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Revue de presse internationale de Ludovic Piedtenu

5 min

Son visage est déjà entouré d'une corde au sommet d'une potence devant le Parlement Grec à Athènes.C'est la photo à la une du site internet allemand de Der Spiegel .Son nom sera suivi de qualificatifs peu élogieux aujourd'hui dans les rues de Lisbonne, nous explique le quotidien portugais Publico .Son oeil bleu clair est à la une en France de Libération .La chancelière allemande Angela Merkel fait les gros titres de la presse européenne ce matin.Le Portugal d'abord où elle se rend aujourd'hui."5 heures seulement dans la capitale" , nous apprend le quotidien Publico mais "des manifestations partout dans la ville" puisque "l'itinéraire de sa visite a été gardé secret" . En signe de protestation, "plusieurs associations ont appelé les Portugais à s'habiller en noir comme pour le deuil et à accrocher des rubans noirs aux fenêtres" raconte le quotidien espagnol El Pais .Angela Merkel qui a déjà accordé un entretien à la Radio Télévision Portugaise diffusé hier.Les quotidiens portugais la décrivent ce matin comme "très sereine" , elle qui salue le "courage du gouvernement portugais" ."Interrogée sur les voix qui l'accusent d'être responsable des mesures d'austérité prises dans plusieurs pays européens, la chancelière, écrit Publico , a dit qu'elle était au courant de ces voix, mais étrangement , précise le journal, qu'elle n'était pas responsable des mesures." Et pourtant la presse européenne la surnomme "le Docteur" .Le Temps en Suisse par exemple souligne "l'incapacité d'Angela Merkel à apparaître autrement que comme une maratre médecin. Douée pour rétablir ses patients, mais sûrement pas pour les mettre en confiance." "Les remèdes du docteur Merkel sont "Made In Germany" poursuit le quotidien suisse. Ils sont faits pour soigner des maux physiques, pour rétablir le bon fonctionnement d'organes abîmés par les années d'intégration communautaire mal gérée. Mais l'UE ne souffre pas que de rhumatismes. Elle souffre d'une dépression sérieuse, d'une incapacité à se projeter ensemble dans l'avenir." Et Le Temps de conclure : "C'est dans la tête que cela se passe aussi, Docteur Merkel ! La chimie allemande, à laquelle vous avez failli consacrer votre vie professionnelle, ne résoud pas tout." Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung soutient davantage la Chancelière : "Elle doit se sentir bien seule ces jours-ci. En France, le Président s'enfouit dans son monde imaginaire. En Espagne et en Italie, on se réjouit de la baisse du coût de la dette. Et en Grèce, l'espoir grandit de pouvoir continuer - encore - à renégocier. Merkel manque de moyens de pression pour s'imposer face à la majorité léthargique. L'Europe tombe de nouveau dans une mentalité de bazar. Peut-être , conclut le quotidien allemand, aurait-il mieux valu sortir les outils de torture plutôt que des plans de construction." Et si "la réputation de la chancelière s'effondre en Europe, elle et son ministre Schäuble sont en hausse dans l'opinion allemande" précise El Pais en Espagne qui publie ce matin un reportage réalisé au Portugal avant l'arrivée de la Chancelière.

Et cette photo d'un mur de Lisbonne... Un graffiti qui montre Merkel controlant comme des marionnettes le Premier ministre portugais et son ministre des affaires étrangères.

Angela Merkel sur un graffiti dans une rue de Lisbonne
Angela Merkel sur un graffiti dans une rue de Lisbonne Crédits : PATRICIA DE MELO MOREIRA

"L' institutrice visite le bon élève" titre El Pais ."Lors de la conférence de presse qu'elle donnera conjointement avec le Premier ministre portugais, il n'y aura que quatre questions dont deux pour elle" raconte le reporter Antonio Jimenez Barca qui rapporte "l'intérêt des médias nationaux pour cette visite mais pour dire tous la même chose , écrit-il, l'aversion croissante de l'Allemagne au Portugal." Et de citer l'hebdomadaire Sàbado "Elle visite Lisbonne comme la femme que tout le monde déteste mais qui commande au Portugal." L'autre hebdomadaire Visao est "plus succint" écrit le journaliste espagnol (plus direct aussi) : "Merkel au Portugal. Pourquoi nous aimons haïr les Allemands." Une haine qui inquiète le mouvement du 12 mars au Portugal rapporte Publico . Selon l'un de ses leaders, "nous devons nous concentrer sur l'image de Merkel et non le peuple allemand afin , je le cite, d'éviter la xénophobie qui se propage en ce moment" .Et quand ce n'est pas le Portugal ou la Grèce, c'est la France qui est visée.Et la presse allemande joue à la fois du bouclier pour défendre la chancelière et de l'épée pour tancer les pays européens.Il y a 10 jours, souvenez-vous de cette une de Bild "La France sera-t-elle la nouvelle Grèce ?" s'interrogeait le quotidien.

Et voici maintenant Die Zeit qui révélait vendredi qu'un groupe d'experts économistes qui conseille le gouvernement allemand avait pour mission de se pencher sur les réformes que la France devrait faire. "Mission démentie par la chancellerie d'un étrange "pas de commentaire" qui lui donne crédit" estime Dominique Seux dans Les Echos ."Que les allemands écrit-il envisagent de nous donner des leçons pour réformer la France est à la fois vexant et culotté. Il y a 10 ans, la République fédérale était l'homme malade de l'Europe, elle a constamment été en retard dans la crise de la zone euro et elle recevrait assez mal, on l'imagine, des conseils de Paris pour redresser sa démographie catastrophique, pour prendre un exemple au hasard." "Achtung !" titre Libération pour illustrer "les mots dur de Berlin sur les maux français" et cet avertissement sur l'état de notre économie.Outre-Rhin, Die Zeit qui a sorti cette information explique qu'il s'agit "d'une première depuis la création de ce groupe d'experts il y a 49 ans, une première dans la prise en charge de la politique d'autres pays. Qu'il le fasse, estime le quotidien, montre à quel point Berlin est préoccupé." "Cet avertissement de Schäuble , conclut le journal, est maladroit - peut-être - mais utile."

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