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L'Ecosse, source d'inspiration pour le Québec

4 min

Par Marine de La Moissonnière

De nombreux pays suivent de près ce qui se passe en Ecosse. Des Gallois, des Catalans et des Québécois notamment sont depuis quelques jours à Edimbourg, raconte l'envoyé spécial de la Gazette de Montréal. Ils sont venus apporter leur soutien à leurs cousins écossais. Mercredi soir, les Québécois ont même fait du porte-à-porte en faveur du oui. Une tournée des popotes qu'a suivie la Gazette de Montréal . Cela s'est terminé en chansons, rapporte le journaliste, les Québécois entonnant leur propre hymne. Bonne humeur et bonne ambiance donc !

Pourtant, le mouvement indépendantiste québécois n'est pas au mieux de sa forme. "La confiance des souverainistes a été brisée par les élections d'avril dernier , analyse la Gazette de Montréal. Ils ont enregistré leur pire score en 44 ans. Et aujourd'hui, ils se demandent s'il vaut mieux qu'ils promettent tout de suite de ne pas convoquer un autre référendum ou qu'ils attendent un an et les prochaines élections générales. "

Des raisons d'espérer, c'est donc ce que sont venus chercher en Ecosse les indépendantistes québécois

Ils sont aussi venus apprendre. Le réseau Québec Monde a ainsi proposé un séjour tout compris pour aller observer ce qui se passe outre-Atlantique. Dix jours de "tourisme politique" avec un slogan : "Attache ton kilt. On débarque ! " Et déjà, au bout d'une semaine sur place, des leçons apprises. Selon sa présidente, Catherine Fournier, 22 ans, la campagne pour le Oui a réussi à s'adresser à tous les Ecossais, quelles que soient leurs origines, y compris aux minorités.

Alex Salmond et ses troupes ont aussi déjoué les arguments de la peur brandis par les tenants du non, assure au Journal de Montréal, le député Alexandre Cloutier, envoyé sur place par le Parti Québécois. "Ils ont adopté une approche très méthodique et précise. Ils ont produit un livre blanc de 670 pages dans lequel ils répondent aux objections du camp du Non. Ils ont poussé l’audace jusqu’à déposer un projet de constitution avec une date précise de déclaration de l’indépendance ", énumère l’ex-ministre qui n'en revient pas que les indépendantistes écossais aient réussi à gagner tant de terrain en si peu de temps. Il ne cache pas son admiration dans les colonnes du Journal de Montréal . Il promet de se mettre au travail dès son retour au Québec. "Il faut être capable de répondre aux questions avec une précision quasi chirurgicale au sujet de la monnaie, la frontière, les échanges avec le Canada ", conclut-il.

Précision encore côté écossais dans la question posée au référendum, souligne le quotidien canadien Le Devoir. "L’Écosse devrait-elle être un pays indépendant ? " La question est claire et contraste avec les 38 mots de la question québécoise.

Et puis "indépendant", c'est bien mieux que "souverain", estime Bernard Landry, l'un des acteurs du référendum de 95.

Les Ecossais, eux aussi, s'intéressent aux Québécois qui ont déjà perdu deux référendums mais pour savoir ce qu'ils ne doivent pas faire, ironise la Gazette de Montréal .

Ce n'est pas tout à fait vrai, répond pour sa part le quotidien britannique, The Telegraph. Daniel Turp, ancien député du Parti Québécois, figure majeure de la campagne pour le Oui en 95, est venu apporter son expertise aux leaders du Parti national écossais. "Cette fin de campagne a un air de déjà-vu ", explique l'homme politique. Les promesses de plus d'autonomie, les attaques sur les conséquences économiques de l'indépendance, "tout cela, Ottawa nous l'a fait à l'époque ", a expliqué Daniel Turp à Alex Salmond. Il lui a surtout conseillé de faire une campagne positive et de laisser les arguments négatifs à l'autre camp.

Autre point mis en avant par Daniel Turp, la possibilité d'organiser un nouveau référendum si le Non l'emportait aujourd'hui, le fameux "neverendum" canadien. "C'est un droit que de choisir son avenir. Vous ne pouvez pas dire aux gens qu'ils n'auront cette chance qu'une seule fois ", assure le politicien.

Et là, tempère The Telegraph, on sent bien que Daniel Turp parle surtout de ses propres rêves pour le Québec. Il espère qu'un Oui Ecossais - ou même un petit Non - donnera un nouveau souffle au mouvement indépendantiste.

Pour la Gazette de Montréal , pour les Québécois, le Non serait plus utile que le Oui qui ne les aiderait pas à long terme. Pour l'Ecosse débuterait alors une longue période de négociations qui seront compliquées, prédit le journal. Le Québec se rendrait compte que devenir indépendant, ce n'est pas si simple que cela.

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