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Le Niger coincé entre menace libyenne et Boko Haram

3 min

Le pays d'Afrique de l'Ouest est soumis à des poussées terroristes au Nord comme au Sud de son territoire.

Manifestation anti-Boko Haram à Niamey
Manifestation anti-Boko Haram à Niamey Crédits : Tagaza Djibo - Reuters

"Nous avons affaire à un ennemi dur au mal, qui ne raisonne pas comme nous et qui est décidé à combattre jusqu'à la mort. Il se confond avec les civils, nous tend des pièges, embrigade des enfants dans ses rangs." C'est un militaire français qui témoigne à Laurent Larcher, le grand reporter de La Croix dans le premier volet ce matin d'une série de reportages - à suivre demain - sur la guerre que mène la France contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne.

C'est l'opération Barkhane commencée le 1er août l'an dernier avec 3000 soldats français. Ils sont positionnés "dans un désert immense, plat, sans limite" raconte Laurent Larcher. A Madama, dans l'extrême nord du Niger, près du Tchad et de la frontière libyenne, les Français "occupent un fortin en pisé élevé par les tirailleurs et les goumiers de l'armée coloniale française en 1931." "C'était déjà pour surveiller la frontière libyenne. A l'époque, la France voulait contrer les velléités expansionnistes des Italiens occupant la Libye", explique un soldat français. "Et surveiller le trafic caravanier transsaharien. Le rectangle fortifié évoque Fort Saganne, le film d'Alain Corneau" raconte Laurent Larcher. "Les Français se donnent jusqu'au printemps pour construire une base militaire avec son terrain d'aviation, son hôpital de campagne, sa place d'armes, son eau et son électricité. [...] Tout indique que les militaires français sont là pour un moment. [...] Ils le savent. Pour eux, il n'y a d'autre solution que de poursuivre les djihadistes en Libye, "finir le travail" commencé en janvier 2013 au Mali. Ils ne le disent pas ouvertement. Mais, visiblement, ils s'y préparent."Voilà grâce à cet article une idée de ce à quoi ressemble le nord du Niger et quel est le défi pour ce pays confronté depuis la semaine dernière à une autre menace, au sud cette fois sur sa frontière avec le Nigéria : la secte Boko Haram. C'est à lire dans Libération sous la plume de Jean-Louis Le Touzet qui interviewe à Niamey ce chercheur en études arabes et islamiques, Moulaye Hassane. "Les prédicateurs qui pullulent dans le pays ont rempli le vide laissé par l'Etat. Etat qui depuis longtemps ne contrôle plus grand chose."

«Le Niger sera le tombeau de Boko Haram» Son Président Issoufou déclarait hier que "par la volonté d'Allah, [son pays] sera le tombeau de Boko Haram".Propos que l'on retrouve à la une du Sun, de l'autre côté de la frontière au Nigéria. Des propos tenus devant 35 000 personnes à Niamey pour soutenir cette lutte contre la secte islamiste. "Le Niger, qui ne doit son salut, faute de soldats aguerris, qu'à l'armée tchadienne" explique Libération.Les tchadiens et les camerounais, voilà dans la région les deux seuls pays contributeurs de soldats réellement formés et équipés au sein de cette "nouvelle force multinationale lancée au début du mois et qui doit compter prochainement 8700 hommes", reportage photo de Noël Quidu et texte de Patrick Forestier à découvrir dans le numéro de Paris Match cette semaine.Cette alliance de 5 pays de la région ne semble pas inquiéter le leader de la secte Abubakar Shekau qui publie hier une nouvelle vidéo. Le quotidien nigérian Sun rapporte ses propos : "Votre alliance n'arrivera à rien. Réunissez vos armes et affrontez-nous. Nous vous accueillerons." The News, l'hebdomadaire du Nigéria, précise que pour la première fois cette vidéo a circulé via Twitter et non par DVD transmis à des journalistes.

Changement de moyen de communication pour l'organisation mais même objectif - à court terme - empêcher la tenue des élections présidentielle et législatives au Nigéria. Elles devaient se tenir le week-end dernier, elles ont été repoussées de six semaines au 28 mars.

par Ludovic Piedtenu

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