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Le narrateur de l'Amérique ordinaire est mort!

5 min

c'est une voix disparue et pas toujours connue du public français qui occupe la presse étrangère aujourd'hui... "L'écrivain doit se rendre compte que la vie ordinaire... c'est ce que la plupart des gens vivent tous les jours et que les histoires fantastiques et aventureuses ne sont des échappatoires esthétiques... l'ordinaire et le banal est donc ce qui doit l'occuper avant tout... et c'est pourquoi j'ai tenté de narrer de la manière la plus intéressante possible la vie ordinaire et obscure de l'américain moyen! c'est le site de la BBC... qui propose d'entendre ce matin un entretien de radio 4 qui remonte à l'automne dernier avec John Updike... l'écrivain américain deux fois vainqueur du prix Pulitzer qui est mort hier des suites d'un cancer du poumon... il avait 76 ans alors à l'instar de la BBC ce matin tous les journaux européens reviennent sur la disparition de ce colosse de la littérature mondiale... comme le titre le dossier spécial d'el Pais en Espagne ce grand peintre de la petite Amérique... rajoute le Soir en Belgique ce chroniqueur prolifique lance la Repubblica en Italie cette machine à narrer l'Amérique dit el Périodico en Espagne ce premier écrivain de l'intimité dans l'après guerre américain... préfère le Guardian ce fin et mordant observateur de la société américaine... titre le temps en Suisse celui qui avait su avant tout le monde voir l'envers du décor du rêve américain... considère el Pais l'envers du décor... qui de mieux pour en parler que la presse américaine très abondante ce matin sur la mort de son écrivain... et particulièrement le New Yorker auquel collaborait l'écrivain et qui sort ce matin une édition en ligne spéciale "souvenez vous d'Updike"... où l'on peut lire des textes de ses amis de ses collaborateurs de ses lecteurs... « je ne l'ai jamais rencontré mais c'est un des héros de ma vie... écrit par exemple l'un d'entre eux... j'ai tout lu de lui et j'ai toujours attendu avec avidité chacun de ses écrits... roman nouvelle poésie essais ou chroniques ... j'ai été bien servi parce qu'il a écrit énormément près 60 livres et touché à toutes les formes d'écriture... d'ailleurs lorsque je l'ai découvert étudiant c'est sa prose son lyrisme extraordinnaire qui m'ont terrassé... son sens de l'humour bien sûr et sa manière de voir dans le détail des vérités universelles... alors il va me manquer c'est sûr, autant que me manquerait la montagne que je vois de ma fenêtre si elle était détruite par une catastrophe naturelle » « John Updike est un phénomène qui n'arrive qu'une fois dans une génération... peut on lire encore dans le New Yorker... l'intelligence des histoires qu'il a su raconter ont fait de moi quelqu'un de meilleur je crois... avec une voix interne urbaine, ouverte et claire, et surtout remplie d'espoir... » c'est donc un poids lourd de la littérature qui disparait ... résume le titre de Times Magazine... personne mieux que lui n'a su capter en mots... ces changements si subtiles de lumière qui caressent un détail dans l'humeur d'un personnage... la subtilité... un talent pas très à la mode dans notre Amérique d'aujourd'hui... une Amérique qui se détourne d'ailleurs trop souvent des livres... Updike lui même le regrettait... "quand j'étais petit me disait il un jour il y avait des livres partout même chez mon prof de piano... mais maintenant acheter un livre c'est le dernier recours... pas assez sensationnel sans doute... pourtant dans mes livres j'ai essayé de parler à l'Amérique"... et Times conclut... certains américains heureusement l'avaient bien compris mais Updike était loin de faire l'unanimité... rajoute l'International Herald Tribune... parmi les grands écrivains il avait de nombreux détracteurs... qui lui reprochaient de gâcher son immense talent d'écriture ... en mettant sa langue magnifique au service de rien... d'écrire pour des lecteurs ignorants... disait même Norman Mailer et puis il avait été taxé de mysogine et de raciste... rajoute le New York Times... voir de réactionnaire parce qu'il admettait aisément regretter l'Amérique de son enfance.... n'empêche...continue le très long article du quotidien américain... il avait su saisir les mystères de l'Amérique... avec des talents de peintres de journalistes de sociologue et bien sûr de poète puisqu'il maitrisaient absolument le sens de la métaphore... surtout il avait compris avant tout le monde cad dés 1960 que le coeur de l'Amérique c'est avant tout la classe moyenne... aussi ambiguëe soit elle Alors lisons ou relisons donc John Updike si nous voulons tenter de comprendre l'Amérique... lance la Repubblica qui reprend une idée omniprésente dans les nécros de la presse européenne ce matin... c'est vrai ouvrons nos oreilles pour entendre le rugissement du Lapin... renchérit la Stampa... avec un clin d'oeil à son oeuvre la plus connue... les 5 volets de la saga Rabbit démarré en 1960 et terminé en 1990 ... dans laquelle il raconte l'histoire d'un homme ordinaire ...... vieille gloire du basket qui tente désespérément de fuire la médiocrité le lapin est mort titre alors la Vanguardia... et pourtant la vérité qu'il soulevait est toujours là pour l'américain moyen à savoir le difficile équilibre entre les rêve et les efforts qu'il faut fournir pour arriver à les assouvir ... alors triste sombre Updike... d'une certaine manière écrit el pais... parce qu'il avait su décrire avec réalisme la vie au ras des pâquerette des américains... mais toujours avec douceur... et surtout avec humour l'humour conclut le Times c'est d'ailleurs une des qualités majeur d'Updike... car en poussant les portes des chambres à coucher américaines il a su mieux que personne fait rire et faire réfléchir sur la société puritaine de l'Amérique... il est ainsi un des précurseurs de la révolution sexuelle... et le Times s'en explique via les mots d'Updike lui même « dans une existence d'homme les trois choses les plus secrètes sont le sexe l'art et la religion » Bonne journée

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