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Pas d'extraterrestre de Roswell dans la zone 51

5 min

Par Marine de La Moissonnière Les Men in Black, les Simpson et même Indiana Jones se sont rendus sur la base de la zone 51. Sans parler de la série X Files ou du film Independant Day. C'est El País qui dresse ce matin, la liste de toutes les références à la célèbre zone 51, que ce soit à la télévision, au cinéma, dans la littérature ou la musique. Megadeth a écrit une chanson sur cette zone. Les Pixies aussi. Une zone dont "Washington a nié l'existence, pendant des années, ce qui a alimenté de très nombreuses théories du complot ", écrit le Los Angeles Times. Certains pensent que c'est là que l'armée américaine cache la preuve de l'existence des ovnis et même l'extraterreste de Roswell. Hé bien "maintenant, c'est officiel. La zone 51 existe bel et bien ", s'enthousiasme le journal. "Mais tenez-vous bien, vous les fans de la zone 51", met en garde le LA Times . "Le très long rapport ne contient aucune référence à des petits hommes verts venus d'une autre planète. " Hey oui, grosse déception, amis mordus de sciences fiction et autres amateurs de créatures bizarres : il n'y a rien dans ce rapport rédigé en 1992, par deux historiens de la CIA, rien donc "sur des aliens morts ou des contacts inter-espèces ", confirme Jeffrey Richelson, au Los Angeles Times . Ce responsable des Archives de la sécurité nationale de l'Université George Washington s'est plongé dans le rapport de la CIA : plus de 400 pages et donc pas de petits hommes verts ! Mais il y avait bien des "activités étranges " sur cette base, raconte le Telegraph. Pas aussi intriguantes que ce à quoi s'attendaient les chasseurs d'ovnis, reconnaît le quotidien britannique. Mais tout de même, la zone 51, c'est une base militaire ultra-confidentielle, située dans le désert du Névada, à 150 km au nord-ouest de Las Vegas. Une base d'essai pour des avions-espions - des U2 notamment - qui volaient à très haute altitude et qui ont mené des missions secrètes en URSS, en Chine et à Cuba notamment, pendant la Guerre Froide, détaille le Guardian.Alors comment expliquer ce lien entre la zone 51 et les Martiens ? Là encore, vous allez être déçus. L'explication est des plus banales. Dès le début des vols d'essais et d'entraînement, en 1955, les signalement d'ovnis augmentent de façon phénomènale tout simplement parce que, comme le raconte L'Orient Le Jour, "à l'époque, les appareils commerciaux volaient à une hauteur de 3.000 à 6.000 mètres. Les U2 volaient eux à plus de 20.000 mètres." Du coup, souvent le soir, des pilotes commerciaux, volant d'est en ouest, ou bien des gens au sol avaient l'impression de voir des objets enflammés très haut dans le ciel. En réalité, le soleil se reflétant sur les ailes argentées de l'avion-espion. "A cette époque, personne ne soupçonnait que le vol habité était possible à 20.000 mètres, donc personne n'envisageait de voir un objet si haut dans le ciel", expliquent les auteurs du rapport, cités dans L'Orient Le Jour . Et comme le programme était ultra-secret, impossible de dire la vérité à ceux qui s'inquiétaient de voir de tels phénomènes. Comme le rappelle le Telegraph , le gouvernement américain avait déjà donné des informations sur la zone 51. Trois fois rien. Et surtout dans les documents officiels déjà déclassifiés, toutes les mentions à cette zone étaient généralement censurées. Sur les cartes par exemple, explique le quotidien britannique, "figurait simplement une mine abandonnée ou bien une zone d'exclusion aérienne alors que sur Google Maps ou des images satellites, on peut voir la zone 51. " Alors entre ça et les dénégations répétées des autorités dès qu'on les interrogeait sur l'existence de cette zone, on comprend comment les rumeurs de complot ont pu se multiplier.Aujourd'hui, c'est donc la première fois que la CIA reconnaît officiellement l'existence de cette base. Elle va plus loin car elle fournit sa localisation exacte, une photo ainsi qu'une carte. Si la CIA a déclassifié ces documents, raconte The Telegraph , c'est parce qu'elle y a été obligée, en réponse à une "demande d'informations" déposée en 2005, par Jeffrey Richelson. Cet homme - qui travaille donc aux Archives de la sécurité nationale de l'Université George Washington - avait déjà fait la même demande en 2002. Il avait alors obtenu des documents censurés. Le rapport qu'on lui a remis cette fois-ci est bien moins expurgé, preuve que la CIA lâche du lest, estime le chercheur dans les colonnes du LA Times . Jeffrey Richelson espère maintenant avoir accès à d'autres documents sur la course aux armements pendant la Guerre Froide. Mais la CIA ne va pas jusqu'à livrer tous ses secrets sur la zone 51. "Il reste des passages qui ont été effacés ", croit savoir The Independent. "Et cela va sans aucun doute donner du grain à moudre aux partisans de la théorie du complot." Comme le dit El País , "ce n'est pas un démenti de la CIA qui va réussir à venir à bout des mites populaires et des théories martiennes. "

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