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Obama réélu, vu par la presse internationale

5 min

Une du Washington Post
Une du Washington Post

Et ce matin, un regret. Il y a 1118 mots que nous n'entendrons jamais. Le chiffre avait été donné par Mitt Romney à plusieurs journalistes dont celui de USA Today. C'est le nombre de mots que le candidat républicain devait prononcer en cas de victoire. Il avait écrit ce discours et s'en était vanté hier auprès de journalistes. Sauf qu'il a perdu. Et donc Mitt Romney a écrit ces mots pour rien. Il va devoir réécrire un nouveau discours. Un discours de défaite. Car la nouvelle est tombée ce matin un peu après 5h, heure française. Obama rempile pour 4 ans.Et c'est sur le net et la télévision que l'événement a été suivi, heure par heure, minute par minute.

Avec en temps réel le nombre de grands électeurs décroché dans chaque camp. C'est finalement Obama qui a obtenu plus de 270 grands électeurs pour gagner une nouvelle fois la Maison blanche. Tout est allé très vite dans les deux dernières heures. Les journalistes ont eu les yeux rivés sur les swing states. Et comme le précise le Washington Post, les victoires d'Obama dans les Etats clefs ont été très serrées. D'où ce suspense qui a duré toute la nuit.

Une New York Times
Une New York Times

"Une nuit Obama" titre le site du New York Times, en précisant que le résultat du vote populaire est très partagé. La réélection d'Obama n'est pas le signe qu'une nation divisée qui s'est finalement retrouvée le jour de l'élection. Mais c'est simplement le signe d'un puissant soutien aux politiques pour l'emploi, la réforme de la protection de la santé, l'augmentation des prélèvements pour réduire le déficit publique. Une politique modérée en matière d'immigration, d'avortement, et autour du mariage homosexuel. Ce vote pro-Obama, c'est un rejet de l'ère Regan faite de baisse d'impôts, de politique de la peur, d'intolérance et de désinformation.Le site du Los Angeles Times publie les photos de la victoire pour les uns, de la défaite pour les autres. Pas besoin de légende. D'un côté, les explositions de joie multicolores avec des bannières étoilées qui dansent. De l'autre, des visages consternés, souvent exclusivement blancs.

Une BBC
Une BBC

Car disons-le, aux Etats-Unis, l'origine ethnique a son importance dans le vote. C'est ce que nous rappelle le site de la BBC. Et le pays est traversé par d'énormes mutations démographiques que les sondeurs ont parfois du mal à analyser. L'Amérique s'est fondée sur des vagues successives d'immigration. Et la population américaine a de nouvelle tendances ethno-raciales comme on dit sans complexe là-bas. Le communautarisme est un mode de vie très répandu sur le nouveau continent. Alors quand on est noir, latino, asiatique, indo-américain, ou blanc, on ne vote pas de la même façon. Et les blancs sont en train de devenir minoritaires aux Etats-Unis. Ils constituent encore 63% de la population. Mais pour la première fois, l'année dernière, les enfants blancs de moins de un an sont devenus minoritaires dans le pays. Depuis 2000, le nombre d'hispaniques et d'Asiatiques est en augmentation constante sous l'effet de l'immigration et d'une natalité plus forte. Et cela va avoir des conséquences durables sur le vote des Américains. Et peut être que cela a joué hier dans la réelection de Barack Obama.

Une de La Republicca
Une de La Republicca

Un vote très serré, une élection à pile ou face avait anticipé le quotidien de centre-gauche italien la Repubblica. Beaucoup d'électeurs se sont décidés juste avant le vote car ils n'ont été convaincus par aucun des deux candidats. On perçoit une nation qui ne s'identifie ni à Obama ni à Romney. Une partie de l'électorat privilégie le républicain par haine pure et simple du démocrate, l'autre partie soutient à contrecœur le président pour ne pas avoir à céder la barr Romney et Obama ne sont pas parvenus à développer des programmes clairs et à exposer leurs propres conceptions de l'Amérique. Ils laissent les électeurs dans l'incertitude et se sont exposés ainsi à un choix de dernière minute.

Pour le Spiegel, quelque soit le résultat, les élections ne changeront rien aux Etats-Unis. Il y aura toujours un capitalisme sauvage aux Etats-Unis après les élections, critique le chroniqueur Jakob Augstein : "L'armée américaine élabore une arme capable d'atteindre - et de détruire - n'importe quel point de la planète en une heure. Dans le même temps à Brooklyn, dans le Queens et au New Jersey, les câbles électriques restent suspendus à des poteaux en bois au-dessus des rues. Voilà l'Amérique. Un pays high-tech pour les élites, un pays en développement pour le reste. Obama n'a rien pu y changer. Romney n'y changerait rien. L'Europe se trompe quand elle croit que choisir entre les deux candidats revient à choisir entre le bien et le mal. Obama n'est pas une colombe et Romney, pas un faucon. Le président sortant préfère peut-être mener ses guerres avec des drones qu'avec des troupes, mais cela ne change pas grand-chose pour les victimes. Son opposant, de son côté, malgré tout ce qui a été dit, ne se serait pas engagé aux côtés d'Israël dans une guerre contre l'Iran que les Etats-Unis ne peuvent vraiment plus se permettre aujourd'hui. Le système politique est entre les mains du capital et de ses lobbyistes.

> Découvrez notre dossier spécial "Un deuxième mandat pour Obama"

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