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L'Ukraine sur la voie de la stabilité politique ?

5 min

"Faites entendre votre voix", lançait l'éditorial du Kyiv Post en fin de semaine. Les électeurs ukrainiens auront en partie répondu à l'appel hier. 60% des 37 millions de votant se sont déplacés pour ses élections législatives anticipées. Avec ce troisième scrutin en quatre ans, les Ukrainiens semblent toujours motivés par une nouvelle vie politique qui pourtant leur a fait perdre beaucoup d'illusions. "En votant, en manifestant, puis en votant de nouveau, les Ukrainiens ont commencé à se défaire des liens qui manipulaient le pays.. et peuvent entrevoir la perspective d'un Etat géré dans l'interêt de tous et non plus de quelqu'uns" affirme le Kiyv POst. "Même si beaucoup de personnes ont dit qu'elles en avaient marre des arrangements entre politiciens, elles déclaraient que c'étaient leur devoir d'aller voter" rapporte le New york Times. Comme cette femme de 84 ans qui habite dans un village à 30 kilomètres de Kiev. Galya Telpuk née sous Lénine, qui a vécu sous Staline, et aujourd'hui dans cette démocratie naissante lance fièrement en glissant le bulletin dans l'urne : "j'ai voté Timoshenko !" La campagne électorale s'est nettement modernisée, à l'américaine, avec des équipes de communication pour tous les partis et des publicités très virulentes de chacune des formations contre leurs avdersaires. Des élections libres, peut-on lire dans la plupart des quotidiens ce matin. Mais le Herald Tribune rappelle que les observateurs ont constaté des erreurs sur les listes électorales car elles n'avaient pas été mises à jour. Ukrainska Pravda rapporte les conclusions d'une mission d'observateurs canadiens envoyés à Donetz, une ville de la région orientale, industrielle et russophone du Donbass. Les listes électorales comportaient 13.000 jumeaux et la police a cherché à les empêcher de travailler pratiquant l' intimidation en venant les rencontrer en arme au sein d'un bureau de vote. Et puis ce fut au tour de réprésentants du parti des régions du premier ministre pro-russe Ianoukovitch. Ils ont tout simplement dénoncé la présence de ces observateurs devant des caméras de télévision. IL n'empêche, les résultats même provisoires ne sont contestés par personne. "le parti de Ioulia Timoshenko crée la surprise " titre Le Temps. Le financial Times parle d' "Une bagarre à trois"... mais la Une est monopolisée par la très photogénique Timoshenko: coiffure emblématique, collier et boucles d'oreilles en perle... et tailleur blanc. L'ancien premier ministre peut se targuer d'avoir attiré autour de 32% des voix... juste derrière Ianoukovitch l'actuel chef du gouvernement. Mais ce triomphe personnel, nous dit le quotidien économique ne sufit pas, à lui seul, à enrayer la crise politique qui se prolonge depuis 4 ans. A quand une stabilité politique en Ukraine ? "les résulstats ressemblent à une reprise les précédentes élections"... lorsqu'aucun gagnant n'est clairment sorti des urnes explique le New York Times. A l 'exception de la percée de Ioulia Timoshenko qui se retrouve en position d'arbitre. Et puis, contrairement aux craintes émises à la veille du scrutin, il devrait y avoir plus de 3 partis représentés au parlement. "Ils joueront un role important "assure le Temps. Le parti communiste avec près de 5% des voix s'associera sans surprise avec le parti des Régions. Mais le cas parti centriste de Vladimir Litvine, l'ancien président du parlement est plus intriguant. Avec 4% des voix, ce proche de l'ancien président Leonid Koutchma risque d'être plus sensible aux sirènes "bleues" de Ianoukovitch. Enfin, le parti socialiste sort laminé du scrutin avec moins de 2% des voix.Et semble payer la trahison faite au camp "orange" au printemps 2005, lorsqu'il avait rejoint l'opposition pro-russe. "La révolution orange a perdu de son aura.. mais son esprit n'a pas encore disparu" titre The Indépendant. "la vie politique en Ukraine est bien meilleure forme que cela ne semblait possible avant la révlution orange" explique le quotidien tchèque... Hospo - darske noviny. Les électeurs doivent mettre la pression sur les chefs de parti..; pour s'assurer que le pays poursuit son ambition de rejoindre l'UNION européenne. les dirigeants doivent chercher l'appui des hommes d'affaires à un prix raisonnable" réclame le journal. Les Ukrainiens veulent en finir avec les simples changements au sein de l'élite et "les combats de petits clans" titre Die Zeit. IL n'est plus question de faire touner les rôles dans l'appropriation des biens du pays. Pourtant, le quotidien allemand nous présente quelques portraits de la nouvelle génération d'hommes et de femmes politiques ukrainiens. Ils se disent déçus des élites qui ont agit dans leur interêt au moment de la révolution. Mais ce ne sont pas non plus de grands idéologues. Ils se positionnent avant tout selon un clivage Europe / Russie. La Russie justement a surveillé de près cette élection nous dit Die Presse, en Autriche. L'ambassadeur de Russie à kiev a même délcaré que si ce scrutin débouchait sur un rapprochement avec l'OTAN et l'Union Européenne cela aurait des conséquences fâcheuses, faisant clairement allusion à une possible hausse des prix du gaz. Enfin, Café Babel, le magazine européen sur internet, livre une analyse sévère contre Bruxelles. "La passivité de Bruxelles" peut-on lire en titre. "Si l'on veut une démocratie stable, L'Union Européenne doit s'invertir d'avantage dans le pays. Une démocratie stable aux portes de l'europe est dans l'intérêt de l'Union et Kiev serait susceptible de jouer un rôle dans l'orientation énergétique de Moscou. Et Café babel de rappeler ce qu'il qualifie d'erreur grave. Il y a 16 ans, lors du G7 de 1991 au lieu d'assurer à Mikhail Gorbatchov son soutien unaime, Bruxelles laissait l'ancien chef soviétique les mains vide. Si la démocratie en Russie est en train de faire marche arrière, avec une résurgence du nationalisme, de la xénophobie, de l'exclusion et de la corruption., l'ouest qui a fait la preuve de sa passivité en porte une part de responsablilté. Il n'existe aucune perspective d'adhésion concrète pour l'Ukraine dans les négociaitons entreprises jusque-là, ce qui importe à l'heure actuelle c'est d'entrer dans de nouvelles relations avec ce voisin.

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