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Le pire de l'Europe ou la fin du conte de fées.

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Y a-t-il un défi plus grand encore pour l’Europe, que la Grèce et la crise financière ?
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Migrants walk along the railway as they are about to cross the border from Greece into Macedonia. Crédits : Alexandros Avramidis

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Réponse : l'immigration et l'afflux de plus en plus massif de réfugiés. Débordées par la vague migratoire, écrit notamment le quotidien serbe POLITIKA, la Macédoine, qui avait tenté de bloquer sa frontière avec la Grèce a finalement renoncé, samedi soir, à empêcher les migrants de passer. Et c'est ainsi que des milliers de personnes ont pu entamer la traversée de la Macédoine, pour rejoindre la Serbie, dernier pays avant la Hongrie et donc l'Union européenne. D'où ce titre, presque menaçant à la Une de la FRANKFÜRTER ALLGEMEINE ZEITUNG, des milliers de réfugiés sont sur le chemin pour atteindre l'Europe.

Toujours ce week-end, les garde-côtes italiens, cette fois-ci, ont eux annoncé avoir sauvé quelques 4400 migrants en mer Méditerranée pour la seule journée de samedi. Et encore 300 supplémentaires hier. Au total, 22 bateaux, canots pneumatiques ou navires de pêche, tous surchargés.

Evidemment, avec des scènes chaotiques comme celles de ce week-end, les réactions sont aujourd'hui aussi violentes que contradictoires. Quand certains se démènent pour justifier la nécessité de se barricader, d’autres au contraire dénoncent l’attitude de leur pays, en contradiction, disent-ils, avec cette culture de l’accueil brandie généralement avec fierté. C'est le cas, en particulier, du chef de la diplomatie italienne, lequel a déclaré dans une interview publiée par le quotidien Il MESSAGGERO que face à cette crise, l'Europe risquait de montrer le pire d'elle-même. Et puis même analyse en Allemagne, où dans une interview diffusée sur la chaîne publique ARD, le vice chancelier reproche à son tour à l'Europe d'être, dit-il, dans un sommeil profond.

L'Allemagne, où de nouveaux incidents ont eu lieu samedi soir entre des policiers et des militants d'extrême droite hostiles aux migrants.
Les actes de violence devant des foyers de réfugiés se sont multipliés ce week-end en Saxe. A l'appel du parti néo-nazi NPD, environ un millier de personnes ont manifesté vendredi près de Dresde, contre l'arrivée prévue de centaines de demandeurs d'asile. Et même si depuis hier la situation semble s'être calmée, précise THE NEW YORK TIMES, la tension apparue ce week-end illustre pleinement les difficultés auxquelles sont aujourd’hui confrontées les autorités allemandes pour absorber cet afflux de réfugiés. Plus de 80 000 personnes le mois dernier et probablement 800.000 au total d’ici la fin de l’année, soit près du double de ce qui avait été estimé.

Certains journaux, tentent de nuancer ces chiffres. Quand la TAZ fait le décompte et conclut : 750.000 réfugiés pour plus de 80 millions d'habitants, cela fait un réfugié pour 107 habitants, cela devrait être faisable, son confrère de la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG rappelle, pour sa part, que l'Allemagne ne doit avoir peur ni de ce chiffre, ni des personnes qui y sont rattachées, avant de préciser : Certes, cela coûtera de l'argent, mais cela en vaut la peine, car un tiers des réfugiés sont des enfants et des adolescents, une chance, autrement-dit, pour notre pays vieillissant.

Quant à la fondation Bertelsmann, elle publie une étude reprise dans les colonnes de DIE TAGESZEITUNG, étude consacrée aux habitants ayant le statut d'étranger : ils paient 3.300 euros de plus en impôts et cotisations sociales par an et par personne qu'ils ne touchent d'aides de l'Etat. Il n'y a donc pas péril en la demeure, conclut le journal. Au contraire, on devrait plutôt s'efforcer d'intégrer les réfugiés le plus rapidement possible, dit-il, et tout le monde y gagnera.

Reste, évidemment les vieilles peurs ancestrales.
La crispation subjective et le déni sidéral qui frappe de plein fouet les consciences en Europe, déplore notamment LE TEMPS de Genève. Ou dit autrement, les événements migratoires qui frappent l’Europe depuis quelques mois appellent un urgent dépassement des idées reçues.

A ce titre, le site d'AL JAZZERA publie lui une tribune, reprise par le magasine SLATE, pour expliquer pourquoi son média se refusera dorénavant à utiliser le terme de «migrants», pour qualifier les réfugiés. Et pourquoi ? Parce que ce mot générique ne remplit plus, dit-il, son rôle. Loin de sa simple définition, telle qu'on peut la trouver dans le dictionnaire, c'est devenu un outil visant davantage à déshumaniser et nous mettre à distance. Ce n'est plus une personne comme vous et moi, avec ses propres pensées, une histoire et ses espoirs mais un migrant, c'est à dire, une nuisance, avec qui plus est cette forte connotation péjorative. En clair, parler de migrants plutôt que de réfugiés, laisse à penser que ceux-ci voyagent uniquement pour des motifs économiques, quand la vaste majorité d'entre eux fuient, en réalité, la guerre.

Le conte de fées est-il terminé ?
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A seaside "funfair" is seen behind a wall in Weston-super-Mare, southwest England Crédits : Suzanne Plunkett

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Une exposition devrait voir bientôt le jour en Angleterre, une version satirique du célèbre parc Disneyland. Un parc de déplaisir installé sur la côte sud-ouest du Royaume-Uni, une contre-utopie de Disneyland imaginé par le street-artist Banksy, écrit le site américain DAILY BEAST. Un parc d’attractions satirique, dont la structure ressemble à un château de Disney mais en un peu plus sinistre. Ici, on dirait que les matériaux ont été incendiés, rapporte notamment THE GUARDIAN repris par le site de Courrier International. Parmi les futurs attractions, on trouvera notamment une pêche aux canards recouverts de pétrole, mais aussi des bateaux radiocommandés remplis de migrants. Banksy espère lui que les gens viendront nombreux dans une flaque d’eau boueuse, manger des chips froides au son des enfants en pleurs. Le monde, dit-il, marche comme un somnambule vers une catastrophe, avant d'ajouter : il ne s’agit pas d’un de ces mondes merveilleux tout droit venu d’Hollywood. Non, on n’avait pas les moyens de faire ça. Le conte de fées est terminé.

Par Thomas CLUZEL

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