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Revue de presse internationale de Ludovic Piedtenu

4 min

"Il est 18h50 et le compte macabre se met en place"."Un coursier à moto tombe sous les balles tirés par un inconnu. Vingt minutes plus tard, c'est un agent de la police militaire. 21h, un homme succombe à ses blessures. Une heure passe et un autre homme meurt dans un échange de coups de feu. 23h, deux personnes sont tuées par balle. Trente minutes et un homme est assassiné.""Une nouvelle fois, Sao Paulo, la mégapole fait parler d'elle, la plus grande ville du Brésil avec ses 20 millions d'habitants, la plus riche aussi, la plus folle, l'insolente, l'impudente" nous raconte le correspondant du Monde , Nicolas Bourcier, dans un reportage publié ces dernières heures dans le quotidienLe Temps en Suisse intitulé "Vingt-quatre heures dans la cité sanglante". La nuit qu'il décrit est celle "du 25 au 26 octobre, 12 décès sur toute la région du grand Sao Paulo, 19 en 24 heures" . C'était la deuxième nuit de violences.Mais depuis "le compte macabre" comme il l'appelait est de près de 200 morts en bientôt 3 semaines."Quinze morts dans la seule nuit de jeudi à vendredi dernier, puis 10 autres dans la nuit suivante et encore 21 tués jusqu'à dimanche" .Là-bas, on parle du PCC, ce n'est pas le Parti Communiste Chinois mais le "Premier Commando de la Capitale", "le principal gang criminel au Brésil" nous apprend cette fois Chantal Rayes, toujours dans Le Temps ."Un groupe né en 1993 dans les prisons de Sao Paulo, le "Parti" comme on l'appelle, n'est probablement pas aussi puissant que le disent certains, mais sans doute bien davantage que ne veut l'admettre le gouverneur de l'Etat, pour qui sa réputation comporterait "une bonne part de mythe"." "Le gang contrôle aujourd'hui" , près de 20 ans plus tard, la plupart des prisons de l'Etat pauliste, qui représente "pas moins de 40% de tous les détenus" du Brésil."En mai 2006, le gang avait déjà orchestré une vague" comme celle-là... "En moins d'un mois, il y avait eu 540 morts." "Depuis, poursuit Chantal Rayes, le PCC n'avait plus fait parler de lui. Cela ne l'a pas empêché de se renforcer. Son réseau compterait aujourd'hui 4 000 personnes, près de trois fois plus qu'il y a six ans." C'est la "Mathématique de la violence" titre la Folha de Sao Paulo ."Les Eglises ont même suspendu la messe du soir et les commerces se hâtent de fermer leurs portes" peut-on lire encore dans Le Temps .Clarin en Argentine ajoute : "la situation est suffisamment grave pour inquiéter l'Eglise catholique." "18 églises ont fermé." "L'archevêque" organisait dimanche dernier "une manifestation contre la paralysie officielle." "Le couvre-feu" est en vigeur dans certains quartiers. "Sao Paulo est en guerre" titre Clarin .Selon le grand quotidien O Estado de Sao Paulo , "le PCC est organisé comme une entreprise" , il "contrôle "une bonne partie" du trafic de marijuana et de cocaïne sur le marché brésilien, il aurait des ramifications en Bolivie et au Paraguay" . Un spécialiste cité dans Le Temps "soutient qu'un arrangement tacite aurait été passé à l'époque avec les autorités" locales."L'Etat ne tenterait pas de reprendre au PCC le contrôle des prisons, d'où le gang tire sa force. En échange, il n'y aurait plus ni mutineries ni attaques contre des policiers" explique le chercheur."Autrement dit, poursuit la journaliste, au lieu de combattre le crime organisé, Sao Paulo a préféré pactiser avec lui..." Et s'il est vrai qu'il y a peu d'analyse de ce phénomène dans la presse brésilienne... il y a comme un écho avec cette actualité que toute cette presse met à la UNE ce matin : la fin du plus grand procès anti-corruption de l'histoire moderne du pays.Ce procès vise le premier mandat de Lula entre 2003 et 2006. Il épargne l'ancien président mais pas son chef de cabinet condamné à 10 ans de prison, reconnu coupable d'avoir dirigé avec 24 autres personnes un vaste système d'achats de votes de députés. Environ 57 000 euros par député... c'est le scandale surnommé "des mensualités"...La corruption... les pots-de-vin... véritable gangrène du pays...Comme dans le cas du PCC avec les policiers et les autorités...La Présidente brésilienne, Dilma Rousseff, se décide enfin à intervenir sur ce dossier de la violence dans la capitale économique.Elle veut déplacer une partie des détenus membres du PCC vers des prisons de haute sécurité en dehors de l'état de Sao Paulo.Un transfert déjà décidé il y a 6 ans mais que le gang avait saboté en organisant des mutineries. C'était un des points de départ de la dernière vague de violences dans la ville alors qu'aujourd'hui il y a déjà 200 morts d'avance... 200 morts de trop.

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