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L'Italie et l'Europe menacées par le chaos libyen ?

4 min

PAR LUDOVIC PIEDTENU

Encore la publication d'une de ces vidéos sordides du groupe Etat Islamique.La décapitation de 21 chrétiens coptes égyptiens sur une plage de Libye avec un effort flagrant de mise en scène, avec tous les marqueurs des autres vidéos de l'Etat Islamique.Outre-manche, The Guardian la décrit en détails."5 minutes filmés dans un style identique aux vidéos précédentes d'Irak et de Syrie. Les otages sont habillés dans cette même tenue orange. En file indienne, chacun est accompagné d'un militant cagoulé et vêtu de noir. Ils sont tous mis à genoux, dos à la mer. Et un homme différemment habillé des autres s'adresse à la caméra dans un anglais à l'accent nord-américain.""Cette mer dans laquelle vous avez caché le corps d'Oussama Ben Laden, dit-il, nous jurons par Allah de la mélanger avec votre sang."Les otages sont décapités en même temps. L'orateur du groupe pointe alors son couteau vers le nord, vers le large et dit : "nous allons conquérir Rome, avec la permission d'Allah." La vidéo se termine sur une mer rouge sang.C'est la première fois qu'une éxécution de masse revendiquée par le groupe Etat Islamique est filmée en dehors d'Irak et de Syrie.La preuve de l'expansion de ce groupe qui, selon The Guardian, "a déjà déclaré 3 parties de la Libye, des wilayat en arabe, des provinces sous son contrôle et les sous-titres qui accompagnent cette vidéo identifient ce bord de mer comme la province de Tripoli, quelque part donc dans la région de la capitale, probablement près de Syrte, où ces égyptiens ont été pris en otage, rappelle le quotidien."Syrte, troisième ville du pays, ville natale de l'ancien dirigeant libyen Kadhafi, où "la radio et la télé locales diffusent depuis ce week-end la voix du calife Abu Bark Al Baghdadi et de ses porte-paroles" résume le site internet de la Rai italienne.L'hypothèse de l'instauration d'un califat en Libye alarme Rome, qui, au même moment, ferme son ambassade dans le pays.Si la médiation entamée par l'ONU échoue, "l'Italie est prête à guider en Libye une coalition de pays de la région, européens et d'Afrique du Nord, pour arrêter la progression du califat, parvenu à 350 kms de nos côtes" affirmait hier la ministre italienne de la défense, Roberta Pinotti.Son collègue des affaires étrangères, Paolo Gentiloni ne dit pas autre chose : "c'est une situation qui menace l'Italie, nous sommes prêts à combattre". Une expression reprise par toute la presse italienne.Tout ceci est à confronter avec la Une de l'International New York Times et ce titre : "Des supporters de l'Etat Islamique éloignés de leur base".On peut lire :"Au-delà de ses bases en Syrie et en Irak, le groupe Etat Islamique s'étend pour établir des filiales en Afghanistan, en Algérie, en Egypte et en Libye", rapportent des sources du renseignement américain."Un peu à la façon d'Al Qaida et de ses franchises", racontent les deux auteurs de cet article, "mais sans la rigueur et la difficulté de devenir une filiale" ce qui permet une croissance plus rapide, plus simple et plus lointaine".Mais si l'on se plonge davantage dans cet article, on apprend aussi par ces mêmes sources du renseignement américain, que "ces affiliations sont souvent opportunistes". "Il n'y a pas de preuves que les leaders de l'Etat Islamique ont un contrôle en pratique sur ces provinces d'Afrique du Nord.""Néanmoins, en Egypte, depuis le mois de novembre et son affiliation, le groupe du Sinaï semble le mieux organisé, rapporte l'International New York Times. "C'est celui qui mène des attaques de façon sanglante et sophistiquée comme ses pères, comme cette série d'explosions coordonnées fin janvier, tuant 24 soldats, six officiers de police et 14 civils.""Dans la Libye voisine, poursuivent les auteurs, au moins trois groupes distincts ont déclaré leur affiliation. Ce groupe Etat Islamique combat désormais les autres milices islamistes plongeant le pays dans le chaos. Cela pose un nouvel obstacle aux Occidentaux qui espèrent négocier une trève ou un gouvernement d'unité.""Des officiels occidentaux, principalement du sud de l'Europe, craignent, selon le quotidien, que ces trois provinces libyennes n'évoluent en bases pour permettre aux combattants de l'Etat Islamique de voyager à travers la méditerranée, en Egypte ou ailleurs en Afrique du Nord."Si l'on retourne sur le site de la Rai italienne, la crainte va même plus loin, elle frôle le fantasme : "l'éventualité selon des analystes d'une infiltration". "Parmi les bateaux de migrants, pourraient se cacher des terroristes."L'Italie, qui ces dernières heures, a lancé une opération pour sauver sur une dizaine de barques, plus de 2 000 migrants au large de ses côtes et des côtes libyennes. C'est un autre titre de l'actualité ce matin.Bref, l'Italie se réveille ce matin avec cette peur, la menace de ce groupe Etat Islamique, menace clairement exprimée dans cette vidéo intitulée : "message de sang à la nation à la croix".

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