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L'Euro 2008, une aubaine pour l'Europe?

5 min

Bonjour ali Bonjour à tous Dites vous allez regarder les matchs de l'euro 2008 qui commence demain? bien sûr Êtes vous ce que l'on appelle un fan ? oui, enfin je l'étais surtout étant enfant... chez nous cet engouement ressemblait à ce que l'on appelle le « fanatisme » aujourd'hui... c'est comme une forme de religion... il n'y a pas d'explication au pourquoi vous soutenez telle ou telle équipe... mais vous connaissez tout d'elle... sur les joueurs, la formation, le passé, les enjeux de l'équipe ... vous êtes capable de réciter ça comme un poème... vous avez passé des journées à collectionner des photos de joueurs et leurs histoires aussi... ils sont de véritables héros vivants... alors c'est vrai que c'est un peu mon opium du peuple à moi... je ne veux pas savoir par exemple, s'il y a de la corruption ou des dérapages, ça ruinerait le conte de fée que représente le football pour moi... Qui parle ainsi à votre avis?... Et bien c'est le Prix Nobel de littérature turc, l'écrivain Oran Pamuk dans un entretien qu'il accorde au Spiegel allemand... et pourquoi tant d'enthousiasme pour le football ? l'interroge le journal et bien parce que d'abord le stade est le lieu du drame par excellence... exactement comme les grecs l'envisageaient... c'est un endroit ou une simple scène sportive peut représenter tout un championnat du monde... et peut dire d'ailleurs beaucoup plus sur le monde en général que ce que l'on croit... le foot est en ce sens plus fort que les mots... car visuellement, il ouvre les yeux sur les communautés et la diversité mettant en scène des ethnies du monde entier... il donne des leçons de sens commun et de sens collectif... c'est un très bon moyen aussi de préserver la paix... En revanche, ne soyons naïfs... il n'y a pas de moralité bien sûr dans le football... et il peut produire aussi son lot de nationalisme, de xénophobie et d'autoritarisme surtout lorsque les communautés ont des problèmes d'identités.. Mais il n'empêche conclut Oran Pamuk .... que le foot est un symbole pour nous qui sommes turcs : lorsque nous entendons Nicolas Sarkozy dire que la Turquie n'est pas dans l'Europe et bien nous pouvons lui répondre... que nenni Monsieur le Président cela fait 50 ans que le football turc est européen... alors? Alors c'est clair comme le titre le Financial Times... le foot est politique ... et comme d'habitude les pays organisateurs veut tirer leur épingle de l'euro 2008... L'objectif est de redorer leur image la Suisse et l'Autriche espèrent que l'évènement sportif amènera de la joie et surtout beaucoup de touristes qui, elles l'espèrent devraient dépenser pas moins de 930 millions d'euros ... une manière pour la coalition autrichienne de faire oublier ses nouvelles divisions et ses crises périodiques au moins pendant 3 semaines... sauf que l'Autriche rajoute le Spiegel ne semble pas très enthousiaste pour l'instant... c'est qu'elle n'est pas très à l'aise avec ce rendez vous footballistique... elle est bien mieux dans son élément lorsqu'il s'agit d'organiser du théâtre ou des rendez vous artistiques avec du café et des gâteaux... c'est ainsi que dans le pays vous ne trouverez pas l'euphorie qui accompagne généralement ce genre d'évènements.. pas de drapeaux autrichiens aux fenêtres ... mais des drapeaux turcs chez la communauté d'immigrants... Mais justement continue le Financial Times qui s'étonne de ce manque d'enthousiasme... L'euro sera sans doute une manière pour ces deux pays d'ajouter un peu de fantaisie à l'image d'efficacité et de ponctualité mais aussi de rigidité qui leur colle à la peau ... car la Suisse et l'Autriche espèrent bien grâce à l'euro 2008 devenir de nouvelles destinations pour vacanciers.... et surtout rajoute le Temps en Suisse... l'Euro est un bal diplomatique à ne manquer sous aucun prétexte... euro-diplo-dodo commence l'article... voilà l'euro politique dont tous les conseillers fédéraux entendent profiter pour rencontrer leurs homologues étrangers... occasion unique de voir sur le sol suisse... Un Jose Manuel Barr osso mais aussi Nicolas Sarkozy et Sylvio Berlusconi... à Berne l'Euro commence donc à ressembler à mini forum de Davos, sauf qu'à l'inverse de la grand messe grisonne le déroulement du happening foot politique sera largement improvisé... parce que la plupart des chefs d'Etat ne viendront que si leur équipe est qualifiée... au dernier moment donc, dit le Temps ... car le foot suit des règles que la diplomatie ne connait pas ou ignore... reste encore une question... nos politiques sont ils armés au cas ou dans le stade la discussion dévierait sur... le foot? peut être bien... écrit el Périodico à Barcelone parce qu'il semble clair aujourd'hui que l'hystérie footballistique n'est malheureusement ni l'apanage des espagnols ni celui des supporters... car derrière le foot il y a certes le patriotisme politique mais il y a surtout l'argent... pas très noble et bien loin du sport tout ça non ? Pas très noble non ! reprend la presse allemande qui s'insurge de la manière injurieuse dont la presse polonaise a déclaré la guerre à ses rivaux allemands de l'euro... les deux quotidien Fakt et Super express... deux tabloïds polonais ont ainsi fait paraitre une Une sur laquelle l'entraineur polonais tient dans les mains la tête du buteur et de l'entraineur allemand... avec ce titre... « ramenez nous leur tête » le nationalisme footballistique à l'anglaise se répand dans toute l'Europe s'inquiète le Spiegel ... d'autant que notre Bild allemand n'a pas tardé à répondre « c'est dégueulasse » en une... bref l'escalade par tabloïds interposés continue et fait vendre avant le match de dimanche ... au détriment des relations déjà difficiles entre l'Allemagne et la Pologne... qui n'avait pas besoin de débordement footballistiques pour être houleuses et c'est pareil avec les relations avec les Pays Bas s'inquiète encore the Local à Berlin... décidément le football divise l'Europe qui n'en a pas besoin en ce moment... Alors pas très noble c'est vrai mais le foot a toujours été une affaire de fric répond également Michel Platini dans les colonnes d'el Pais en Espagne... parce que c'est avant tout un spectacle de masse considère la Vanguardia... et l'euro arrive en ce sens derrière les jeux olympiques et le championnat du monde de football... il va drainer quelques 1 400 millions d'euros ! Trix et flix... voilà d'ailleurs le surnom des deux mascottes de l'Euro 2008... Renchérit la Tribune de Genève... des mascottes qui ont vite été rebaptisées Fric et Flic par les détracteurs de la grand messe du foot... et c'est vrai qu'on parle beaucoup d'argent et de sécurité ces jours ci... l'Euro ne serait donc qu'une grande machine froide à brasser des milliards ? Les hooligans vont ils déferler sur la paisible Helvétie? que fait on pour sécuriser les matches... autant d'interrogations certes légitimes, dit le quotidien suisse, mais qui ne doivent pas résumer l'évènement car l'Euro pour ceux qui aiment le foot c'est d'abord du plaisir... le plaisir de voir des matchs tous les soirs avec les plus grands joueurs de la planète... c'est aussi une fête qui rassemble des centaines de millions de spectateurs... une fête dont l'Europe en crise a bien besoin en ce moment... et la Tribune de Genève termine... alors profitons en ! Bonne journée

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