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Le visage humain des révolutions arabes.

6 min

par cécile de Kervasdoué

« Il y a la politique... les débats... l'idéologie... et puis il y a le visage humain de ces idées de ces discours »

écrit ce matin l'Herald Sun en Australie alors que l'International Herald Tribune américain rajoute

et en l'occurence... faire de beaux discours est bien plus facile que de faire la paix

Vous l’entendez, des deux côtés du monde la presse s'interroge ce matin sur le coût humain de la politique

en Australie... ce qui fait écrire c'est cette révolte impromptue et violente de plus de 100 immigrés clandestins retenus dans un centre de rétention... depuis hier soir, les demandeurs d'asile ont incendié neuf bâtiments de leur centre dans la banlieue de Sydney pour exiger que leurs demandes soient prises en compte par une administration jugée trop lente... depuis des mois, ces gens venus d'Afghanistan ou du Sri Lanka par bateau et au péril de leur vie attendent dans leur centre, ils attendent la liberté... un homme à bout de patience s'est suicidé le mois dernier... et c'est ce qui semble avoir motivé cette révolte ultra violente écrit le quotidien australien qui se surtout fait le porte voix de l’incompréhension des autorités... « ces gens se comportent comme des criminels, nous ne pouvons négocier dans la violence... ça n'aide en rien leurs revendications »... des revendications que le journal d'ailleurs, ne développe pas précisant simplement que le nombre de clandestins arrivés par bateau l'année dernière en Australie n'a jamais été aussi élevé... près de 7000 personnes

Ça n'est rien comparé à chez nous clame la Repubblica qui rappelle les chiffres... 29 000 personnes seraient arrivées sur les côtes italiennes depuis le début du printemps arabe au mois de janvier dernier

et son confrère de l'Espresso se plait à publier un reportage avec ces immigrés clandestins... depuis la Tunisie jusqu'au sésame envisagé : la France... Voilà des histoires de rêves, d'envie de vie meilleure, de femmes enceintes portant ce rêve là sur des embarcation, douteuses et sans un sous... et très loin de ces histoires d'hommes et de femmes, des histoire, de politicards, de faux semblants, de manoeuvres électorales autour de mots plus politiquement correct que racisme ou étrangers ...

et c’est Haaretz en Israël qui développe cette idée… le débat sur l’intégration a toujours les même fondements : le racisme, la peur de l’autre… seulement ces mots sont gênant alors avec le temps on les a policés et compliqués… aujourd’hui on parle de culture, d'identité, des frontières de l'espace Schengen et bien sûr de la crise économique... d'où ce titre de l’Espresso italien... mais pourquoi Sarkozy est il si méchant?...

et c'est le quotidien en Tunisie qui veut répondre... la vraie question n'est pas là... la vraie question n’a rien à voir avec ces politiques français… la vraie question c'est le visage de l'immigration clandestine: les tunisiens de Vintimille qui racontent l'enfer à la une du journal... c'est l'histoire de Zied qui avait réussi lui, à passer en France, vaincu l'enfer de Lampedusa, la galère des trains jusqu'à Vintimille et à rejoindre son père à Paris... seulement quand il a entendu que l'Italie distribuait des permis de séjour, il a repassé la frontière, l'occasion d'être régularisé était inespérée

La suite de l’histoire est désormais connue. Paris refuse de reconnaître les titres de séjour italiens comme des laissez-passer pour l’espace Schengen, et donc pour la France. La mort dans l’âme, Zied a donc retrouvé ses compagnons d’infortune à Vintimille. Ceux-là mêmes qui, par un soir glacial de janvier, ont pris la mer à Tabarka, dans le Nord de la Tunisie. Une vieille barque comme seul salut, sur laquelle ils se sont entassés à quatre-vingts. «Il fallait fuir», raconte Zied. «Il n’y a pas de travail, et surtout, c’est dangereux.» Depuis la chute de Ben Ali, tous racontent l’insécurité, les règlements de comptes, la violence qui ensanglante les rues du pays. Zied explique qu’il a perdu sa mère au début de l’année. Une balle perdue. «Je dois gagner de l’argent pour faire vivre mes sœurs restées au village», explique-t-il. . Un rêve à 1000 euros. Toute une vie d’économies.

Un autre raconte encore «Lampedusa, c’était l’enfer» ... . «Après la première nuit de voyage, l’eau a commencé à entrer dans le fond», «On a passé le reste du voyage à vider l’eau avec une bouteille», se souvient-il. Il Terrifiant. Ils décident d’appeler la police italienne, qui vient à leur secours. Ils pensent alors que leur calvaire touche à sa fin. «Mais Lampedusa, c’était l’enfer», raconte Karim, qui vient de se joindre à la conversation. Le centre d’accueil des migrants est surpeuplé. Les conditions sanitaires sont déplorables. Et puis c’est la dernière ligne droite. Une ascension stoppée net ici, à Vintimille, aux portes de la France. Leur dernière frontière.

là raconte encore le Quotidien... la balle passe dans le camp de la mafia qui pour 200 euros propose de faire passer les passagers en France... mais ils sont peu de candidats trop cher ! Remarque la police française aussi nous demande de l'argent pour passer la frontière ! dit encore cet autre, le tarif, 62 euros!

Ça vous fait rêver ce genre d'équipée... s'énerve le Temps en Tunisie qui démonte ce matin « une certaine idée de la France »... comme l'a dit Rocard cité aujourd'hui plus qu'hier... la France ne peu pas accueillir toute la misère du monde... alors les tunisiens sont priés de rester chez eux et de crever la dalle sans déranger personne, merci!

et il n y' a pas que la presse tunisienne qui s'énerve. La presse algérienne s'en donne à coeur joie ce matin sur paris qui veut réduire la liste des métiers ouverts aux immigrés... écrit el Watan qui raconte que la question des clandestins de Lampedusa est montée en épingle par Rome et par Paris... avec une sur dramatisation et une mise en scène totale... bien trop loin des vraies questions qu'elle pose

et la question qu'elle pose écrit Echorouk en Algérie... c'est non seulement l'intégration des musulmans de France de plus en plus attaqués en 2010... mais surtout... une démocratie vaut elle par l'exclusion? Peut-on donner d'une main et reprendre de l'autre? Faire état d'intervention humanitaire en Lybie, par exemple, d'un côté, et fermer ses frontières de l'autre?

et d'ailleurs interroge de nombreux journaux étrangers : que va faire la France notamment des civils qu'elle déplace du conflit libyen dans de larges convois d'évacuation humanitaire? Les accueillir sur son territoire ?

ah mais ça, c'est la politique de soutien démocratique à la carte écrit le Soir en Algérie

Alors écrit le Financial Times, les va t en guerre français et italiens feraient bien de faire attention à leur discours à deux poids deux mesures ... car il y a des lignes à ne pas franchir martèle la BBC en citant une responsable de l'ONU... alors que les civils de Misurata vivent un enfer depuis un mois et demi... l'aide internationale doit se montrer la plus impartiale possible au risque de décrédibiliser les insurgés libyens...

c'est toute la difficulté d'action face à un pays qui se déchiré termine l'Orient le Jour au Liban qui se plait à afficher ce titre sur sa une: "arrêt sur image"... et cette image des révolutions arabes est double aujourd'hui ... loin des propos dithyrambiques d'un Barak Obama sur l'histoire en marche dans le monde arabe... aujourd'hui elle traine la patte, l'histoire, et elle s'enlise dans une double réalité très humaine celle ci... une double douleur: celle des immigrés clandestins refoulés des côtes européennes et celle des civils massacrés à Misrata en Libye

Alors que très loin de cette réalité là... conclut le site d'al Arabya la géopolitique du Moyen Orient ne change pas…elle conserve tout son mystère, tous ses clairs obscures, faits de contrats pétroliers, de luttes d’intérêts et de pouvoir et de petits arrangements politiques!

Bonne journée

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