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Peut-on s'échapper d'un trou noir ?

5 min

Si vous sentez que vous êtes dans un trou noir, surtout, n’abandonnez pas, il y a un moyen d'en sortir. Voilà le conseil, délivré cette semaine par l’éminent physicien et mathématicien Stephen Hawking, lequel a bâti toute sa carrière sur ces objets mystérieux, les fameux trous noirs, tellement denses qu’ils attirent à eux tout ce qui passe à proximité et produisent des forces de gravitation telles, qu'ils ne laissent rien s'échapper, pas même la lumière. En d'autres termes, on pense que tout ce qui tombe dans un trou noir est entièrement détruit.

Markarian 231, a binary black hole found in the center of the nearest quasar host galaxy to Earth, is seen in a NASA illustratio
Markarian 231, a binary black hole found in the center of the nearest quasar host galaxy to Earth, is seen in a NASA illustratio Crédits : NASA NASA - Reuters

Mais ce que vous ne savez peut-être pas, précise le journal NEW SCIENTIST cité par le Courrier International, c’est que depuis 40 ans maintenant, les physiciens débattent sur ce qui arrive, non pas aux objets mais aux informations des objets (la nature des particules, leur vitesse, leur position), une fois qu’ils tombent dans un trou noir. D'après les défenseurs de la théorie de la relativité générale, ces informations sont forcément détruites. Fin de l'histoire. Mais, selon les adeptes de la mécanique quantique, cette fois-ci, ces informations ne seraient pas détruites mais stockées par les trous noirs.

Restait donc à savoir s'il était possible de récupérer ces informations. Diverses hypothèses ont été avancées sur le sujet, précise pour sa part LE TEMPS de Genève. L'une consiste à dire que l’information pourrait voyager vers d’autres univers, via un «trou de ver». Elle ne serait donc pas détruite mais simplement perdue pour notre Univers à nous, au profit d’un autre. Et puis il existe une autre hypothèse, selon laquelle l’information pourrait être stockée à la surface de « l’horizon », c'est à dire à la frontière du trou noir en deçà de laquelle on ne peut plus échapper à son attraction. En d'autres termes, en pénétrant au-delà de cette frontière, en s’échappant en somme du trou noir, la matière emporterait avec elle une partie de son information.

Il existerait donc ainsi une porte de sortie aux trous noirs. Sauf que ces projections de la matière, à la surface de « l’horizon des événements », comme on l'appelle, contiennent certes l’information mais pas toute l'information. Et le journal THE NEW SCIENTIST de préciser à son tour : si l'information n'est pas, contrairement à ce que l'on pouvait imaginer, engloutie à jamais dans le trou noir, cet espèce d'ogre cosmique, en revanche, elle se retrouve renvoyée à sa frontière sous une forme chaotique et surtout inutile. En clair, pour toutes utilisations pratiques, l’information serait en réalité bel et bien perdue. Ce qui, au final, ne résout donc pas le paradoxe de l’information. Et voilà pourquoi certains voient dans la nouvelle théorie dévoilée cette semaine par le célèbre physicien davantage un effet d'annonce qu'autre chose.

Pour eux, en revanche, la question se pose de manière beaucoup plus pratique. Eux, ce sont, les migrants. Comment échapper au trou noir ? Et malheureusement, les derniers évènements ne leur laissent que peu d'espoir.
Un autre voyage de l’espérance finit en tragédie. Voilà ce que l'on peut lire, notamment, dans les colonnes de LA STAMPA. Hier, des dizaines de migrants sont morts asphyxiés alors qu’ils voyageaient clandestinement à travers l'Autriche, dans un camion immatriculé en Hongrie. Au bord d’une autoroute, un camion abandonné, étrangement garé sur la bande d’arrêt d’urgence, a été découvert. Une odeur puissante émanait du conteneur de fret, où les cadavres gisaient entassés, empilés les uns sur les autres, précise son confrère autrichien THE LOCAL. Face à une montagne de membres enchevêtrés, les agents sur les lieux ont même été incapables, dans un premier temps, de déterminer le nombre exact de morts, probablement entre 20 et 50, ni même de distinguer les hommes des femmes ou de savoir si il y avait des enfants parmi eux. Ce matin encore, on ne connaît ni la nationalité des victimes, ni la date exacte de leur décès.

Forensic police officers inspect a parked truck in which up to 50 migrants were found dead, on a motorway near Parndorf
Forensic police officers inspect a parked truck in which up to 50 migrants were found dead, on a motorway near Parndorf Crédits : Heinz-Peter Bader - Reuters

Hier, hasard de l'actualité, la chancelière Angela Merkel venu à Vienne pour convaincre les pays des Balkans de retenir leurs ressortissants tentés de demander l’asile en Europe, a donc été rattrapée par la sordide réalité. Une découverte macabre, écrit THE WASHINGTON POST qui, s'il fallait encore s'en convaincre, vient souligner l’urgence qu’il y a à résoudre aujourd’hui la crise des migrants en Europe. Et puis parce que l'actualité ne s'embarrasse pas à distiller ses informations les plus sordides, on a appris également hier le nouveau naufrage d'un bateau transportant des migrants au large de la Libye. Environ 400 personnes se trouvaient à bord de l'embarcation lorsqu'elle a chaviré, précise le quotidien américain. Les gardes-côtes ont pu porter secours à environ la moitié d'entre elles, ce qui laisse entendre que le bilan humain pourrait s'élever à près de 200 morts.

Enfin direction l'Inde à présent, où le mouvement des patels fait craindre le réveil de la guerre des castes.
Depuis mardi, des manifestations monstres sont organisées par la caste des « patels », composée en majorité d’industriels et de propriétaires terriens, qui s’insurgent contre les quotas dont bénéficient les castes inférieures, pour obtenir un emploi dans l’administration. Autobus en feu, commissariats de police attaqués, batailles de rue. Il aura fallu le déploiement de l’armée hier pour que le calme revienne un peu, précise THE HINDU. Reste qu'en dépit du couvre-feu, Ahmedabad, la capitale économique du Gujarat s’est transformée en véritable champ de bataille et neuf personnes sont mortes en seulement deux jours, souligne son confrère MINT. De quoi raviver le souvenir tragique des pogroms antimusulmans qui avaient fait rage dans la même région, c'était en 2002. Sans compter que depuis le mouvement est en train de faire boule de neige. La caste des « jats », dans l’Etat de l’Haryana, menace à son tour de manifester, relève quant à lui THE HINDUSTAN TIMES, lequel va jusqu’à s’interroger sur la viabilité du principe de discrimination positive en Inde. De quoi décidément nous faire douter, un peu plus encore ce matin, sur notre capacité à sortir effectivement du trou noir.

Par Thomas CLUZEL

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