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L'union pour la méditérranée: scepticisme de part e d'autre des rives

5 min

Bonjour Thomas Bonjour à tous Sarkozy le chahuteur... le moulin à vent... est ce un hercule ou un Sisyphe? Perplexe vous l'entendez c'est le mot qui convient pour qualifier la presse de ce matin... il y a comme un contraste frappant entre l'enthousiasme de l'orateur Sarkozy hier devant le parlement européen et la manière dont ses mots ont été reçus par les journaux de part et d'autre des rives de la méditerranée... et oui parce que le discours du président français attire on pouvait s'y attendre le regard de la presse européenne, qui n'est pas très diserte d'ailleurs comme si elle ne savait plus quoi dire de neuf sur la crise européenne issue du non irlandais... mais les mots du président français attirent surtout ce matin les commentaires de la presse méditerranéenne qui se prépare comme le dit Tel Quel au Maroc « à ce 13 juillet 2008 qui aurait pu être une date historique pour les pays des deux rives de la méditerranée »... parce que le président français a réussi à réunir pas moins de 40 chefs d'état de la région à Paris... mais rajoute le journal marocain... malheureusement ce sommet prend des airs de rendez vous manqué et ne semble plus être accueilli que par un grand scepticisme ou tout du moins une grande prudence car il y a beaucoup de brume à dissiper ... explique Al Ahram hebdo en Egypte dans un très longue article qui commence ainsi quand Tarek Ibn Ziyad traverse la méditerranée du sud vers le nord... il part à la conquête de l'Espagne... après l'Andalousie les arabes entament leur expédition vers la Gaule... l'europe médiévale va ainsi vivre un quotidien sous culture arabe... quelques siècles plus tard commence une autre traversée de la méditerranée mais dans le sens opposé... des armées sous la prédication pape se dirigent vers le sud à a la conquête des terres arabes... l'histoire de la méditerranée... continue le journal égyptien est donc faite tantôt de guerres et de haine... tantôt d'échanges et de tolérance... mais il n'en reste pas moins qu'une certaine civilisation est née de cette histoire tumultueuse... une civilisation souvent compromise par une méfiance mutuelle ... or, le doute ne cesse de ressurgir chaque fois qu'une idée de coopération nait entre ces pays riverains... et la proposition nébuleuse de Nicolas Sarkozy ne fait pas exception... d'autant que ce grand projet de bâtir une union pour la méditerranée n'est pas nouveau... depuis la guerre du golf, l'euromed a tenté de convaincre mais sans succès... car si plus de 50% des échanges de nos pays se font avec l'UE... il n'y a de partenariat que de nom et tout est régit par les règles de la concurrence... pire écrit l'article... l'Europe semble même avoir opté pour une politique sécuritaire face à ses voisins du sud... et c'est d'ailleurs toujours la sécurité qui semble encore inspirer ce projet d'UPM C'est aussi l'avis de la Nouvelle République en Algérie qui fait sa Une sur le sommet. Un sommet auquel l'Algérie ne pouvait pas ne pas participer dit le journal si elle veut pouvoir jouer un rôle dans les relations internationales de la zone... car s'il est question de renforcer les échanges commerciaux... la réunion de Paris est surtout une manière d'aplanir les conflit... c'est la paix régionale qui est en jeu...et en ce sens l'UPM est pavée de pièges comme... celui qui voudrait enfermer les pays arabes dans l'étau de la reconnaissance de l'état d'Israël ou qui viserait à enterrer l'adhésion de la Turquie et pourquoi pas assaisonner tout ça d'une sauce salade qui aurait pour nom Sahara occidental... mais en dehors de cela l'UPM est un vrai défi... il s'agit de remplacer les accords de coopération au cas par cas entre l'UE et les pays méditerranéens... accords qui ne peuvent plus se faire aux rythmes des atermoiements et des lenteurs de l'indécision bureaucratique européenne il s'agit de créer un tremplin pour la coopération du nord au sud... un espace de coopération en faveur de tous qui puisse résister aux crises mondiales aux conflits aux problèmes économiques et bien sûr à l'immigration ... rajoute al Arham en Egypte. mais est ce vraiment une initiative sincère de coopération multilatérale ou bien plus un instrument du leadership de la France ?... s'interroge el Watan en Algérie qui rappelle que la méditerranée est aussi un large espace convoité par les grandes puissances et particulièrement par les américains qui y sont très présents... ainsi la première question à poser c'est ... bien sûr comment l'Europe va pouvoir mieux y participer mais quels sont les gains pour le Maghreb? D'autant que tous ces pays ont été largement déçus par le processus de Barcelone qui s'est avéré être une coquille vide alors l'union pour la méditerranée va t elle servir à quoique ce soit.. ? s'interroge le Daily star au Liban pas sûr vues les divisions entre les pays invités qui ne se rendent à paris que sous de multiples conditions..; pas sûr en terme de fonctionnement car la France forcée par l'Allemagne a dû revoir son projet à la baisse notamment en matière financière... mais ce qu'il y a de sûr conclut le Daily star... c'est que ce sera un succès diplomatique pour Sarkozy c'est sûr... commente l'Independent en Grande Bretagne... rendez vous compte... un 14 juillet avec des chefs d'états démocratiques qui accueillent sans se soucier des symbole d'anciens dictateurs... et le journal continue: non mais Sérieusement, comment Bashar El-Assad, cet objet de la haine des Etats-Unis, cet élément de «l'axe du mal» - encore une idée délirante de Bush -, s'est-il retrouvé sur la liste des invités? D'accord, on lui a demandé (ainsi qu'à Ehoud Olmert) de participer à l'Union pour la Méditerranée, le tout nouveau bébé de la France, mais il y a autre chose. et cette autre chose c'est que Sarkozy et lui flairent l'échec des Américains. Le fiasco en Irak - et bientôt en Afghanistan (prochainement sur vos écrans) -, l'incapacité totale des Etats-Unis à produire une paix entre Israël et les Palestiniens et la disparition de l'influence française au Liban (maintenant que le Hezbollah prosyrien peut contrecarrer les amis des Etats-Unis dans la majorité parlementaire), tout cela signifie que la France peut manoeuvrer au milieu des décombres et Bachar se voit donc autorisé à fouler de nouveau le sol de l'Occident civilisé. Bien entendu, tout cela est présenté sous la forme de ce que j'appelle la politique de la bougie.... termine l'Independent... A Paris, nous disent les Français, Ehoud Olmert va peut-être rencontrer Bachar El-Assad, et cela pourrait faire progresser leurs pourparlers de paix indirects. Il est temps de sortir la Syrie de son isolement: voilà pourquoi deux des principaux acolytes de Sarkozy se sont rendus à Damas pour faire de la lèche au président syrien, dans l'espoir qu'il ne rejetterait pas l'invitation. La France serait ainsi en mesure d'encourager Bachar à bien se comporter au Liban, à ouvrir une ambassade à Beyrouth, à délimiter la frontière libano-syrienne, et bla bla bla. alors nous dit la Tribune de Genève...Sommet flatteur, mais bavard et sans lendemain? Annonce vaine de rendez-vous à inscrire sur les calendriers déjà chargés des réunions diplomatiques? Cette nouvelle instance méditerranéenne peut susciter les sarcasmes de tous les sceptiques qui lui opposeront des objections sérieuses - enlisement des programmes en cours, disparité des économies, juxtaposition de démocraties et de despotismes, permanence du conflit israélo-arabe... N'empêche en venant nombreux à Paris, les responsables des Etats riverains trahissent néanmoins une attente commune. Tout se passe comme s'ils voulaient donner sa chance à un projet qui les prend comme ils sont, qui ne les contraint pas à des conversions politiques déchirantes, mais leur propose des coopérations pragmatiques dans les domaines décisifs des transports, du droit, de l'environnement ou de l'éducation. Certains pourront les accepter, d'autres les refuseront: la concertation sera certes à «géométrie variable».... mais ce souci du concret, cette relative modestie pourraient à la longue garantir le succès de l'entreprise. Reste enfin une objection... termine le Financial Times.... c'est qu'il va maintenant falloir convaincre l'UE de s'investir en méditerranée et pour ça, aux vues de la crise de confiance qu'elle traverse ... il va nous falloir un Sarkozy encore plus convainquant bonne journée

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