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Le pouvoir de dire Non

6 min

par cécile de Kervasdoué

Nous avons tous le pouvoir de dire non

C’est sur cette idée qu'une journaliste du Gardian britannique choisit de clore un reportage édifiant sur ce que plus personne n'ignore en Europe :

les salades que vous mangez actuellement sont pour la plupart le fruit du travail de dizaines de milliers de travailleurs clandestins qui vivent dans des conditions inacceptables, proche de l’esclavage. Des baraquements, sans eaux, sans électricité, parfois sans même un matelas pour dormir... pour 40 euros par jours (enfin quand ils sont payés) ils passent plus de 12 heures dans des serres à légumes et à fruits, au sud de l'Espagne sur la Costa del sol... là, vous savez, où vont se faire dorer tant de touristes blancs !

L'industrie des fruits et légumes rapporte près de 2 milliards d'euros par an à la Costa del sol... et pourtant cet argent ne rétribue pas la plupart des travailleurs... sans papiers, sans argent parfois parlant mal la langue, ces hommes pour la plupart sont la proie de tous les trafics et de tous les abus... particulièrement depuis la crise écrit le Guardian... dans un pays rongé par le chômage ...de nombreux espagnols retournent maintenant vers les travaux agricoles… et c'est là le scandale levé par le Guardian

le gouvernement espagnol s'est donc mis à déplacer ces populations de clandestins vers des zones où il leur promet plus de travail... seulement le travail est rarement au rendez vous et s'il y en a, le salaire est largement au dessous du minimum légal...voilà la collusion directement établie écrit le Guardian...les autorités espagnoles participent donc en toute connaissance de cause à ce trafic d'êtres humains au sud de l'Espagne... sollicité par le journal termine l'article... le ministère de l'intérieur du gouvernement Zapatero a d'ailleurs refusé de répondre à nos questions

Assez de cette république d'impunité... c'est le cri lancé ce matin encore non par la presse espagnole mais par la presse italienne...

Il semble que la conscience des italiens soit en train de se réveiller écrit sur sa Une il Fatto quotidiano, le journal d'opposition à Berlusconi ... le détonateur c'est le cas Ruby... du nom de cette jeune femme qui comme des dizaines d'autres est logée, payée, entretenue depuis des années par Silvio Berlusconi afin de le satisfaire lors de ses orgies sexuelles...

Ce n'est ni plus ni moins que du proxénétisme au plus haut niveau de l'état écrit il Fatto... et l'on comprend que d'autres manifestations soient prévues dimanche prochain dans toute l'Italie pour demander la démission du président du conseil

l'Italie se réveille et elle le clame en affichant ces mots sur les statues de tout le pays : plus personne ne dort... assez … écrit la Stampa. Est ce l'effet tsunami des révoltes du monde arabe ? L'idée est séduisante dit le quotidien italien mais pas vraiment convaincante

et non répond la Repubblica... parce que la machine de Berlusconi est très bien huilée ... l'affaire fait scandale oui... particulièrement depuis que les jeunes filles parfois des mineures ne reçoivent plus leur salaire et se mettent donc à parler à la presse...

L'Italie s'enfonce dans les scandales sexuels... titre carrément le magazine jeune Afrique et l'étau judiciaire est sur le point de se refermer sur Sylvio Berlusconi

et non répond encore la Repubblica parce que la bataille judiciaire qui s'engage est une course contre la montre que le premier risque de remporter

et puis lance cynique le quotidien italien de gauche, un scandale en chasse un autre...

L’Italie est déjà secouée par une autre affaire... une autre affaire dont sont victimes ces invisibles de Rome... titre le quotidien italien

et la Vanguardia en Espagne s'indigne sous une photo montrant en gros plan le visage d'une mère hurlante

un incendie accidentel a tué 4 enfants d'origine tzigane hier... brûlés vif dans leur baraquement parce que les pompiers n'ont pas pu arriver à temps

voilà porté aux yeux de tout le pays le destin de ces hommes et de ces femmes qui vivent juste à côté de nous et que nous regardons comme s'ils n'étaient pas humain

Alors il est temps de dire non... lance el Pais en Espagne... qui publie cette colonne d'André Glucksman... nous assistons peut être à la fin de la fatalité... comme lorsque Kant a applaudi la révolution française, nous accueillons ce qui se passe dans le monde arabe avec une sympathie proche de l'enthousiasme

mais c'est insuffisant... il faut plus que de l'enthousiasme pour changer les choses... écrit de son côté l'International Herald Tribune qui se fait l'écho de la lutte de l'auteur des « monologues du vagin » qui tente de renverser l'idée que le Congo ne peut rien faire contre le mal qui le ronge : celui des viols collectifs... mais eve Ensler a la solution et elle a commencé à mettre en place : « Il faut créer une armée de femmes et il faut les mettre au pouvoir pour réellement changer les problèmes de violence sexuelles dans ce pays et ailleurs «

Mettre des femmes au pouvoir pour entendre leurs conditions et leurs perspectives... tiens c'est une idée qui revient dans la presse allemande ces jours ci alors que la presse suédoise est remplie de point de vue de femmes depuis des mois.... ou plutôt depuis l'affaire Assange poursuivi pour viol en Suède.

c'est un article du Monde d'aujourd'hui qui s'en fait l'écho

Devant la levée de boucliers unanime dans la presse européenne qui veut faire du fondateur de Wikileaks une victime du système judiciaire suédois ; de nombreuses suédoises posent cette question

Où commence le viol?

Que se passe t il lorsque l'un des partenaires n'a pas le pouvoir de dire non; parce que trop impressionné, trop saoul trop fatigué...

Voilà la « zone grise » qui interroge toute la presse suédoise depuis des semaines. Des journalistes font leur coming out; racontant comment elles ont été victimes de relations sexuelles non consenties durant leur sommeil par exemple. N'y a t il pas une différence entre l'envie et le consentement? Disent elles. Sans doute est-il temps de remettre en question l'adage: qui ne dit mot consent… temps de s'interroger finalement sur le pouvoir de dire Non!

Bonne journée

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