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Revue de presse internationale de Thomas Cluzel

5 min

Par Thomas CLUZEL

Notre cerveau est-il politisé ou plutôt … notre cerveau est-il le réceptacle de notre opinion politique ? … Selon une chercheuse interrogée par le très sérieux magazine scientifique américain DISCOVER … deux études récentes seraient parvenues aux conclusions suivantes : les personnes se disant conservatrices auraient non seulement un plus petit cortex cingulaire antérieur mais aussi des amygdales plus développées … Or un petit cingulaire aurait pour conséquence que les personnes de droite ont davantage recours à des solutions traditionnelle … agissant par réflexe dans certains cas … Et puis ... ceci serait donc lié par ailleurs à de plus larges amygdales les rendant plus sensibles aux sentiments de peur … de crainte … voir de dégoût …

Alors faut-il en déduire que les as de la finance seraient pourvus d’un tout petit cortex cingulaire et de bonnes grosses amygdales … quoi qu’il en soit ils paraissent visiblement très sensibles aux sentiments de peur … de crainte … voir de dégoût … Hier les Bourses … toutes les bourses européennes ont une nouvelle fois sévèrement décroché … apeurées par l’hypothèse de plus en plus ouvertement évoquée d’une faillite de la Grèce … Et pourtant … et pourtant les aides à la Grèce coûtent beaucoup moins cher aux banques que prévu… Voilà ce que l’on pouvait lire encore il y a quelques jours à peine à la une du quotidien libéral autrichien DER STANDARD … Les établissement détenant des titre grecs ne perdraient que 5 à 10% de leur investissement de départ au lieu des 21% estimés … Mais pas de quoi rassurés visiblement les experts donc … qui se demandent encore si la participation prévue des banques au sauvetage de la Grèce va vraiment diminuer les dettes

D’autant que la Grèce n’est plus un cas isolé : la zone euro et l’économie mondiale seraient aujourd’hui nous dit on menacées par la contagion ... Du coup tous tentent de s’adapter … Alors s’adapter d’accord … mais s’adapter à quoi au juste interroge la FRANKFURTER ALLGEMEINE ZEITUNG ? … Car le problème écrit le quotidien ne réside pas dans les mutations de l’économie réelle … mais dans la volonté d’assurer le service d’une dette accumulée par le système financier ces quinze dernières années … Or partant du principe que les vieilles dettes ne sont jamais remplacées que par d’autres … les Etats ne peuvent réduire leur dette que s’ils n’essaient pas d’assurer le service de la dette passée au détriment du présent … En clair … le désendettement n’est donc possible que si l’Etat dépense moins en phase de croissance … qu’il ne lui est possible de le faire … Seulement voilà … si tous les pays équilibrent leur budget en même temps … et bien tous se retrouveront dans la même situation : une augmentation des dépenses résultant d’une hausse du chômage … d’une baisse des recettes … et des investissements en berne … autrement dit … la crise totale ... Et pourquoi faisons-nous cela interroge toujours le quotidien de Berlin ? … Non pas pour procéder à des ajustements structurels de l’économie réelle … mais parce qu’entre-temps des gens ont découvert que notre endettement était bien trop élevé et que nous devions le réduire ... Or réduire la dette de la sorte ne mène à rien : Les entreprises n’investissent que si elles entrevoient des bénéfices potentiels … ou si l’Etat prend la place des investisseurs pendant la crise ... Sauf que l’Etat ne doit pas investir puisqu’il doit consolider les finances du pays … Et du coup l’investissement est au point mort … Le processus d’autodestruction finit ainsi par gagner l’ensemble de l’économie ... car sans confiance le système s’écroule ... Voilà donc qui promet pour l’avenir ...

Alors s’agissant de l’avenir justement … LA TRIBUNE DE GENEVE prévient ce matin : malmenées en Bourse … du coup les banques licencient à l’échelle mondiale …Presque trois ans après la retentissante faillite de Lehman Brothers … le secteur bancaire qui avait pourtant renoué avec ses performances passées replonge ... Emportées dans la débandade boursière les banques du monde elles se réorganisent … Et dans l’arsenal des mesures à disposition le licenciement est une arme de choix ... Depuis le début du mois de juillet … près de 100 000 suppressions de postes ont déjà été annoncées ... Alors la place financière suisse n’est pas plus épargnée que les autres prévient le quotidien puisque UBS et Crédit Suisse vont aussi se séparer de milliers de collaborateurs Quant aux autres banques … la discrétion est de rigueur car les banquiers ont une sainte horreur d’annoncer publiquement un «dégraissage» ...

Quoi qu'il en soit les chutes à répétition des valeurs boursières sont aujourd'hui si importantes renchérit son cofrère du journal LE TEMPS que les fonds propres de ces banques dépassent désormais largement leurs capitalisations boursières ... Depuis le début de l'été les banques françaises ont ainsi perdu la moitié de leurs valeurs ... Et le pire est peut-être encore à craindre puisqu'après un article fiction du DAILY MAIL parut le mois dernier et insinuant une quasi-faillite de la Société Générale ... une nouvelle rumeur a mis hier le feu aux poudres ... Les marchés s’attendent maintenant à une dégradation imminente de la note de BNP Paribas ... du Crédit Agricole et de la Société Générale par Moody’s ... Le 15 juin dernier l’agence américaine les avait en effet placées sous surveillance et s’était donné trois mois ... soit la mi-septembre pour les réexaminer ... Non décidément ce matin panique et rumeurs ne font pas bon ménage ... Et dire que tout ça c'est encore à cause de ce fichu petit cortex cingulaire antérieur et de ces bonnes grosses amygdales.

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