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Revue de presse internationale de Thomas Cluzel

5 min

Par Thomas CLUZEL

Alors pour ouvrir cette première revue de presse de la saison Marc, j'aurais pu vous faire écouter votre idole : Franky, The Voice, "Fly me to the moon" bien sûr ... Et puis finalement non car figurez vous que depuis hier lorsque les américains lèvent à présent les yeux au ciel, ça n'est plus pour y apercevoir la lune mais la tempête, la tempête Isaac qui se rapproche dangereusement et irrémédiablement de la côte sud des Etats-Unis.

A tel point d'ailleurs que la convention du parti républicain qui devait s'ouvrir ce lundi à Tampa en Floride a du être reportée d'une journée. "La sécurité passe avant la politique" a notamment justifié le maire de la ville interrogé sur CNN. "Mon obligation est de sortir les gens du danger et la politique (a-t-il précisé) se débrouillera". Alors après tout, c'est vrai que ce n'est pas la première fois qu'une convention se retrouve ainsi en partie perturbée. En 2008 déjà un ouragan, Gustav avait débarqué en Louisiane au début de la convention républicaine.

Reste toutefois le petit espoir donc qu'Isaac ne soufflera pas entièrement la vedette à Mitt Romney. Car pour le candidat à la Maison-Blanche, il s'agit bel et bien d'un rendez-vous majeur. Des millions de téléspectateurs et d’internautes attendent en effet de voir les contours plus précis du millionnaire de Boston qui estime toujours être plus qualifié que son rival pour restaurer la première économie mondiale. Or même si des millions d’Américains blancs des classes laborieuses durement frappés par le chômage sont frustrés de constater qu'Obama n’a pas amélioré leur sort précise le correspondant du TEMPS, pour l’heure ils ne sont pas encore prêts à voter pour Romney. Selon un sondage du WALL STREET JOURNAL publié la semaine dernière, pas moins de 44% des Américains disent avoir une opinion plus négative de Romney en raison de ce qu'ils ont entendu à son sujet au cours des dernières semaines. Un baromètre USA TODAY indique par ailleurs que seulement 31% des électeurs le trouvent sympathique contre 54% pour Obama.

Alors Romney n'accuse pas encore un retard insurmontable sur Obama mais tous ces baromètres précise de son côté LA PRESSE CANADIENNE révèlent tout de même un problème persistant d'image pour l'ancien entrepreneur multimillionnaire. Plusieurs électeurs semblent en effet avoir assimilé les critiques démocrates sur son bilan notamment à la tête de la société d'investissement Bain Capital où il serait devenu "pionnier des délocalisations", sans compter son refus de rendre publiques ses déclarations d'impôts ou bien encore de faire la lumière sur ses investissements offshore. Voilà donc pourquoi cette convention républicaine pourrait être l'une des dernières occasions offertes au candidat républicain pour contrer l'idée propagée par ses rivaux et selon laquelle il ne serait en somme qu'un ploutocrate déconnecté de la réalité des Américains.

Romney le sait bien. Romney fébrile même puisque vendredi dernier il n'a pas hésité à créer la polémique. Lors d’un meeting dans son Etat de naissance, le Michigan, il a déclaré : «J’aime être à la maison dans cet endroit où Ann (son épouse) et moi avons été élevés où nous sommes tous les deux nés. Personne n’a jamais demandé à avoir mon acte de naissance, on sait que c’est l’endroit où je suis né et j’ai grandi». Alors en analysant cette blague, le site MOTHER JONES a aussitôt estimé que Romney s'était ici livré à du "post birtherism", l’attitude en somme de tous ceux qui pensent que Barack Obama n’est pas né aux Etats-Unis mais au Kenya et donc serait inéligible à la présidence. Cette blague d'ailleurs n'en est pas une renchérit pour sa part le site AMERICAN PROSPECT classé à gauche. C'est un moyen dit-il de draguer la partie la plus conservatrice de sa base comme il l’a déjà fait d'ailleurs durant sa campagne avec ses prises de position à la fois sur l’avortement, la Sécurité sociale ou bien encore en choisissant Paul Ryan comme colistier, Ryan classé très à droite de l'échiquier politique.

Alors vous le voyez cette convention, si toutefois bien sûr elle n'est pas définitivement annulée pour cause de tempête constitue un rendez vous majeur pour le camp républicain. Mais pas seulement puisqu'avec 50 mille personnes attendues, elle est aussi une occasion de doper l’économie locale et ce dans tous les types de secteurs y compris celui de la prostitution prévient le site d'information local WUSF dans cet article publié sur le site du courrier international.

“Je sais que des femmes vont venir de tout le pays, ça va être du délire” s’inquiète notamment Susan. Mary elle n’y voit rien d’extraordinaire : “Bah, oui, nous voyageons tout le temps. Nous suivons le calendrier des conventions explique cette call girl professionnelle. Elle a même pris des mesures exceptionnelles pour s’y préparer. “Je me suis fait refaire les seins dit-elle et j’ai programmé l’intervention précisément pour ne pas être encore en convalescence lors de la convention.” Et puis Mary vient également de refaire son site Internet en vue toujours de la convention et précise notamment avoir pris beaucoup de soin à choisir des mots qui parlent à ce public politique. C'est ainsi donc qu'elle propose à ses clients de vivre je cite "une expérience et de s’affranchir des pressions et des limites de la réalité".

Voilà. Tout un programme. De quoi me permettre aussi Marc de terminer en musique avec non pas The Voice mais le non moins sublime Lee Konitz, lequel avait d'ailleurs une passion pour Sinatra et ce titre : les fesses au clair de lune.

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