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Libye : "massacre à huis clos"

6 min

Témoignage.

"Les soldats nous ont dit nous sommes de votre côté. Et puis ensuite il se sont mis à tirer sur la foule. Pourquoi pourquoi ont il menti. S'il vous plait, s'il vous plait aidez nous."Des témoignages comme celui ci, de cette habitante de Bengahzi, en Libye, que diffuse la chaine américaine CNN. Il y en a partout sur les sites internet de la presse internationale.Des gens qui sous couvert d'anonymat confient leur peur, racontent les scènes de massacre, les mercenaires non lybiens employés par le régime pour tuer les protestataires. A Benghazi d'abord où le week end a été très violent mais aussi à Missourata, à Al Baida et maintenant à Tripoli. C'est le site de Global voices, portail de bloggeurs du monde entier qui renseigne sur ce que tous les journaux titrent ce matin.En Libye, la protestation embrase tout le pays.Mais il est très difficile de le vérifier confie le site de la BBC, qui explique qu'il n'y a aucun représentant de la presse internationale sur le territoire libyen. Depuis 25 ans, la Libye accuse nos reporters et notre presse d'être imprécise, remplie de préjugés et de partis pris. Ca n'est évidemment pas vrai même si nous ne sommes pas parfait... mais le problème c'est que nous ne sommes pas sur le terrain aujourd'hui, qu'il est impossible d'envoyer un reporter clandestinement tout simplement parce que la Libye c'est un immense désert, et que les forces de sécurité libyennes sont extrêmement brutales. Alors, il faut s'appuyer sur les dires des Libyens qui avec un grand courage bravent les interdictions pour témoigner de ce qui se passe chez eux, mais les prendre évidemment aussi avec des pincettes car sans journaliste, termine la BBC, pour vérifier, c'est évidemment le règne de la rumeur et des informations contradictoires.

Informations contradictoires qui circulent évdemment pleinement sur internet cette nuit et c'est "un véritable massacre à huis clos" n'hésite pas à titrer le Soir, en Algérie. Parce que cette Jamahiriya est avec la Corée du nord le pays le plus fermé de la planète. Dans ce pays, dit le Soir, tout est interdit, des médias jusqu'aux partis politiques, en passant par la société civile et les organisations internationales, l'internet et même le téléphone qui sont sous haute surveillance. Et c'est dans ce parfait huis clos que Kadhafi a sorti le matériel de guerre pour réprimer la révolte qui se lève depuis mardi dernier : troupes, snipper, mercenaires étrangers essentiellement africains. Le bilan atteint des proportions alarmantes et Kadhafi se mure dans un silence étrange.Sauf, dit Le Soir, lorsqu'il s'agit de rappeler l'Union européenne à l'ordre. Si l'Europe continue d'encourager les protestations, Tripoli cessera toute coopération contre l'immigration clandestine. Comprendre... il l'encouragera. Et il en a les moyens. Ce qu'il dit une fois, termine Le Soir, est en général appliqué sur le champ.Alors, il y a effectivement des voix de plus en plus nombreuses qui appellent à l'aide depuis la Libye. Aidez nous répète cette femme sur CNN. Demandez à votre président comme à tous ceux du monde libre de faire quelque chose pour nous, pour notre liberté.Et the Hindu, en Inde, se plait à afficher cette grande photo de manifestantes d'origine libyennes à Dallas hier."Aucun homme ne peut ête libre tant que d'autres sont opprimés" brandissent ces femmes.Car ce sont des femmes que l'on voit manifester, écrit le journal indien, qui comme de nombreux papier de la presse internationale s'intéresse à ce phénomène. Ce sont des femmes qui se soulèvent dans tout le Moyen-Orient. Peut être parce qu'elle pensent ainsi pouvoir changer non seulement la condition des hommes mais aussi surtout celle des femmes, souvent sexuellement harcelées et en tout cas encore plus opprimées en général que les hommes par ce type de régime.Et le régime se défend raconte le site d'Al Jazeera, qui comme tous les sites du monde entier, met en ligne ce matin les dires du fils Kadhafi sur la télévision libyenne. Et il dit beaucoup de choses le fils raconte Al Jazeera.Il promet un bain de sang, une guerre civile, explique aux Libyens que les protestataires sont des éléments étrangers qui les manipulent. Des islamistes dit-il. Souvent sous l'effet de la drogue, voire de l'alcool, qui ne veulent pas leur liberté. La liberté ne peut pas s'obtenir dans le chaos dit il encore. Le régime, lui, promet d'améliorer véritablement leurs conditions de vie.Bref, commente un bloggueur du site de Global Voices comme Newsweek, aux Etats-Unis, qui en fait d'ailleurs son titre, nous voici donc face au parfait manuel du dictateur :torture, milice, pressions familiales... Voilà comment les dictateurs restent au pouvoir dit Newsweek1/ éliminer les témoins2/ rassemblement pour le régime en instrumentalisant la peur de l'étranger3/ propagande pour le régime et envoi de contre manifestantset à la toute fin, si vraiment il n'y a pas d'autre solution, proposition de négociation.C'est le cas en Libye, comme à Barhein au Yemen. et bientôt au Koweït, en Irak, en Iran et même, même, en Arabie Saoudite.C'est un un embrasement de tout la région comme le titre le New York Times. mais ce n'est pas qu'une révolte pour la liberté et contre des dictateurs. Non, c'est une révolte contre un modèle bien particulier de dictature. Une dictature du monde arabe.Et c'est un commentaire du quotidien des territoires palestiniens Al Ayyam qui l'explique ce matin. C'est tout un modèle qui est remis en question... un modèle qui a formé le monde arabe depuis 40 ans : le modèle saoudienL'époque de l'hégémonie de l'Arabie Saoudite est désormais révolue dit le journal. Elle ne se traduisait pas uniquement par une influence politique. Elle signifiait également la promotion d'un certain nombre de valeurs et de discours idéologiques conservateurs. En effet, le régime saoudien dépensait des milliards de dollars pour financer la prédication wahabite à l'étranger. Les revenus du pétrole qui lui ont permis d'irriguer des réseaux économiques, commerciaux et financiers dont l'impact s'est souvent avéré encore plus important que celui de la politique officielle des régimes en place.

Mais ces révolutions ont faire redescendre la politique sur la terre termine le quotidien palestinien et c'est maintenant au monde libre de le comprendre. Au monde libre de les aider.

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