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Mimi au Sénégal : la revue de presse internationale de Thomas Cluzel

5 min

Par Thomas CLUZEL

Mimi, c’est ainsi qu’elle est surnommée par la presse locale. Aminata Touré est devenue dimanche la deuxième femme de l’histoire du Sénégal à accéder au poste de 1er ministre. Attention, avertit aussitôt le portail d'information REWMI, car le contraste est saisissant, dit-il, entre le doux et très affectueux sobriquet de « Mimi » qui lui est affublé et ses méthodes un tantinet rugueuses. Si côté cour, la ministre n’en mène pas large, côté jardin, il faut bien reconnaître que la femme a du répondant. Vêtue de sa couleur qui foudroie en plein cœur, Mimi Touré s’est imposé un masque qui cache mal sa belle et affriolante frimousse, sublimée par cette noirceur d’ébène, chantée autrefois par un certain Léopold Sédar Senghor.

Son caractère trempé et trop rigide, qui rend exécrables ses rapports avec ses vis-à-vis n’augure pas de lendemains sereins et pacifiques. Sa propension légendaire notamment à ouvrir plusieurs fronts ardents montrent qu’avec cette « dame de fer » l’ambiance gouvernementale ne sera pas un long fleuve tranquille. Pire, poursuit l'éditorialiste, tous ses faits d’armes et ses états de service achèvent de convaincre les observateurs avertis que Mimi Touré est la personne la moins indiquée, dit-il, pour trôner à la tête du gouvernement. Et le journaliste encore de préciser. La nouvelle premier ministre est connue pour être coutumière des déclarations intempestives. Imbue d’elle-même, trop suffisante et très prompte à se braquer à la moindre contrariété, on voit mal ainsi la nouvelle premier ministre jouer habilement le rôle de chef d’orchestre et surtout, payer de sa personne en servant de fusible au chef de l’Etat.

Tout l'inverse en somme de son prédécesseur, Abdoul Mbaye, lequel, lui, ne craignait pas de « perdre un poste » mais de « mal l'occuper », disait-il. L'a-t-il seulement mal occupé ou est-ce simplement le sort du fusible, que l'on fait sauter pour protéger des eaux le compteur défectueux, interroge SUD QUOTIDIEN ? Quoi qu'il en soit, le caractère bien trempé de la nouvelle premier ministre n'est pas pour déplaire à tout le monde. Et le journal de rappeler, notamment, que l'ex ministre de la Justice s'est aussi imposée dans l'imaginaire de ses compatriotes comme une dame intransigeante, n'ayant pas froid aux yeux, prête à aller jusqu'au bout, en particulier dans la traque des biens supposés mal acquis. Nul n'ignore que son ancien mari a été cité dans des affaires pendantes devant la justice et que pour autant, elle n'a montré aucun signe de faiblesse, se disant même déterminée à laisser les choses se faire dans les règles de l'art, loin de toute pression affective.

Pour le journal, la nouvelle Premier Ministre bénéficierait donc, au contraire, d'un préjugé plutôt favorable auprès d'une large frange de la population. Et puis cerise sur le gâteau, elle allie les profils de femme politique et de technocrate. Alors quoi demander de mieux pour conduire les immenses charges d'un gouvernement avec les énormes défis qui l'attendent.

Reste toutefois que la déclaration liminaire du tout nouveau Premier ministre n’est guère rassurante. Aminata Touré, y explique en substance que le monde est en crise, une crise qui frappe aussi bien l'Europe que les Etats Unis, l'Asie et bien entendu le continent africain. Ce qui fait dire d'ores et déjà au portail d'information sénégalais que consciente, sans doute, de son échec programmé, le tout nouveau Premier ministre n’a rien trouvé de mieux à faire que d'appeler à l’indulgence des populations et de préparer déjà les esprits à la fatalité. Et l'éditorialiste d'en conclure, c’est à croire que les Sénégalais sont frappés d’une malédiction, qui fait que leurs différents dirigeants, quel que soit le régime en place ont la fâcheuse manie de se payer leur tête.

Quoi qu'il en soit et pour beaucoup de Sénégalais, précise son confrère du journal L'EXPRESSION, en 17 mois, le gouvernement précédent n'a pas su répondre aux demandes de plus en plus importantes dans ce pays de 13 millions d'habitants, en proie à d'innombrables difficultés. Même analyse pour LE SOLEIL de Dakar : La tâche est ardue dit-il et les urgences sociales et économiques lancinantes. L’accès aux soins de santé, une éducation de qualité, un pouvoir d’achat conséquent, un cadre de vie sain, un toit décent, une justice équitable, etc. Les priorités sont multiples pour les Sénégalais qui aspirent à vivre dans un pays où tous seront égaux devant la loi, qu'ils soient riches ou pauvres, citadins ou paysans.

Dans les colonnes du journal, Abdou Faye, un conducteur de pousse-pousse ne rêve que d’une chose : « trouver un travail décent » qui lui permettra de subvenir correctement à ses besoins et à ceux de ses parents restés au village. « Que Mimi améliore notre quotidien, en nous trouvant du travail. Nous avons longtemps attendu mais, c’est toujours, dit-il, la même chanson ».

MUSIQUE

"Toxiques", de Youssou Ndour, Youssou Ndour, évincé hier de son poste de ministre du Tourisme et des Loisirs mais promu conseiller à la présidence.

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