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A quoi sert la presse

5 min

Bonjour ali bonjour à tous, euh... finalement... à quoi ça sert de lire la presse? Question de fond pour celle qui l'explore tous les matins... question centrale pour n'importe quel journaliste... voir n'importe quel citoyen ajoutent la Stampa en Italie comme la Vanguardia à Barcelone parce que c'est un organe de vigilance indispensable face à l'impunité du monde... rajoute el Pais à Madrid... nous sommes pléthore à nous indigner des violations flagrantes aux droits humains... des violations que nous regrettons sans cesse de ne recevoir que depuis les confins du monde et d'une trop faible voix.... ainsi continue la Stampa alors que nous avons les yeux rivés sur l'Iran et avant l'Iran sur la Corée du nord... et bien nous passons à côté d'informations toutes aussi importantes... parce que contrairement à ce que l'on a pu croire l'histoire ne s'est pas terminée avec la chute du mur de Berlin... elle ne se joue pas non plus exclusivement en occident ni au Moyen Orient ... non dit la Stampa, il est un continent que nous continuons d'ignorer et pourtant c'est là sans doute que tout se joue... en Afrique... ou plus précisément sur la corne de l'Afrique... cad la Somalie l'Eritrée l'Ethiopie... parce que c'est là que se fait l'incubation de notre prochaine crise mondiale... c'est là que murit le prochain soubresaut géopolitique et géoreligieux aussi grave et risqué que ce que nous avons connu en Afghanistan et en Irak... la Somalie est le modèle de ce que les politologues appellent la faillite de l'état ... c'est un concentré de toute les catastrophes de tous les démons qui hantent l'humanité... la pauvreté la corruption la haine la violence la récupération religieuse... autant d'aspects qui mènent toute la région vers le chaos et que pourtant nous ignorons... la piraterie dont on parle dans les journaux n'est qu'un tout petit aspect de la situation... une situation qui est en train de devenir incontrôlable et il faut lire le reportage exclusif d'Al Jazeera ce matin pour en être convaincu c'est une journaliste britannique d'origine somalienne qui a eu le courage d'aller dans son pays pour mener l'enquête sur la piraterie somalienne ... elle y a rencontré des hommes très audacieux dans le Puntland ... des hommes qui n'ont plus rien à perdre et qui attendait depuis longtemps que l'on vienne les rencontrer et leur demander pourquoi ils sont pirates... poussés par le désespoir, le profit, l'envie de vivre tout simplement... ils ont organisé une société en marge de toutes les normes que l'occident a imposé... la violence bien sûr les rançons de la piraterie mais avec elles aussi... des entreprises qui fonctionnent des commerces une activité pour les gens de cette région que le monde ignore... le problème conclut la journaliste ... c'est qu'à force d'être ignorés les gens n'ont plus d'espoir et peuvent aller de plus en plus loin notamment dans une forme de conservatisme... et c'est ainsi que l'islam se radicalise sur tout le territoire au risque de faire passer les profits derrière un fanatisme religieux et c'est peut être ainsi qu'il faut expliquer la radicalisation des preneurs d'otages du Yémen... renchérit la presse allemande ce matin qui s'interroge sur la mort des deux infirmières allemandes et de l'institutrice sud coréenne pour la Suddeutsche Zeitung... aucun doute c'est la marque d'al Quaïda ... tant ces meurtres ont été brutaux et la BBC précise... la tactique de ces yéménites a changé... jusque là il s'agissait surtout de récupérer de l'argent... mais maintenant l'affaire devient politique... il s'agit de lutte de pouvoir... d'où la réaction musclée du gouvernement du Yémen qui a lancé l'armée avec les services secrets allemands à la recherche des autres otages et dans une opération d'intimidation des preneurs d'otages... L'intimidation... c'est d'ailleurs encore le rôle de la presse considère l'Independent qui a l'instar du Daily mail... s'énerve ce matin ... le pouvoir doit rendre des comptes lorsqu'il fait n'importe quoi... et c'est ainsi que l'enquête sur les opérations britanniques en Irak ne doit pas être tenue secrète comme le voudrait Gordon Brown ... l'engagement militaire britannique le plus controversé de notre histoire doit être assumé publiquement dit l'Independent ou bien c'est la porte ouverte à toutes les dérives! Ah décidément le monde a bien besoin d'être enchanté écrivait Edgard Morin dans l'édition du monde d'hier... une idée reprise ce matin par le Libre Belgique qui veut "construire une humanité nouvelle"... comment ? et bien avec une tendance à la mode ces jours ci... avec la prise de conscience de cette réalité écrasante : la planète est en danger... une réalité qui s'accompagne pourtant d'une tâche enthousiasmante... changer notre mode de vie nos habitudes... comprendre que le bonheur n'est pas dans la croissance ... d'ailleurs dit la Libre Belgique... collectivement nous voyons déjà le boomerang annoncé depuis des années... la pression migratoire, la haine de l'occident, le chômage, déprimes et solitude, violence et désespoir... il est grand temps d'arrêter ce cours absurde de la croissance matérielle Est ce pour cela ... interroge alors le Guardian que British Airways a lancé cette idée saugrenue hier... et si pour faire face à la crise on travaillait tous gratuitement!!!!! l'entreprise qui le mois dernier a fait état d'une perte record a demandé hier à ses salariés de travailler au moins un moins sans salaire... parce qu'ils aiment leur travail... titre le une du journal avec ironie... en fait c'est surtout pour conserver leur poste... Nous voilà revenus au 1er mai 1920 lorsque Lénine demandait à ses concitoyens de donner un jour de travail gratuitement pour l'humanité... ça semble prometteur comme idée... sauf qu'on est loin de ce beau rêve!... s'insurge le Guardian...et les salariés l'ont bien compris... ils demandent ainsi que ce soit leurs dirigeants qui payent le prix des pertes... un mois d'un salaire à plus 60 mille livres par exemple, servirait déjà bien à combler le déficit de l'entreprisde? et le quotidien conclut... pour faire face à la crise l'idée neuve n'a donc rien de révolutionnaire... c'est le partage collectif des dégâts... sauf qu'on a beau répéter ces jolis phrases... les mots ne font plus rien aujourd'hui se lamente un écrivain roumain dans les colonnes du Soir en Belgique... et oui les poètes, les journalistes, les écrivains ne sont plus depuis longtemps les voix de la cité... avant les mots étaient une arme... la peur des mots faisait son effet... mais maintenant dans le capitalisme, le poète n'est plus qu'un bouffon ... il ne faut pas se faire d'illusions... L'écrit ne fait plus contre pouvoir... Est-ce à dire que la presse ne sert plus à rien ? Bonne journée

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