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Revue de presse internationale de Ludovic Piedtenu

5 min

Convaincre, l'occurence la plus fréquente dans la presse européenne ce matin.Convaincre, c'est "le combat d'Hollande" titre Der Spiegel en Allemagne."Il s'est présenté en patriarche, Président de tous les Français" raconte le journaliste."Avec un ton parfois professoral pour un tutorat de deux heures, il a enseigné, expliqué, emballant sa politique dans du coton et de l'émotionnel, mais sans non plus se perdre dans des visions roses"."Il dit que la situation est grave, que le chômage va augmenter, il n'a pas peur de la critique, il ne redoute pas les sondages"."Dans cette soirée, il a certainement marqué des points, estime mon confrère de Der Spiegel, en se montrant à la fois cerveau de la nation et très fidèle à l'image présidentielle française." Marquer des points, les confrères s'attardent longuement sur cet aspect des choses faisant constamment référence à la popularité en berne du Président et du gouvernement... A titre d'exemple Der Tagesspiegel titre "Enquête sur la profondeur du trou" .Die Welt a vu de son côté un "Hollande, hyper-réaliste" .Mais a décelé aussi la bataille, le combat qu'il avait à mener. "Il est en mission" écrit le journaliste.Hier soir, il a donc "entamé un récit, jeté les bases de sa propre légende" quant il parle de "réorientation européenne" comme "un triomphe personnel sur l'austérité imposée par Angela Merkel" . Il a "renégocié le traité" et "il n'a pas dit oui" ironise mon confrère qui aborde un autre renoncement quant aux promesses de campagne, le droit de vote des étrangers aux élections locales. On a senti, écrit Die Welt , que "son explication sonnait comme une évasion" étant clair "que ce ne sera pas mis en place" .En Suisse, le quotidien Le Temps aborde aussi le "nouveau réalisme hollandais" ."Force est de constater , écrit Ignace Jeannerat dans son édito, qu'il a changé de focale, c'est un retour à la réalité" ."La mutation du gouvernement désormais social-réformiste est venue au grand jour" .Même si je le cite "pour ne pas effaroucher son camp - la gauche - François Hollande a emballé la confirmation de "ramener à marche forcée le rétablissement des comptes publics" d'une petite musique de fond socialiste (justice, égalité, dialogue social, etc.). A l'usage de son électorat." En plus de cet éditorial, lisons le papier cette fois de la correspondante à Paris Catherine Dubouloz toujours dans Le Temps qui pointe ce passage du propos présidentiel : "Il nous faut réformer l'Etat, notre organisation, notre système social, faire mieux en dépensant moins." "Ces propos , écrit-elle, illustrent la révolution copernicienne et ne vont pas réconcilier le président avec sa gauche. Pour elle, "le socialiste va à l'encontre de la politique traditionnelle d'une telle majorité". Face aux critiques ou aux accusations de reniement, "Hollande s'est donc empressé de rassurer les sceptiques" titre le Financial Times ."Il a lancé un appel au public, à l'opinion pour juger de l'action de son gouvernement"."Il a voulu dissiper les doutes au sujet de son leadership en cherchant à démontrer un programme de réformes actif et une vision convaincante sur une France qui vacille". Convaincant, peut-être pas temps que çà pour le journaliste italien du quotidien Europa ."En style bon père de famille, plutôt qu'en "Président normal", Hollande a une nouvelle fois expliqué sa recette" et il "a demandé, à la française, de lui donner plus de temps, de le juger sur cinq ans". Ce que le correspondant à Paris du Corriere della sera sur son Blog intitulé "SuperDupont" a, à l'inverse, apprécié. "Ce calme, le calme du président normal qui veut convaincre que toutes ses décisions étaient le résultat d'un choix cohérent, d'un plan médité, d'une politique moins spectaculaire que son prédécesseur car il se penche sur l'état de la France et non sur l'état des sondages"."Un Hollande à son meilleur qui a très bien joué" pour Stefano Montefiori.Mais globalement, la presse internationale et surtout on aurait pu l'imaginer la presse européenne ne s'attarde pas sur cette conférence de presse du Président français ce matin. Tous ou presque ont repris cet extrait du discours : "le déclin n'est pas notre destin" . Mais hormis le factuel, pas de commentaires en masse. Du coup, peu de critiques non plus.Et côté britannique, un regret mentionné dans The Daily Telegraph ."François Hollande n'a pas dit un mot de "l'éléphant de l'Elysée" ... personne visée avec cette expression sympathique Valérie Trierweiler, comprenez l'éléphant dans un magasin de porcelaine."Sarkozy avait profité d'une telle conférence de presse pour dire : "Avec Carla, c'est du sérieux" rappelle Henry Samuel, mais la nuit dernière, pas un mot sur la "Controversial and unmarried First Lady" - cette première dame qui n'est pas marié et qui provoque la controverse. "Elle n'était pas présente hier soir dans la salle des fêtes de l'Elysée sauf son conseiller" qui déclare au journaliste britannique "être "très soulagé" que son nom n'ait pas surgi" . Ce journaliste britannique soulignons-le qui consacre la première partie et finalement la moitié de son papier à la journaliste de Paris-Match .Pour le coup, ici, la pédagogie de François Hollande n'a visiblement pas convaincu.

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