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Revue de presse internationale de Ludovic Piedtenu

4 min

"L'expérience du passé nous enseigne que les assassinats ponctuels de chefs de mouvements politiques et d'organisations militaires ne sont pas nécessairement efficaces." Ainsi commence ce matin l'édito du quotidien Haaretz en Israël."Pas nécessairement efficaces et qui donnent même lieu généralement à la place à des dirigeants plus extrêmes.""Il suffit de rappeler, poursuit-il, le chef du Hezbollah, Cheikh Hassan Nasrallah qui a été nommé à son poste suite à l'assassinat du Cheikh Abbas Moussaoui en 1992.""Au-delà de cette inutilité, l'assassinat de Jabari et le calendrier sont susceptibles de se révéler comme une erreur stratégique. La situation dans toute la région pourrait se détériorer" entre Israël et l'Egypte notamment.Et puis, conclut l'éditorialiste, "la précédente opération à Gaza "Plomb Durci" en 2009 avait blessé de nombreux civils dans le Néguev dont des enfants. C'est le moment de se rappeler des leçons de cette opération et d'éviter, autant que possible, les actions violentes. Il est maintenant temps d'agir pour calmer les choses." Cet éditorial évoquait le calendrier. On ne peut évidemment s'empêcher de penser à la séquence électorale qui arrive en Israël.Dans Haaretz toujours, Barak Ravid tient la plume."L'assassinat de Jabari, écrit-il, deux mois avant les élections est une réalisation extraordinaire pour Netanyahou et Barak dans l'opinion publique israélienne. La décision de l'assassinat n'était certainement pas politique, mais ses conséquences vont influencer l'électeur israélien. Tout comme l'assassinat d'Oussama Ben Laden transformé en un formidable atout électoral pour le président américain Obama, la clôture des comptes avec Jabari, le ravisseur du soldat Gilad Shalit, sera un point clé dans la campagne de Netanyahou et Barak." Avec ce bémol, en cas de nouvelle guerre, "leur pari pourrait se révéler être une erreur. Le défi pour chacun d'eux sera de savoir comment éviter de passer de généraux pour le moment à deux politiciens qui mêleraient Israël à une guerre inutile." La comparaison avec l'assassinat d'Oussama Ben Laden.Pour Anshel Pfeffer, dans une autre tribune toujours dans Haaretz , comparaison cette fois avec l'Ouragan Sandy."Quel effet sur les chances électorales de Netanyahou ?" s'interroge-t-il."Le point de vue cynique d'une telle décision connectée à des considérations politiques n'est pas injustifié." "Aucun des rivaux politiques de Netanyahou et de Barak ne seront en mesure d'attaquer au cours des prochains jours.""Ils seront forcés de se réjouir depuis les gradins.""Ehud Barak aura lui à coeur de montrer aux électeurs qu'ils ont encore besoin de ses mains stables sur les rênes de la sécurité - alors, écrit-il, ils feraient mieux de s'assurer que son parti, Atzmaut, franchisse le seuil électoral le 22 janvier. Il s'est assuré au cours de sa brève allocution conjointe hier soir à la télévision avec Netanyahu de porter sa tenue de combat, une veste sévère en cuir noir." Et de reprendre la comparaison."Obama n'était certainement pas heureux de voir la destruction et la misère lors de sa visite sur la côte Est des Etats-Unis, mais il a fait pleinement usage de la possibilité de renforcer son image en tant que commandant en chef compétent dans une situation d'urgence nationale. Netanyahu n'est pas différent." Dans The Daily Star au Liban, l'éditorialiste se montre déçu de la réaction des dirigeants israéliens."Ils vont riposter avec une force meurtrière parce que la perspective d'une élection est le moment idéal pour eux de marquer des points politiques." "Une autre guerre entre Israël et Gaza ?" s'interroge cette fois l'éditorialiste du New-York Times ."Certains commentateurs israéliens, écrit-il, laissent entendre que la décision de Netanyahu est connecté aux élections de Janvier. Mais il y a, selon lui, d'autres options. Israël aurait pu demander à l'Egypte dont le nouveau gouvernement dirigé par les islamistes a des liens étroits avec le Hamas, une médiation pour un cessez le feu plus durable. Lundi, le Hamas a laissé entendre qu'il était ouvert à cela." Autre option : "Israël aurait pu agir comme il l'a souvent fait ces dernières années en évitant ces opérations d'envergure et en visant des sites d'entraînement ou des usines vides" .Alors pourquoi cette option et "pourquoi maintenant ?" se demande Yossi Verter de nouveau dans Haaretz sous le titre "La première guerre de Netanyahu" ."Cette première guerre ressemble étroitement à la deuxième guerre d'Olmert - elle est menée à Gaza, en hiver, après une escalade rampante et une semaine de roquettes tombées dans le Sud, et environ deux mois avant l'élection à la Knesset." Comme la fois précédente, "la campagne électorale entre pour plusieurs semaines dans un congélateur"."Des déclarations résolues d'hommes politiques en blousons noirs vont se multiplier à la télé. Mais la réaction post-assassinat de Jabari pourrait laisser la place à d'autres voix bien différentes qui vont elles aussi jouer sur l'élection et cet arêne politique.""Les guerres, conclut ce journaliste israélien, se terminent rarement comme elles ont commencé. Nous avons déjà vécu çà, plus d'une fois."

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