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Le Secret Service incapable de protéger Obama ?

4 min

Par Marine de La Moissonnière

"La Maison-Blanche est censée être un des endroits les mieux protégés au monde ", écrit La Presse. Et pourtant à en croire le journal canadien, c'est une passoire.

La semaine dernière, un ancien combattant, souffrant de stress post-traumatique, a tout simplement sauté par-dessus la clôture de sécurité. Puis il a piqué un sprint pour échapper aux agents, raconte La Presse, et il a réussi à entrer dans La Maison-Blanche où il a enfin été maîtrisé. Il portait sur lui un couteau.

La cerise sur le gâteau, estime Le Vif, hebdomadaire belge, c'est que le Secret Service a menti dans un premier temps affirmant que l'intrus n'était pas allé plus loin que les grilles. Mensonge révélé par le Washington Post .

Auditionnée par la chambre des représentants avant-hier, la directrice du Secret Service, Julia Pierson a reconnu que de très nombreuses erreurs avaient été commises. Portes pas fermées à clef, chien d'attaque pas lâché, une alarme que personne n'entend car le son a été baissé, des agents trop lents à réagir... L’audition de Julia Pierson a été désastreuse. Elle a reconnu un autre scandale. C'était mi-septembre, à Atlanta. Le président a pris l'ascenseur avec un vigile armé alors que seule sa garde rapprochée a le droit de porter des armes.

Ces deux affaires viennent grossir une liste déjà longue que détaille La Presse .

En novembre 2009, un couple qui n'avait pas de carton d'invitation, participe à un dîner officiel en l'honneur du Premier ministre indien. Ils s'en vantent ensuite sur leur page Facebook, photos d'eux à l'appui tout sourire en compagnie du vice-président Joe Biden.

En novembre 2011 maintenant, un homme tire à la Kalachnikov, sur les appartements du président américain. Il se trouvait dans une voiture garée à 700 m de la Maison Blanche, dans une rue en principe interdite, précise la Libre Belgique. Dégâts matériels, mais pas de victimes. Le Secret Service pense alors qu'il s'agit d'un règlement de compte entre gangs rivaux. Le président américain n'est prévenu de cette tentative d'attentat que quelques jours plus tard.

Et puis il y a également les fois où les hommes chargés de protéger Barack Obama se sont illustrés en dehors des Etats-Unis, rappelle La Presse. Prostituées en Colombie en 2012, nuit d'ivresse aux Pays-Bas en mai dernier.

Julia Pierson avait été engagée en 2013 justement pour redorer le blason du Secret Service, rapporte Le Vif . Elle a échoué. Elle a perdu la confiance de Barack Obama, souligne le Los Angeles Times. Elle a donc démissionné hier. Un audit de tout le service va être fait. Républicains et démocrates réclament la fin de la culture du secret dans ce service qui fonctionne en autarcie, précise le quotidien.

"Barack Obama reconnaît enfin ce qu'il avait nié pendant longtemps , écrit le Washington Post. Que cette police "chargée de le protéger a du mal à remplir sa mission. "

Le mal vient de la hiérarchie, explique le journal américain. Le turn-over est très élevé dans cette agence. Les policiers racontent qu'ils en ont marre d'être rabaissés par leurs chefs et d'être souvent forcés à travailler pendant leurs jours de congés. Et le Washington Post de poursuivre : "Certains agents qui ont juré de prendre une balle pour protéger le président et sa famille, n'ont pas confiance en la sagesse et les ordres de la plupart de leurs dirigeants. "

C'est maintenant Joseph Clancy, un ancien du Secret Service, qui va prendre temporairement la place de Julia Pierson. "C'est un bon début ", estime un agent Dan Emmet dans les colonnes du Washington Post . "Mais c'est tout l'encadrement qu'il faut changer. Sinon cela ne servira à rien. "

Pour le Washington Post , c'est le fonctionnement général du Secret Service qu'il faut revoir. Julia Pierson aurait dû le faire alors qu'elle était en poste. Au contraire, elle n'a fait qu'accentuer ces problèmes systémiques, révèle le quotidien américain. Elle n'a cessé de couper dans les effectifs ne tenant pas compte des avis de ses collègues. Elle est même devenue la risée de certains agents, raconte le Washington Post , pour ne pas avoir écouté les mises en garde de ses équipes et avoir cédé au personnel de la Maison-Blanche qui demandait un dispositif de sécurité moins lourd. "

Toujours moins d'agents, moins de barrières de sécurité, moins de rues fermées, comme lors du Sommet Etats-Unis-Afrique cet été. "Nous devons ressembler davantage à DisneyWorld , aurait dit Julia Pierson. Nous devons être plus conviviaux, plus accueillants. " Elle ne s'attendait sans doute pas à ce que même les déséquilibrés se sentent les bienvenus à la Maison-Blanche.

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