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L'Ukraine toujours entre guerre, négociations et tensions avec la Russie

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L'Ukraine fait un pas vers l'OTAN. On retrouve ce titre dans le quotidien suisse le Temps suite au vote écrasant 303 voix pour et 8 contre de la Rada, le parlement ukrainien pour supprimer le statut de pays non aligné. Un statut qui avait été voté par l'ancienne majorité, du temps de Viktor Ianoukovitch en 2010.

Et le Temps d'expliquer que la suppression de ce statut de non aligné, permet désormais à l'Ukraine de faire acte de candidature à l'OTAN.

Mais comme le rappele le Wall Street Journal cette décision de la Rada ne va pas changer grand chose. C'est un vote largement symbolique explique le quotidien américain qui ne change en rien le fait que les chances que l'Ukraine rejoigne l'Alliance sont pratiquement nulles. Pour le Wall Street Journal, ce vote ne fait que démontrer la profondeur du différent entre Kiev et Moscou.

L'essentiel est ailleurs et c'est le Chicago Tribune qui le souligne. Les négociations de paix doivent reprendre aujourd'hui et après demain à Minsk, au Bélarus, entre l'Ukraine représentée par son ancien président de la République, Léonide Koutchma et les séparatistes du Donbass, sous l'égide de l'OSCE.

Des négociations après deux semaines de trêve et comme le rappelle le Chicago Tribune, 4 700 morts depuis le mois d'avril.

Des négociations de Minsk que les Ukrainiens pensent aborder dans des conditions favorables. Pour le quotidien ukrainien, Den, le Kremlin chercherait à se sortir de l'impasse dans le Donbass. Pour Den, si les séparatistes de Donetsk et Louhansk ont acceptés de retourner à la table des négociations, c'est sur ordre de Moscou. D'après le quotidien de Kiev, le soutient aux séparatistes a cessé d'être un objectif pour le Kremlin. Un sentiment qui pour Den expliquerait la déclaration récente d'un responsable séparatiste : "Nous voulions rejoindre la Russie, mais il est désormais clair que cela n'arrivera pas dans un futur proche".

Alors pourquoi la Russie aurait-elle subitement changé de position sur la situation dans le Donbass ? Pour le Japan Times, cela serait à cause de la crise économique. La Russie n'aurait plus les moyens de financer une guerre de longue haleine dans l'extrême est de l'Ukraine. Pour le Japan Times, c'est ce qu'auraient compris également les deux principaux alliés de Moscou. Et c'est ce qui expliquerait les visites récentes à Kiev des présidents autoritaires du Bélarus, Aleksandr Loukachenko et du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev qui ont lors de leurs rencontre avec leur homologue ukrainien Petro Porochenko ont rappelé leur position de défense de l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

Pour le Japan Times, ces visites sont un signal de la faiblesse actuelle de Vladimir Poutine, à cause de la situation économique de la Russie.

Pour le gouvernement polonais, la Russie doit changer de politique vis-à-vis de l'Ukraine. On retrouve cette position sur les sites de deux radios de Varsovie. Sur la radio publique Radio 1, le ministre polonais des affaires étrangères, Grzegorz Schetyna estime que l'on résout les problèmes à la table des négociations et non dans les tranchées. Et sur la radio privée Radio Zet, Tomasz Siemoniak, ministre polonais de la défense estime lui que quoi que fasse la Russie, l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne et l'OTAN est un processus inévitable.

Alors évidement, ce n'est pas la position russe. Moscou enrage même depuis le vote de la Rada hier.

Pour le premier ministre Dmitri Medvedev, l'Ukraine est devenu ainsi un adversaire militaire potentiel de la Russie et pour le ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov cette décision de Kiev est contreproductive ne fera qu'exacerber le climat de confrontation.

Alors devant cette accumulation de mauvaises nouvelles, la presse russe tente de trouver de quoi rester optimiste. Le quotidien du gouvernement, Rossiiskaïa Gazeta estime que les Occidentaux et plus précisément les Allemands sont divisés sur la politique a mener vis-à-vis de la Russie, en particulier au sujet des sanctions. La Rossiiskaïa Gazeta voit une contradiction entre la position d'Angela Merkel, que le journal accuse de suivre les Etats-Unis et celle de son ministre des affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, qui lui, au contraire de la Chancelière, serait préoccupé par l'avenir des relations russo-allemandes.

Mais pendant ces grandes manœuvres diplomatiques, la guerre se poursuit dans le Donbass. Le quotidien en ligne Ukrainska Pravda rappelle que si la trêve est globalement respectée depuis deux semaines, il y a eu la nuit dernière encore neuf attaques de mortiers sur les positions ukrainiennes de la part des séparatistes et qu'il y a eu une explosion sur un pont à Marioupol, le grand port du Donbass sur la mer d'Azov, ville encore tenue par l'armée ukrainienne.

L'hebdomadaire Kyiv Post lui aussi couvre le conflit avec ce témoignage émouvant de Maxim Vakoulenko.

Il y a un an, il ne faisait pas de politique et n'avait jamais manié d'armes. Mais il est descendu sur Maïdan, avant de partir combattre sur le front dans le région de Donetsk. Aujourd'hui, Maxim est de retour chez lui à Kiev auprès de sa femme. Il ne repartira pas se battre. Il a été blessé et amputé de la jambe gauche.

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