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Les otages britanniques vendent leur récit : shocking !

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Arrêtons-nous ce matin sur un récit qui scandalise la presse britannique, bien qu'elle s'en fasse abondamment l'écho. Il s'agit des confessions des otages détenus par l'Iran, qui viennent d'obtenir la permission de dévoiler tous les détails de leur captivité à la presse. Et ce, moyennant finance, le cas échéant. Certains, comme Faye Turner - la seule femme a avoir été détenu par les Iraniens - ne se sont pas privés d'user de ce tout nouveau droit. La jeune maman s'est donc confiée au Sun. Deux longues interviews, pas moins de cinq photos, où on la voit alternativement - brandir le foulard, que ses ravisseurs lui ont imposé pour ... se voiler la tête embrasser sa petite fille de 3 ans, qu'elle avait promis de revoir pour son anniversaire le 8 mai, ou encore sourrire sur une vidéo entre deux preneurs d'otages. Au delà des photos, c'est le récit, naturellement qui est repris ce matin par une grande partie de journaux. Ainsi Faye raconte-t-elle au Sun, comment elle a été séparée très vite des 14 autres marins, emmenée dans une cellule glaciale, déshabillée - à l'exception de sa petite culotte" - et revêtue d'un pijama en cotton. Pendant 5 jours, elle a été interrogée plusieurs fois ... "ils me demandaient comment nos navires communiquaient, où étaient positionnés les autres bâtiments, qu'elles étaient les intentions des américains?". "Cela aurai pu mettre mes collègues en dangers, et il n'était pas question que je réponde", explique le quartier-maître Faye Turner " alors j'ai joué à la blonde stupide et je n'ai rien révélé". La jeune femme de 26 ans, raconte aussi la torture psychologique, qui a consisté à lui faire croire que ses 14 collègues avaient déjà été renvoyés chez eux, en Grande-Bretagne. Un jour, elle a même entendu des ouvriers, couler des planches, puis une femme est venu la mesurer .... elle alors pensé qu'ils étaient en train de fabriquer son cercueil. Et puis au bout de cinq jours, raporte Faye Turner au Sun ... de nouveaux ravisseurs sont arrivés. Ils portaient des costumes et avaient cessé de crier. Ils m'ont proposé d'avouer que nous étions entrés dans les eaux territoriales iraniennes. Sinon, j'allais être jugée pour espionnage et emprisonné pendant de longues années. "J'avais peur qu'en Angleterre, poursuit l'otage, tout le monde me haîsse, mais c'était ma seule chance de pouvoir honorer ma promesse faite à Molly, ma fille ... de rentrer à temps pour son anniversaire" RELANCE HORAIRE Tous ces détails ... de la captivité de Faye .... sont repris ce matin - par les tabloïds, qui en raffolent. Mais aussi la presse sérieuse qui les dénonce. Ainsi le Gardian prévient qu'un "vent de colère souffle" quand les otages vendent leur captivité aux médias. En tout, ils pourraient récupérer jusqu'à 250 000 livres sterlings pour avoir raconté leurs déboires. Faye Turney, rapporte le Gardian, est celle qui fera certainement al meilleure affaire. Elle a déjà vendu son récit au Sun et accepté une interview exclusive pour le show telévisé de "Trevor Mac Donald". Le tout lui aurai rapporté 150 000 livrse sterling (le Times parle plutôt parle plutôt de 100 000 livres ... disons que la somme pourrait avoisiner le million de francs) C'est le Ministère de la défense qui a autorisé les ex-otages à parler. En raison de "circonstances exceptionnels", explique sobrement un porte-parole. Mais l'opposition et les officiels de l'armée eux-même ... se disent très choqués ... par ce procédé. Ainsi le colonel Bob Stewart - qui a comandé les troupes de l'ONU en Bosnie - s'est dit "effaré que le ministère encourage les marins à profiter d'un désastre militaire. Certains d'entre eux agissent comme des stars de la télé-réalité. L'iran va penser que nous sommes complètement cinglés", a t-til conclu dns les colonnes du Sunday Times. Le Times on line, de son côté, tout comme le Mirror et le Telegraph, rapportent surtout la colère des parents dont les enfants sont morts en Irak. Roes Gentel par exemple, dont le fils a sauté sur une mine, rappelle qu'aucun proche de victime n'a gagné de l'argent en evndant son témoignage. sally Veck, une autre maman s'est confiée au Times. Sa fille Eleonor âgée de 19 ans, vient de mourir dans une attaque, qui a suivi de peu la libération des 15 otages. Avec 4 autres jeunes femmes, Eleonor a été victime d'une attaque de rebelles chiites. Sa mère rappelle combien cela la choque de voir monayer des souvenirs de captivité. "Pour moi c'est très important de parler à la presse, pour dire au monde entier combiejn ma fille était merveilleuse, et fière de ce qu'elle faisait en Irak. Mais jamais je ne voudrait faire de l'argent grâce à ça." Plusieurs otages ont d'ailleurs décidé de se taire Ainsi Cris Air, l'un des deux capitaines, a préféré que son témoignage ne soit pas acheté par la presse. Ceci dit, si mes collègues veulent vendre leur récit, ils ont le droit de le faire. Cela les aidera peut-être à chasser ce traumatisme de leur esprit, conclut le responsable. Mais Peter Preston dans son éditorial du Gardian n'est pas de cet avis. On connaissait déjà, dit il est confessions sur l'oreiller (tu embrasses puis tu parles - entre guillemet) maintenant voilà qu'on va connaître les confessions des otages (tu capitules et tu banlances") fin de citation. D'ailleurs dans une époque où les hommes politiques eux-même n'ont pas été avares de récits personnels. A commencer par alastair Campbelle ou David Blunkett, doit-on s'offusquer de lire aujourd'hui de tels récits dans la presse. pas vraiment à l'air de dire l'éditorialiste ... sauf qu'il y a quand même à bien y regarder un parfum nauséabond dans toute cette histoire. Car, qu'ont fait les otages de si exceptionnel ? ose se demander Peter Preston : Ont ils réalisé quelque chose d'historique ou d'héroïque? Non, conclut-il ils étaient installés dans leur bâteau, où ils se sont laissés capturer, puis filmer à maintes reprises souriants et une cigarette à la bouche. Certes, ils ont passé un moment désagréable, mais jamais vraiment menaçant - croit savoir l'éditorialiste. Enfin j'en terminerai avec le dernier volet de cette polémique, qui concerne l'église catholique et anglicane. Les responsable de ces deux églises ont soulevé un tollé en Angleterre en louant les Iraniens pour le pardon dont ils avaient su faire preuve, dans l'affaire des otages. Cette action pleine de pitié, témoigne ... a dit l'archevêque BURNS ... du setiment profondément religieux du régime iranien. Tehéran a agi en s'inspirant d'une grande tradition "morale et spirutuelle". La libération des otages témoigne de la foi des iraniens en un dieu de pardon". Ces paroles ont là encore fait scandale. Liam Fox, un conservateur, a taxé les autorités religieuses d'excessivement naïves. Elles se sont laissées bernées par la propagande iranienne a conclu ce responsable politique

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