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Revue de presse internationale 01/02/11

5 min

Par Thomas CLUZEL

On ne meurt qu'une fois ... Et il est mort ... Ses partitions étaient aussi célèbres que les films qu'elles accompagnaient titre ce matin THE INDEPENDENT ... Au service secret du son majestueux John Barry a tiré dimanche sa révérence ...

extrait n°1 : BOND

Il y a peu de compositeurs aussi immédiatement identifiable que lui … écrit ce matin THE GUARDIAN ... Ses bandes sonores sont autant la bande originale de nos vies ... que celles des films et autres séries télé pour lesquelles elles ont été écrites ... Aussi je me souviens par exemple de la bande sonore de mes dimanches ... à l'heure du déjeuner ... C'était au début des années 70 ... Des notes s'ouvrant sur un clavecin électrique et qui créaient chez moi une véritable excitation ... A présent j'imagine John s'échappant à son tour avec la jeune fille au pair au volant d'une type E cabriolet sur des routes en lacets du Sud de la France ...

extrait n°2 : AMICALEMENT VOTRE

John Barry vivait depuis des décennies dans l’Etat de New York ... à proximité de l’océan et donc de ses origines ... C'est en effet dans la vieille York anglaise qu'il nait en 1933 … écrit ce matin l'éditorialiste du TEMPS ... D’emblée il entend sous les épisodes marquants de son enfance des orchestres à cordes qui étoffent les émotions ... Son père dirige plusieurs cinémas … et à 3 ans et demi on l’assied au dernier rang devant l’écran ... Il regarde Errol Flynn en collant vert et moustache fine qui se prend pour Robin des Bois ... Mais c’est la bande originale pleine de trompettes médiévales qui s’imprime en lui ... John doit étudier le piano classique mais lui préfère de loin les cuivres ... En 51 alors qu’il suit à Londres des cours de trompette il découvre alors la partition d’un Américain à Paris … signée George Gershwin ... Tout est là ... déjà ... de ce swing sophistiqué … de ces nappes minées de faux lyrisme où l’essentiel de l’œuvre de John Barry s’étendra ...

John est un passionné de classique converti au jazz ... Il prend des cours par correspondance et après avoir fait ses premiers pas comme arrangeur pour d’autres groupes … précise ce matin le site d'information en ligne SLATE ... il forme en 57 The John Barry Seven … avec qui il connaît plusieurs succès mineurs dans les « charts » comme « Hit and Miss » en 1960 ...

extrait n°3 : HIT AND MISS

A l'époque John Barry ne désire alors rien d’autre que de voir sa musique sur pellicule hollywoodienne …peut on lire toujours dans les colonnes du TEMPS ce matin ... Après mille génériques d’émissions pour la BBC il est appelé pour sauver les meubles d’un film qui le poursuivra ... En 62 ... les producteurs de « James Bond contre Dr. No » veulent se séparer d’un plumitif de la partition … Monty Norman qui a sali le boulot ... Barry reprend l’affaire ... Il compose un thème mythique qui assurera sa réputation ... mais dont Norman garde jusqu’à nos jours la jouissance des droits malgré une série de procès ... Qu’importe … la série triomphe ... Barry signera la musique de onze épisodes avec pour points d’orgue ... de son propre avis … la musique de « Goldfinger » ... célèbre pour la chanson-titre de Shirley Bassey … et qui fera dire au coproducteur du film à l'époque : «C’est la pire putain de chanson que j’ai jamais entendue ... Le film sort dans trois semaines et si j’avais le temps je la foutrais à poubelle» ... Du moins … avant que le disque ne reste trois semaines numéro un des « charts » aux Etats-Unis pourtant squattés à l'époque par les groupes de la «British Invasion» ... Beatles et Stones.

extrait n°4 : GOLDFINGER

En général John attend la demande ... Une seule fois il aurait aimé s’imposer ... Lorsque Kubrick entame la préparation de 2001 ... le compositeur le contacte ... Le réalisateur décline ... Petit échec donc dans un cortège de gloire ... Avec Mancini et Morricone il appartient à cette génération de compositeurs que les grosses productions hollywoodiennes s’arrachent pour rehausser leur légende ... Du coup l’Anglais cède parfois à l’aisance du grandiose symphonique et des espaces illimités … nuance l'éditorialiste ... De ce point de vue … la musique de « Danse avec les loups » ou de « Proposition indécente » reproduisent avec paresse le miracle d’ « Out of Africa ».

extrait n°5 : OUT OF AFRICA

Au fil du temps précise ce matin le site d'information SLATE ... John était devenu une influence majeure … non seulement des compositeurs de musique de film ... mais aussi de nombreux musiciens ... Parmi eux les pop stars à la recherche de la formule magique ... Robbie Williams le samplait sur Millenium ... les songwriters classieux Tindersticks … Pulp ou bien encore Portishead … mais aussi les laborantins explosifs qui lui ont fait subir les meilleurs outrages … Fatboy Slim le samplait sur « Rockafeller Skank » et Beck lui rendait hommage sur le bien nommé Diamond Bollocks « couilles de diamants » … La meilleure preuve que ses diamants ne sont pas seulement éternels … On peut aussi les tailler et les retailler … les sertir sur des bagues fantaisies ou de l’or 24 carats … on obtiendra d’autres joyaux siglés toujours encore … John Barry.

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