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Revue de presse internationale de Marine de La Moissonnière : nouvelle fusillade aux Etats-Unis

4 min

Savez-vous ce que beaucoup de petits Américains ont trouvé sous le sapin de Noël hier ? Un cadeau surprenant pour nous, Français : un cartable blindé, un sac à dos par-balles. Depuis la tuerie de Newtown, les ventes ont explosé. Sur le site Mother Jones, rapporte Courrier international, on apprend qu'au lendemain du massacre, la société Amendment 2 - en référence au 2e amendement de la constitution américaine qui autorise le port d'armes - en a vendu trois fois plus en une semaine qu'en un mois. Et il n'y a pas que le cartable anti-balles. Il y a aussi la pochette d'ordinateur blindé, la valise ou même le gilet par-balles pour enfant. Des produits qui vont certainement continuer à bien se vendre car un nouveau massacre vient de secouer les Etats-Unis. Ca s'est passé avant-hier, veille de Noël, dans la petite ville de Webster, au bord du lac Ontario, dans le nord-est du pays.Comme le raconte le New York Times, William Spengler Junior, 62 ans, a tendu un piège aux pompiers. Il a mis le feu à sa maison et à une voiture pour les faire venir. Lui les attendait armé : un revolver, un fusil de chasse et un fusil d'assaut du même genre que celui qui a servi à tuer 20 enfants et 6 adultes dans une école de Newton, il y a 10 jours, précise le quotidien. "Il était équipé pour la guerre, pour tuer des innocents ", explique le chef de la police locale, dans les colonnnes du journal. Et c'est précisément ce qu'il a fait. Bilan : deux pompiers blessés, deux autres tués. Ils avaient 43 et 19 ans. Et ce matin, on apprend qu'il y a une 3e victime, la soeur de William Spengler avec laquelle il vivait. Lui s'est suicidé au terme d'un siège qui a duré cinq heures. Et pour rajouter à l'horreur, ce n'était pas la première fois que William Spengler tuait. "Il y a 32 ans, il avait déjà assassiné sa grand-mère en la frappant à coups de marteau ", insiste le New York Times. Condamné à 17 ans de prison, il avait été libéré en 1998. Mais le goût du meurtre ne lui était visiblement pas passé derrière les barreaux. "Je dois me préparer pour voir combien de maisons je peux faire brûler dans le quartier et pour faire ce que j'aime le plus : tuer des gens ". Voilà ce qu'a écrit William Spengler, dans une lettre de deux ou trois pages retrouvée chez lui. Une lettre "effrayante " selon le New York Times. "Cette fois-ci, il y avait un mot ". C'est ainsi que Matt Pearce du Los Angeles Times commence son article. Et dans ce "cette fois-ci ", on saisit combien les massacres sont monnaie courrante aux Etats-Unis, combien ils se répètent inlassablement.Alors forcément on se dit que le débat sur les armes à feux - ouvert la semaine dernière après la tuerie de Newtown - va rebondir, être alimenté par ce nouveau drame, survenu la veille de Noël en plus. Un débat "polémique " selon le Los Angeles Times avec d'un côté, ceux qui pensent que les armes doivent être interdites ; de l'autre, ceux qui veulent un contrôle plus strict. On cherche donc les articles d'opinion sur le sujet, les éditos engagés dans un sens ou dans l'autre. Et il faut bien avouer qu'en cette période de fêtes, il n'y en a guère. Ce débat passionnerait-il finalement plus les Européens que les Américains ? Le New York Daily News, lui, prend tout de même clairement position ce matin, dans un article au titre sans équivoque : "Une nouvelle atrocité due au fléau de ces maudites armes qui sont entre de mauvaises mains ". "Deux noms viennent de s'ajouter à la liste inacceptable des sacrifices humains acceptés par la National Rifle Association. Des sacrifices qui sont un petit prix à payer pour le plaisir de pouvoir porter des armes. " Faisant le parallèle avec le drame de Newtown, le New York Daily News s'en prend directement au lobby des armes. La NRA donc, qui vendredi, a recommandé qu'un policier armé soit placé devant chaque école du pays. "La seule façon de stopper un méchant avec une arme est de lui opposer quelqu'un de bien avec une arme ", expliquait son vice-président, Wayne LaPierre.

"Pas un pas en arrière ", regrettait El Pais vendredi. "Ceux qui avaient le tout petit espoir que l'une des associations les plus conservatrices du pays fasse ne serait-ce qu'un timide "mea culpa" face aux 20 cercueils d'enfants (...) sont ressortis de la conférence de presse déçus, pour ne pas dire choqués. La réponse de la NRA aux massacres provoqués par les armes, c'est encore plus d'armes ", s'indignait le quotidien espagnol.

Même écoeurement du côté du New York Daily News qui qualifie d'insensée la proposition de la NRA et qui précise que lundi matin, il y avait bien un policier sur place. L'un des pompiers volontaires était aussi un policier. Et pourtant, "il est mort. Un homme bien tué par un méchant qui était déterminé à tuer et à mourir et qui avait une arme ", conclut le journal.

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