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Lendemains de manifestation d'humeur populaire au Niger : climat délétère à Niamey.

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La Revue de Presse par Mathieu Laurent.La marche citoyenne des Organisations de la Société Civile nigérienne,qui répondaient à l'appel de 38 associations locales s’est enfin déroulée ,ce samedi dans la liesse et la fierté.Finalement, toutes les appréhensions quant à une démobilisation totale de la population de Niamey et ses environs, ont été battues en brèche. La marche fut une grande retrouvaille des acteurs sociaux,ce qui illustre la forte mobilisation ,une belle réussite.Satisfecit massif sur le site Tamtaminfos.L'un de ses contributeurs, Moustapha Kadi Oumani dresse la liste(nourrie ) des doléances ,qui ont aimanté les foules (20 000 personnes dans les rues de Niamey).Non aux coupures intempestives et interminables de l’eau et de l’électricité, non à la concession des magasins sous Douanes, instrument de souveraineté, accordé au Groupe Français Bolloré dont la conséquence à court terme sera la hausse significative des prix des denrées alimentaires. Non au refus du Gouvernement de réduire les prix des hydrocarbures, non à la gestion chaotique de la méningite qui enregistre un total de 8.259 cas dont 546 décès du 1er janvier au 1er juin 2015.Non à l’augmentation du nombre des Députés à l’Assemblée Nationale de 113 à 171.Non aux entraves à la liberté de presse, non aux violations des droits de l’Homme, non aux intimidations, non au dévoiement du cadre démocratique, non à l’abandon de la souveraineté nationale, non à la présence des forces d’occupation étrangères sur notre sol, non au bradage des ressources nationales du sous-sol, non à la pensée unique et au terrorisme intellectuel,non à la mauvaise gouvernance et à la violation régulière et délibérée de la Constitution de la 7ème République.Le Site de Jeune Afrique avait pris soin de solliciter ,avant la marche de samedi l'un de ses instigateurs Moussa Tchangari :" c'est un raz le bol général et les maux que nous dénonçons sont nombreux " Et un autre initiateur de la marche, Djibril Abarchi président de l'association des droits de l'homme d'ajouter "Les libertés nous paraissent étouffées ."Le Site de la Nouvelle Tribune à Niamey ouvre un court article en alignant les principaux slogans de la manifestation :" A Bas Areva " "A Bas Bolloré" " Le Pays va mal" et le site évoque une "manifestation d'humeur populaire"Une question posée cette fois par notre confrère du journal Burkinabé " Le Pays " , Amadou Gadiaga " Mahamadou Issoufou saura-t-il gérer la cocotte-minut ?" Amadou Gadiaga commente de la sorte la posture du pouvoir nigérien : le pouvoir a eu cette trouvaille pour mieux faire avaler cette couleuvre : museler la société civile sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme et Boko Haram.C'est en application de ce "Patriot Act " à la nigérienne que les deux leaders de la société civile Nouhou Arzika et Moussa Tchangari ont été mis aux arrêts en mai dernier ,pour avoir critiqué les méthodes expéditives utilisées par les autorités de Niamey dans l'évacuation des réfugiés du Lac Tchad en prélude à la riposte contre Boko Haram .Mais de peur de faire de Arzika et de Tchangari des victimes expiatoires dans sa lutte contre le terrorisme et du fait de la pression exercée par les associations de défense des droits de l’Homme, le régime de Issoufou a été contraint au rétropédalage en octroyant la liberté, fût-elle provisoire, aux deux leaders d’opinion.Le site Niger express nous rappele à la faveur d'un entretien avec Moussa Tchangari , qu"'il a été arrêté précisément le 18 mai, le journaliste avait dans un premier temps été accusé de complicité avec une "entreprise terroriste", en l'occurrence Boko haram.Libéré dix jours plus tard, il reste inculpé d''atteinte à la défense nationale". Question du site Niger Express :"Dans une interview qu'il a donnée à RFI , Mohamed Bazzoum( ministre nigérien des affaires étrangères,ndlr) vous a accusé d'appartenir à un parti d'opposition,sans préciser lequel.Il vous a également reproché de ne pas condamner Boko Haram ,comment réagissez vous à ces propos?Réponse de Moussa Tchangari :"C'est complètement faux .Dans notre rapport sur la situation des réfugiés des îles du Lac Tchad , nous avons aussi exposé les exactions commises par Boko Haram ,bien sûr que nous condamnons Boko Haram ,c'est évident !" "Par ailleurs ,ajoute-t-il,j'ai parfaitement le droit de m'engager dans un parti politique si je le souhaite !"" Moussa Tchangari est leader de la société civile ,mais il est le N°2 d'un parti politique de l' opposition " lui rétorque Mohamed Bazzoum qui donne, lui ,ce matin une interview au site Niamey.com .L' opposition au Niger-poursuit-il n'a jamais eu un seul mot de condamnation de ce que fait Boko Haram ,c'est le président Issoufou que l'opposition a accablé en disant que c'est sa posture belliciste qui attire la Guerre au Niger.Question : "Moussa Tchangari arrêté pour complicité avec une entreprise terroriste complice de Boko Haram , ça vous semble crédible ? Réponse : "Moi je n'en sais rien . Je ne suis pas l"autorité qui a pu faire ces qualifications ".Dernier point abordé: "Ces derniers temps,la société civile vous a reproché une réduction des libertés politiques.Ce climat ne semble pas très propice à une réélection du chef de l’Etat ?Mohamed Bazzoum :"Les libertés, je rigole parce que j’entends les gens nous faire ce procès-là. Nous aurons des élections libres et transparentes. Et si parce que nous n’avons pas été performants, nous devions perdre, ce ne sera pas un drame pour nous"Fin de citation .Elections législatives et présidentielles attendues au premier semestre de l'année prochaine ,au Niger .

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