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L'espoir au Pays du Cèdre

5 min

La fin de l'impasse ou ... quand des ennemis s'entendent sur la formation d'un gouvernement dit d'union nationale ... Voilà plus de 5 mois maintenant que le Liban demeurait sans gouvernement effectif ... Or hier ... le premier ministre a donc finalement annoncé la composition de son nouveau cabinet ... Alors bien entendu ... nuance aussitôt L'ORIENT LE JOUR ... chacun le sait ... l'expérience des cabinets dits d'unité nationale n'est pas franchement ce que la république a produit de meilleur jusqu'à présent ... Mais ... il serait toutefois malvenu de bouder notre plaisir ... tant l'avènement de cet exécutif était attendu ... Dans une société rongée par l'anarchie et le chaos permanent ... poursuit l'éditorialiste libanais ... tout gouvernement ... quel qu'il soit ... bon ... médiocre ... ou même franchement mauvais ... est tout simplement indispensable ... Sans compter qu'au terme de ces longs mois de discussions passionnées ... et autres marchandages d'épiciers ... et bien des innovations se sont fait jour ... La première et la plus évidente d'entre elle étant la présence à la tête de cette nouvelle équipe d'un homme de moins de quarante ans ... Saad Hariri ... preuve vivante qu'un renouvellement du personnel politique est aujourd'hui possible dans notre pays ... Rafraîchissement politique mais pas seulement d'ailleurs ... et c'est là même sans doute que réside ... sinon la principale ... à tout le moins la plus agréable des spécificités de ce nouveau gouvernement ... à savoir l'accession à des ministères sensibles ... d'hommes politiquement peu marqués ... et présentant plutôt un profil de technicien ... Au final ... le nouveau cabinet comportera 30 ministres ... 15 issus de la majorité sunnite ... soutenue notamment par les Etats-Unis et l'Arabie saoudite ... 10 autres arrivés directement de l'opposition chiite ... appuyée par l'Iran et la Syrie ... et puis cinq autres que l'on qualifiera de "neutres" ... désignés par le président Michel Sleimane ... et titulaires notamment des portefeuilles-clés de l'Intérieur et de la Défense ... En pratique donc ... la coalition de Hariri ne disposera donc pas de la majorité au sein du conseil des ministres ... mais l'opposition de son côté ne pourra pas pour autant se prévaloir d'un droit de veto. Alors même s'il n'est sans doute pas parfait ... la formation de ce gouvernement d'unité nationale englobant l'intégralité des formations politiques nationales était quoi qu'il en soit la clef du maintien de la stabilité et de la sécurité dans le pays ... précise son confrère du DAILY STAR toujours au Liban ... Et c'est très probablement d'ailleurs l'apaisement des relations ces dernières semaines entre les deux puissances tutélaires régionales que sont la Syrie et l'Arabie Saoudite ... qui a permis ... in fine ... d'aboutir donc à cet accord de partage du pouvoir. Car c'était en effet sans doute là que résidait le noeud du dysfonctionnement de la classe politique libanaise ... renchérit THE NEW YORK TIMES ... Avec des institutions telles que les siennes ... en clair faibles et flexibles ... le pays du Cèdre avait perdu au fil des ans toute capacité à se forger son propre destin. Toute la question désormais est de savoir si la résolution ... du moins temporairement ... de la crise politique intérieure au Liban va permettre d'apaiser les tensions régionales précise de son côté THE LOS ANGELES TIMES ... Le pays du Cèdre a longtemps été un champ de bataille pour les puissances voisines ... Or tandis que les attaques à la roquette ne cessent de s'amplifier à la frontière libano-israélienne ... et bien certains redoutent à présent l'imminence d'une nouvelle guerre ... Sans compter que le Liban est et restera toujours ce kaléidoscope de communautés religieuses ... divisées politiquement en deux camps ... de sorte qu'avec un partage du pouvoir tel qu'il a été conclu hier ... et bien il y a peu de chances écrit l'éditorialiste américain que le gouvernement ait l'autorité nécessaire et suffisante pour entreprendre des actions décisives ... et notamment sur la question du désarmement des milices. Beaucoup des querelles de ces derniers mois ont d'ailleurs porté sur le rôle à accorder au général Aoun ... l'allié chrétien du Hezbollah ... lequel réclamait notamment que son camp conserve le ministère sensible des Télécommunications ... ce que Saad Hariri refusait jusqu'à présent ... avant finalement de céder ... Or écrit ce matin THE NEW YORK TIMES ... parmi les raisons qui ont conduit le général à vouloir conserver le ministère ... il y a non seulement bien entend la possibilité de procéder à des réformes notables ... l'occasion en clair de récolter des bénéfices non négligeables en cas de privatisation de l'industrie ... Et puis renchérit le quotidien américain ... certains ont tendance également à voir derrière les ambitions du général l'ombre du Hezbollah ... tant le contrôle et la surveillance des télécommunications est aujourd'hui bien évidemment un élément crucial dans la stratégie militaire du groupe. Mais parce que l'espoir est humain ... les Libanais veulent croire avec Saad Hariri qu'une page est en train d'être tournée tempère L'ORIENT LE JOUR .... que la nouvelle équipe incarne bel et bien l'entente nationale ... et qu'elle représente une chance ... la dernière sans doute ... de renouveler la confiance des gens dans leurs institutions ... Au terme d'une aussi longue et pénible gestation gageons que ce n'est pas d'une souris que vient d'accoucher cette fois-ci la montagne ... et que les chefs politiques instruits du passé ... sauront désormais tenir en respect cet autre rongeur ... d'une espèce bien plus redoutable ... qu'est la dissension nationale ... l'éclatement ... et la dé libanisation. Et THE DAILY STAR de conclure ... alors que les chefs du monde entier sont en Allemagne pour célébrer le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin ... n'oublions jamais que le Moyen Orient du 21ème siècle est une région où les obstacles règnent en maîtres ... Le Liban ... Terre de murs invisibles ... continue de se définir par la secte ... la religion ... les convictions politiques ... la race ... le sexe et la classe ... Or si la chute du mur de Berlin doit nous enseigner quelque chose ... c'est qu'aucun homme politique ni chef religieux ne pourra jamais faire tomber les murs du sectarisme ... Seuls des citoyens ... ordinaires ... seront capables d'abattre ces nouveaux murs.

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