ouest de Tokyo. Il faudra une douzaine d'heures pour qu'il atteigne sa température critique et quelques jours pour produire à pleine capacité."Une catastrophe comme Fukushima ne pourra pas se reproduire avec les nouvelles règles de sécurité, beaucoup plus strictes" assure le directeur de l'autorité nippone de régulation nucléaire dans l'heddomadaire japonais Japan Today. Le gouvernement conservateur de Shinzo Abe souhaite maintenant accélérer la remise en service des quarante-deux réacteurs du pays et ce malgré l'opposition de la population. Six personnes sur dix seraient contre un retour immédiat à l'énergie nucléaire selon un sondage cité par The Japan News . Le site internet rappelle qu'autour de la centrale de Fukushima, des zones irradiées sont toujours inhabitables et que 110000 personnes ne peuvent pas retourner chez elles

Alors à Sendai, où le réacteur vient de redémarrer; les habitants sont partagés entre anxiété et soulagement C'est le constat que fait le quotidien britannique The Guardian sur place." Personne ne nous a dit comment les enfants et les plus âgées seraient pris en charge en cas de problème" explique un des résident. Une enquête a montré que seulement deux des quatre-vingt-cinq centres médicaux du secteur avaient des plans d'évacuation adaptés alors même qu'un des volcans les plus actifs du pays le SAKURAJIMA, est à peine à 50 kms. Inquiétude donc mais aussi soulagement pour une région dont l'économie dépend en grande partie du nucléaire. Pendant la période d'arrêt, les hôtels, restaurants, et différentes entreprises de services ont enregistré une forte baisse du chiffre d'affaires constate The Guardian "Beaucoup d'emplois ici dépendent de la centrale, témoigne dans les colonnes du journal un entrepreneur de 27 ans en ajoutant : je suis sûr qu'ici chaque ouvrier ou maçon veut que le réacteur redémarre "

Et ce sont ces raisons économiques qui motivent le gouvernement japonais à remettre en service les installations nucléaires. Dans le pays, l'arrêt des centrales nucléaires, qui fournissait 30 % de l'électricité du pays avant Fukushima, a été compensé par des mesures d'économie d'énergie et un recours intensif aux centrales de gaz et au pétrole. Et "la conversion énergétique s'est révélée possible" constate le Temps. Le quotidien de Genève qui relève qu'elle n'a généré ni coupure de courant, ni imposition de restriction...mais elle a couté cher au Japon : importations d'hydrocarbures, surcoût pour les entreprises."A long terme un choix stratégique s'impose prévient le journal suisse. Les autorités nippones doivent décider si elles entendent débarasser le pays du nucléaire ou si elles veulent continuer à miser sur l'atome, avec les risques que cela représente." L'actuel gouvernement a choisi : ce sera la seconde option. L'objectif est que la part du nucléaire représente environ un quart de la consommation nippone d'énergie à l'horizon 2030, soit presque autant qu'à la veille de l'accident de Fukushima

Une décision du Japon motivée aussi par des raisons écologiques. Le recours aux énergies fossiles est incompatible avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Japon aurait alors du mal à tenir ses objectifs en la matière. Difficile à quelques mois de la conférence climatique COP 21 à Paris."Le meilleur allié de l'atome est devenu le rechauffement climatique lance Daniel Fortin dans les Echos . Le nucléaire et son principal atout : une électricté produite sans émission de CO2.Ce n'est pas un hasard si le centre de gravité de l'industrie nucléaire se déplace vers l'Inde ou la Chine, pays à la démographie galopante, explique l'éditorialiste. Les Echos ont répertorié soixante-sept réacteurs nucléaires en construction dans le monde dont vingt-quatre en Chine, neuf en Russie, six en Inde. Et même si le nucléaire n'est plus conçu comme la seule réponse au défi climatique, conclut Daniel Fortin le Japon, si meurtri, vient d'administrer au monde une leçon de réalisme.

Baisser le thermomètre mondial, il y a urgence alors que des pays traversent cet été des vagues de chaleur exceptionnelle. C'est le cas en Irak où le mercure passe régulièrement au delà des 50 degrés ces derniers tempset où les pannes d'électricité sont récurrentes. Des dizaines de milliers d'Irakiens sont descendus dans la rue la semaine dernière pour dénoncer cette situation. Pour y faire face rapporte le site d'actualité au Moyen orient, Al Monitor . Le pays a recours à des groupes électrogènes.Des appareils qui sont aussi devenus les symboles du manque de services de bases dont souffrent les irakiens raconte le site qui relate l'expérience d'Ali Hatem..un commerçant qui vit à 100 km au sud de Bagdad. Pour avoir de l'électricité il lui faut deux sources en plus de celle de l'Etat : son propre générateur, six heures par jour et celui de son voisin, dix heures par jour."Tout ça raconte Ali Hatem pour avoir dix ampères d'électricité et réussir à faire tourner mon réfrigérateur, mon air conditionné et ma télévision..."

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